En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies, cliquez ici. X Fermer
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • Partager cet article sur Google +

Affaire Grégory: les suspects gardent le silence

Jeudi 15 juin 2017
Affaire Grégory: les suspects gardent le silence
Le procureur général de Dijon Jean-Jacques Bosc le 15 juin 2017 - PHILIPPE DESMAZES (AFP)

La garde à vue de deux membres de la famille Villemin se poursuivait jeudi soir à Dijon, un troisième ayant été relâché. Mais tous sont restés mutiques face aux gendarmes qui tentent de percer le mystère de la mort du petit Grégory en 1984.

Mercredi, la section de recherches de Dijon avait placé en garde à vue Marcel Jacob, oncle maternel de Jean-Marie Villemin (le père du garçon tué en 1984), sa femme Jacqueline ainsi qu'une belle-sœur du père, Ginette Villemin, remise en liberté jeudi en fin d'après-midi.

Bernard Laroche, premier suspect de l'affaire, libéré puis tué en 1985 par Jean-Marie Villemin, son cousin, était très lié à Marcel Jacob et à Michel Villemin, frère de Jean-Marie et défunt époux de Ginette.

C'est donc bien le "clan Laroche" qui se retrouve de nouveau au centre de l'enquête, relancée par l'analyse graphologique des lettres de menaces et autres courriers anonymes qui foisonnent dans le dossier, à défaut d'analyses ADN probantes.

"Je ne suis pas venu aujourd'hui vous dire que l'affaire était résolue", "je ne sais pas qui est l'auteur" du crime, a déclaré Jean-Jacques Bosc, procureur général de Dijon, lors d'une conférence de presse, soulignant que les suspects "avaient invoqué une disposition législative de droit au silence".

"A ce stade, les investigations montrent que plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime. Il apparaît que dans les jours précédant le passage à l'acte, des repérages et surveillances ont été réalisés, opérés par un homme portant une moustache et quelques fois accompagné d'une femme", a ajouté le magistrat.

De nouvelles expertises d'une lettre de menaces, manuscrite et anonyme, adressée en 1983 au père de Grégory, orientent les soupçons sur Jacqueline Jacob. Selon une source proche du dossier, des documents écrits par la grand-tante de Grégory "ont été retrouvés en perquisition" à des fins de comparaison.

Les enquêteurs s'étaient aussi penchés à de nombreuses reprises, dans le passé, sur un mystérieux "corbeau" ayant revendiqué le meurtre de l'enfant, en invoquant une "vengeance" dans une lettre postée apparemment avant la découverte du corps, en 1984.

- 'Un regard neuf' -

Si les expertises n'ont pas permis d'en identifier l'auteur, "on peut cependant observer une similitude importante des termes" utilisés dans ce document avec la lettre de 1983, a relevé le procureur général.

La grand-mère, Monique Villemin, entendue mercredi comme témoin à son domicile dans les Vosges, serait quant à elle l'auteur d'une lettre de menaces datant de 1989, adressée au juge Maurice Simon, alors chargé de l'instruction et décédé depuis.

Marcel Jacob a déjà été soupçonné, durant la procédure, d'avoir endossé le rôle du "corbeau", d'autant que l'incertitude planait sur son emploi du temps au moment du meurtre, mais il n'avait jamais été inquiété jusque-là.

Ces développements relancent une affaire des plus énigmatiques de l'histoire criminelle depuis la découverte du cadavre de Grégory Villemin, quatre ans, au soir du 16 octobre 1984, pieds et poings liés dans les eaux de la Vologne.

"Sur le fond, il n'y a pas d'éléments nouveaux", souligne-t-on de source proche de l'enquête mais le logiciel d'analyse criminelle Anacrim, conçu et utilisé par la gendarmerie, a permis d'avoir "un regard neuf sur la procédure".

Avec cet outil, les gendarmes ont reconstitué la chronologie des jours ayant précédé et suivi le crime, de façon à positionner dans l'espace et dans le temps l'ensemble des protagonistes et des éléments considérés comme intéressants. Le logiciel a ainsi mis au jour de nouvelles incohérences, que les enquêteurs cherchent à comprendre.

"Je reste sur ma faim. Pas de charge alors que le procureur livre des noms à l'opinion. Je dis prudence, quelles sont les preuves?", a interrogé jeudi soir sur BFMTV Me Gérard Welzer, avocat de Marie-Ange Laroche, veuve de Bernard Laroche.

L'affaire n'en est pas à son premier soubresaut: en juillet 1985, le juge Jean-Michel Lambert opérait un spectaculaire revirement, portant ses soupçons vers la mère de Grégory, Christine Villemin, qui sera innocentée en 1993 au terme d'un non-lieu retentissant.

Le dossier, qui comporte 12.000 pièces, a été rouvert en 1999, puis en 2008, pour tenter de trouver d'hypothétiques traces d'ADN sur les scellés. Depuis, 400 prélèvements ont été effectués, une centaine de témoins ont été interrogés et près de 2.000 courriers anonymes ont été analysés en détail.

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire