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Opération Harpie : « S'ils n'ont plus rien à manger, ils se rendront »

Stéphanie BOUILLAGUET France-Guyane 03.07.2010

Environ 300 personnes vivent dans ce village clandestin. La plupart se sont enfuis à l'arrivée des gendarmes (SB)

Une opération Harpie d'envergure est actuellement menée au village Kiko, au nord de Saül. Les gendarmes et militaires des forces armées l'occuperont au moins deux semaines.

Une bonne vingtaine de garimpeiros n'ont pas pris la peine de quitter le village clandestin Kiko malgré la présence des gendarmes et des militaires des Forces armées en Guyane (Fag). Abrités de la pluie sous un petit carbet recouvert d'une bâche, ils regardent d'un air las les militaires détruire leurs habitations et leurs magasins en bois à la tronçonneuse. Certains espèrent que les gendarmes partiront demain et qu'ils pourront reprendre le cours de leurs activités. D'autres comptent quitter le village et se sont portés volontaires pour être reconduits au Brésil. Mais la majorité des 300 habitants de Kiko est partie se cacher en forêt à l'arrivée des forces de l'ordre, en attendant des jours meilleurs.
Une opération Harpie a été lancée mercredi dans ce village situé à quelques kilomètres du site légal Félix, au nord de Saül. Les forces de l'ordre l'occuperont au minimum deux semaines, certainement plus longtemps. Le temps de décourager les orpailleurs illégaux les plus persévérants, qui se retrouvent sans toit ni nourriture, sans pouvoir non plus travailler et amasser de l'or. C'est la huitième fois depuis le lancement d'Harpie (18 février 2008), que les gendarmes interviennent sur ce site. L'année dernière, ils l'avaient occupé pendant deux mois.
Les blessés d'abord
« On intervient et on reste sur place, explique le préfet Daniel Ferey, qui a convié hier la presse à venir sur le site. Cela pousse les garimpeiros qui s'étaient cachés en forêt à revenir car ils n'ont plus rien à manger. Ils demandent à partir, à ce qu'on les reconduise chez eux. » Hier, quinze étrangers en situation irrégulière ont ainsi été conduits au centre de rétention administrative de Rochambeau. Un local de rétention administrative temporaire devait être créé ce matin à Saül pour placer les clandestins en attente de leur expulsion.
Hier, les gendarmes avaient déjà vingt à trente volontaires pour être reconduits ce matin. Les personnes malades ou blessées sont évacuées en premier : « On a reconduit un homme ce matin qui avait la jambe gangrenée après un accident qui s'est produit il y a un mois » , raconte un gendarme.
Six hélicoptères et une cinquantaine d'hommes sont mobilisés sur cette opération. En deux jours, des saisies importantes ont été réalisées, notamment 56 grammes d'or, 37 kg de mercure, 12,6 tonnes de nourriture, près de 4 000 litres de carburant, 18 armes et du matériel servant à extraire l'or primaire de la région. Les militaires se sont aménagés une zone de vie dans le village, gardée 24h/24.
« Au fur et à mesure qu'ils verront qu'on ne part pas, les orpailleurs clandestins auront un moment un coup au moral et se diront : « Ça ne sert à rien que je reste ici, je veux rentrer. » C'est ce qui s'est passé l'année dernière, c'est ce qui se passera cette année » , explique le colonel Strub.
- « La colline ici ressemble à un gruyère »
La région autour de Saül est parsemée de sites comme celui-ci. Les garimpeiros creusent des puits et des galeries dans la colline pour extraire l'or primaire des roches de quartz. Un gendarme estime que la population de garimpeiros travaillant dans le coin représenterait un nombre à quatre chiffres. Environ 300 personnes vivent au village Kiko, et au moins autant au site Zohia, à une quarantaine de minutes de marche de là.
- Les moyens de locomotion saisis en priorité
Lors de l'assaut, les militaires cherchent à s'emparer des points névralgiques des sites d'orpaillage et d'habitation ; en l'occurrence, des moyens de locomotion, pirogues et quads. Ils patrouillent ensuite dans les environs à la recherche de matériel qu'ils détruisent ou saisissent.
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Vos commentaires

Christiane06.07.2010  recommander (0)

Aux autorités qui font leur publicité

Je ne vois pas en quoi cet article est impartial. Les autorités emmènent un journaliste. Bilan : cet article est un plébiscite pour la gendarmerie. On n'entend même pas le son de cloche des garimpeiros. Pourtant, tout bon connaisseur de l'intérieur de la Guyane sait que l'Etat n'y arrive pas contre l'orpaillage clandestin


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boukp06.07.2010  recommander (0)

RE: Aux autorités qui font leur publicité

Par contre, il est une cloche que l'on entend bien ...Vous qui êtes si critique, donnez votre solution au problème.Si cette gangrène était si facile a éradiquer de façon "humaine" cela fait longtemps que ce serait fait.
Bonne journée


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pepe97306.07.2010  recommander (0)

RE: Aux autorités qui font leur publicité

Curieux comme votre verbiage vaut une signature. Pour ceux qui connaissent bien la Guyane et les Guyanais(es) il est facile de mettre un nom sur quelques phrases anonymes. Avec certains de vos ami(e)s, si vous apportiez des idées constructives, si vous aidiez au lieu de parader avec vos colliers en or autour du cou et que vous arrêtiez de critiquer, ou encore de prendre la défense des garimpeiros, les choses auraient peut-être trouvé une issue plus rapide et favorable depuis longtemps!!!! Et les pauvres types, Militaires et Gendarmes qui travaillent dans d'horribles conditions en risquant leur vie ont quand même droit à plus de considérations que celles que vous leur accordez. Les journalistes également, tentez un jour l'expérience vous comprendrez!!!!
Bravo et courage à tous ceux qui défendent la Guyane contre le pillage et l'insécurité!!!


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Christiane06.07.2010  recommander (0)

On se demande quel masque tombe

Quel mépris pour les habitants de la Guyane que vous prétendez défendre dans votre réponse


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pepe97307.07.2010  recommander (0)

Quel masque voyez vous??

Bonjour, En quoi avez vous, dans mes propos, constaté du mépris pour les Guyanais?? Sachez que je suis Guyanais de souche, mais que contrairement à certain(e)s il y a longtemps que j'ai surpassé le complexe de ma couleur de peau, je ne pratique donc aucune forme de racisme ou de mépris sur les origines de mes compatriotes qu'ils soient blancs ou noirs. Le seul mépris que je puisse avoir c'est à l'encontre des personnes sectaires, bornées, racistes, ou celles qui se disent défendre les intérêts des plus démunis en ayant elles même des émoluments indécents, enfin celles qui n'ont d'autres buts qu'une critique systématique de ce que font les autres, sans avoir le courage de s'atteler à la tâche. Vous même vous mettez en cause ce journal sur son impartialité, pourtant le modérateur a accepté de diffuser vos propos, qui sont, pour le moins diffamatoires. Sachez enfin que je défendrais ma Guyane contre tout ce qui lui portera atteinte et soutiendrais ardemment ceux qui agissent dans ce sens.


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benj7705.07.2010  recommander (0)

Ce que je ne comprends pas...

C'est cette rotation permanente de gendarmes mobiles qui ne restent que quelques mois sur place. Pourquoi ne pas établir un corps de gendarmes soigneusement sélectionnés et formés à la vie dans la jungle, à ces opérations totalement atypiques, et qui resteraient trois ou quatre ans sur place, comme les gendarmes affectés aux brigades territoriales?


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pepe97306.07.2010  recommander (0)

RE: Ce que je ne comprends pas...

Bonjour, Probablement que ces Gendarmes, dont beaucoup sont mariés et ont des enfants, sont éloignés de leurs familles, et qu'il est difficile de leur demander d'en être distant pendant des années. Ne serait-ce que pour le moral des troupes.
Il n'est pas non plus pensable de caserner ces familles dans des lieux comme Camopi, Saül, St-Elie etc... avec des conditions de vie difficiles sans collège ou lycée pour les enfants.
Ce n'est qu'une supposition mais certainement aussi l'une des raisons!!! Il est vrai que c'est dommage qu'ils ne soit pas en poste plus longtemps ils auraient une meilleur connaissance du terrain et seraient peut-être plus efficaces.


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benj7706.07.2010  recommander (0)

RE: RE: Ce que je ne comprends pas...

Mais on pourrait tout à fait déplacer ces gendarmes, à l'instar de ceux qui sont affectés en brigades, avec leurs familles! Que je sache les gendarmes sont astreints à la mobilité et je ne vois pas en quoi ils ne pourraient aller en Guyane où il y a des écoles, collèges et lycées pour leurs enfants, des hôpitaux, etc.
Compte tenu des avantages financiers substantiels ainsi que des bonifications liées à l'exercice en outre mer, je ne doute pas, enfin, qu'il y aurait suffisamment de candidats pour ne pas imposer de déplacement non souhaité


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pepe97307.07.2010  recommander (0)

RE: RE: RE: Ce que je ne comprends pas...

Bonjour c'est vrai on pourrait, pour en avoir parlé avec certains "Militaires et Gendarmes" quelques un auraient aimés être en poste plus longtemps, d'autres non. pour le reste "mwen pa savé"


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benj7707.07.2010  recommander (0)

RE: RE: RE: RE: Ce que je ne comprends pas...

Voilà... des gendarmes volontaires venant là pour trois ans, au lieu de norias de gendarmes mobiles venant pour quelques mois dont certains contre leur gré. En plus d'avoir sur place du personnel moins entraîné, ça coûte une fortune, ces rotations!


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22 mai 2012