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REUTERS 05.02.2010
par Catherine Lagrange
LYON (Reuters) - "Une vie satisfaisante", et un "bon état général". Cinq patients greffés des deux mains à l'hôpital Edouard Herriot de Lyon ces dix dernières années ont témoigné vendredi de leur retour à un quotidien quasi normal.
Ils ont été opérés dans le cadre d'un protocole de recherche clinique mené par le CHU et la clinique du Parc à Lyon.
"Tous les patients sont en bon état général", a déclaré à la presse le professeur Jean-Michel Dubernard, initiateur du protocole.
"Ils ont retrouvé une vie satisfaisante grâce aux gestes et activités quotidiens qu'ils sont capables de réaliser", a-t-il ajouté.
Maniant le micro avec dextérité, les patients ont tour à tour confirmé ce bon diagnostic à commencer par Denis Chatelier, 44 ans, le premier à avoir bénéficié d'une greffe bilatérale le 13 janvier 2000, après une amputation des deux mains consécutive à l'explosion d'une fusée artisanale.
"Je vais bien, je travaille à la mairie de ma commune, je m'occupe des oiseaux migrateurs", a-t-il précisé.
"Je conduis ma voiture, je fais du vélo, je joue à la pétanque", a-t-il expliqué.
Il est également sollicité par l'équipe du CHU de Lyon pour rencontrer les candidats à la double greffe et leur raconter son expérience. Le professeur Dubernard a précisé que ce patient n'effectuait désormais qu'une visite de contrôle par an.
Anne-Sophie, 30 ans, ancienne monitrice de voile, amputée à la suite d'une électrocution, a été transplantée il y a trois ans.
"Je mène une vie normale, je suis complètement autonome, et j'ai arrêté la rééducation il y a un an", a dit la jeune femme qui s'apprête à reprendre la compétition de voile, mais dans la catégorie handicapés.
Elle devrait retrouver un emploi dans quelque mois dans le domaine de la petite enfance.
38 PATIENTS GREFFÉS DANS LE MONDE
"Nous n'avons constaté aucun rejet sur nos cinq patients", a dit le professeur Dubernard, qui entend développer l'expérience.
"On doit maintenant ouvrir deux, trois, ou quatre centres en France, habilités à réaliser ce genre de greffes, suivant un cahier des charges très précis", a-t-il indiqué.
Il estime que les enseignements de ces cinq greffes bilatérales vont permettre des progrès dans d'autres domaines de transplantation, notamment grâce aux avancées en matière de traitement immuno-suppresseurs qui assurent la tolérance du greffon.
Il cite "les greffes des bras avec le coude" pour lesquelles il a demandé des autorisations aux autorités, mais aussi les greffes de visage, de parois abdominales, de larynx, d'oesophage, de genou, de pénis.
Le professeur Dubernard a avoué rêver de greffer un jour des nourrissons ou des jeunes enfants dépourvus de membres. "J'ai l'intuition que ça va se faire".
Jusqu'à ce jour, 38 patients ont subi à travers le monde des transplantations de mains, dont 22 monolatérales, 14 bilatérales et deux mains partielles.
"Elles ont toutes parfaitement réussi, sauf en Chine, où les patients ont tous dû être réamputés", a déclaré Marco Lanzetta, directeur de l'Institut italien de la chirurgie de la main, basé à Milan, qui travaille en collaboration avec l'équipe française.
Les patients chinois n'auraient pas suivi correctement leur traitement immuno-suppresseur.
Edité par Sophie Louet
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