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Six mois après le crash, toujours autant de questions

Samir MATHIEU Jeudi 06 décembre 2018
Six mois après le crash, toujours autant de questions
L'hélicoptère a été retrouvé en pleine forêt, dans une zone difficile d'accès (photos d'archives)

Un peu plus de six mois après, les questions demeurent intactes après le crash de l'hélicoptère Augusta Bell AB206 dans la forêt, non loin de la piste Bélizon sur la commune de Régina. L'accident avait coûté la vie à deux personnes : le pilote et un mécanicien. Un jeune apprenti s'en était miraculeusement sorti. Le point sur l'enquête.

Deux enquêtes parallèles sont menées pour tenter de déterminer les circonstances du crash de l'hélicoptère qui ralliait Macouria à Grande Usine, le 2 mai. Il s'agissait d'un vol qui devait permettre d'emmener un mécanicien pour réparer une pelleteuse, sur un site d'orpaillage. Il était accompagné de son neveu de 17 ans, en formation professionnelle de deux ans avec l'entreprise de son oncle. C'est le seul rescapé du drame.
Ce jour-là, l'aéronef a décollé de la base aérienne de Macouria à 10h29 en direction de la base de Grande Usine, à Régina. À 11h27, l'hélicoptère envoie une balise de détresse. Ce sera le dernier contact radio établit avec l'engin. Après de multiples tentatives de contacts radio, le contrôleur a lancé une phase de recherches à 14h15 après avoir intercepté l'émission de la balise de détresse de l'hélicoptère, émise quelque temps auparavant. L'Augusta Bell AB206 sera finalement retrouvé à 16h01 dans une zone de forêt primaire très dense et inaccessible par voie terrestre. L'aéronef a alors heurté la végétation et s'est écrasé.
PLUSIEURS HYPOTHÈSES ÉTUDIÉES
À ce jour, aucune des deux enquêtes n'a encore levé le mystère sur les circonstances de ce crash. Parmi les hypothèses abordées, et qui sont toujours à l'étude : les conditions météorologiques. Ce facteur n'est pas négligeable en forêt où les pluies intenses peuvent se concentrer sur une petite zone et provoquer des grains. Vincent Écalle, chargé des investigations au BEA (Bureau d'enquêtes et d'analyses), avait déjà évoqué dans France-Guyane, le 11 mai, la possibilité que le drame soit dû à de mauvaises conditions météo : « Météo France et l'image radar météorologique de Kourou nous ont fourni une analyse des conditions météorologiques assez précise. Au moment de l'accident, l'alignement de nuages de types cumulus et cumulonimbus fait qu'il peut y avoir des pluies intenses et donc une baisse de visibilité entraînant une baisse du plafond. »
Mais les causes de l'accident peuvent être les conséquences d'autres facteurs, comme nous l'expliquent plusieurs personnes proches du dossier. En cas de mauvais état de l'appareil, cela entraîne une cascade de responsabilités possibles : « Tous les hélicoptères sont soumis à des rigueurs d'exigences d'entretien » , rappelle Me Jean-Yves Marcault-Dérouard, avocat de la société Pilot Air, pour laquelle le pilote, Lucas-Antoine Édouard, était missionné ce jour-là. Dans un tel cas de figure, précise l'expert du droit guyanais, déjà bien rôdé aux affaires aériennes, « le défaut de moteur peut-être imputé au constructeur » . Mais, il faut aussi s'assurer que toutes les vérifications ont été bien exécutées par l'organisme de contrôle.
L'hélicoptère, lors de son rapatriement à Cayenne pour l'enquête. (photos d'archives)
DES RESPONSABILITÉS DIFFICILES À ÉTABLIR
« Soit le propriétaire de l'appareil n'a pas respecté les visites de sécurité ou a falsifié des documents » , ajoute Me Marcault-Dérouard. Dans ce cas-là, c'est à lui qu'incomberaient les responsabilités d'un tel drame. L'avocat rappelle aussi que les enquêtes en cours devront également déterminer s'il s'agit d'une erreur humaine. Il faudra voir si il y eu, ou non, faute du pilote. L'avocat de rappeler qu'il peut y avoir une erreur humaine, mais pas de faute de pilotage, notamment en cas de problèmes dus à la météo. Le BEA devrait, selon toute vraisemblance, rendre un premier rapport d'ici à la fin de l'année ou en tout début d'année prochaine. Pour Me Jean-François Roy, l'avocat d'une partie de la famille du mécanicien décédé, Reinaldo Vierra da Silva, « la question est aussi de savoir pourquoi le procureur n'a pas ordonné l'ouverture d'une information judiciaire avec désignation d'un juge d'instruction car, pour l'instant, on en reste au stade de l'enquête préliminaire » . Éric Vaillant, le procureur de la République de Cayenne, nous a expliqué que « les deux enquêtes sont toujours en cours pour établir les faits » .
Un pilote made in Guyane
Cet accident a profondément ému la population le 2 mai, car le jeune pilote de 27 ans, Lucas-Antoine Édouard (notre photo), était un enfant du pays. Ce Guyanais venait de terminer une formation pour les pilotes d'hélicoptères. Il était le 1er Guyanais pilote professionnel d'hélicoptère ayant été formé en Guyane grâce à un accompagnement de la Collectivité territoriale, avec le soutien des compagnies d'hélicoptères, dont Pilot Air. Il avait obtenu sa licence de pilote professionnel le 11 mai 2017. Il souhaitait s'investir dans sa région. Michel Beaujard, le patron de Pilot Air, estime que « c'était le meilleur des cinq » . En parallèle, une autre formation avait été initiée, pour former des pilotes d'avion. Une dizaine de jeunes Guyanais s'y étaient inscrits.
(photos d'archives)

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