Plus de 250 commerçants victimes d'un escroc
Pierre-Yves CARLIER
France-Guyane
10.01.2009
Cet extincteur a été acheté par une commerçante qui ignorait qu'il avait été volé ailleurs. L'escroc est en garde à vue (P-YC)
Un homme de 49 ans a été mis en examen samedi. Il promettait à des commerçants de réparer leurs extincteurs et ne les ramenait jamais. Il les revendait à d'autres. La police l'a arrêté jeudi.
Cette vendeuse de vêtements du centre de Cayenne se rappelle bien l'escroc aux extincteurs. « Il est venu en décembre. Il nous a dit qu'il allait réparer l'extincteur et le ramener deux jours après. Il nous a demandé 80 euros » , soit plus que le prix d'une réparation. Depuis elle ne l'a jamais revu ; son appareil non plus. Jeudi, le suspect a été placé en garde à vue au commissariat de police. Il a été mis en examen samedi et placé sous contrôle judiciaire. En épluchant les facturiers trouvés chez lui, les enquêteurs ont dénombré plus de deux cent cinquante victimes dans l'île de Cayenne, à Kourou et Sinnamary. Un juge d'instruction est saisi du dossier.
Son histoire démarre en février. L'homme, âgé de 49 ans, arrivant du Brésil, se fait embaucher dans une société spécialisée : « Il était beau parleur et nous avions un surcroît de travail » , se souvient la patronne. Il bosse deux mois et quitte l'entreprise avec des facturiers. Ensuite, il écume les magasins. Dès mai, les entreprises spécialisées déposent plainte contre lui. « Il nous a arnaqués. Son arrestation est un soulagement » , se réjouit son ancienne employeuse.
« Il est venu avec une sacoche, continue la vendeuse de vêtements. Il affirmait faire des contrôles au nom de la mairie. » Un beau mensonge : seule une commission de sécurité peut vérifier que les commerces sont protégés contre l'incendie. Il promet de réparer l'extincteur, mais ne le ramène jamais.
L'appareil a sûrement été écoulé chez un autre commerçant. C'était là la seconde phase de l'arnaque : revendre des extincteurs volés. C'est arrivé à une vendeuse du centre-ville de Cayenne : « C'était un métro. Il est venu il y a un mois ou deux. Il nous a raconté qu'il travaillait pour la mairie et qu'il vérifiait si les commerces avaient des extincteurs. Ca m'a paru bizarre mais je me suis dit que c'était peut-être une idée du nouveau maire. Et de toute façon, un extincteur, c'est toujours utile. » Elle en achète donc un. L'escroc tente encore un dernier coup : il lui demande de régler d'avance, promettant de lui ramener l'extincteur le lendemain. La commerçante refuse et ne lui paie que lorsqu'il le lui rapporte. Le prix : 80 euros, alors qu'un appareil neuf en vaut 110. « Le pire, dit-elle aujourd'hui, c'est que je ne suis même pas sûr qu'il fonctionne. »