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Nuit de violence à Saint-Laurent

Pierre-Yves CARLIER / Fabienta PROSPER Jeudi 15 septembre 2016
Nuit de violence à Saint-Laurent
Au cours des émeutes, un incendie a noirci le perron de la sous-préfecture de Saint-Laurent du Maroni (Éric Léon)

Mardi soir, le placement en garde à vue d'un automobiliste a provoqué un attroupement devant la gendarmerie. Des voleurs et des casseurs sont venus grossir les rangs. S'en sont suivis jets de pierre, de cocktails molotov et incendies.

Saint-Laurent du Maroni a connu une nuit d'émeutes, entre mardi et hier. Des témoins l'ont comparée à celle de 1995, quand des habitants avaient mis le feu à la caserne de gendarmerie.
Ce mardi soir, le théâtre est le même. Les gendarmes arrêtent Fabrice Magloire* suite à un excès de vitesse commis en août (lire ci-dessous). Des membres de sa famille jugent l'interpellation abusive et violente. « Les gendarmes sont venus à au moins 25, équipés lourdement, raconte son frère. Fusils d'assauts, cagoules et chiens. Au nom de quoi, on ne sait pas. Rien ne nous a été présenté. Ils ont défoncé la porte. » La famille souligne que la mère et la soeur de Fabrice Magloire ont été insultées et mordues par un chien des gendarmes, qu'un autre enfant a reçu du gaz lacrymogène. « Les gendarmes ont tasé mon frère parce qu'ils n'arrivaient pas à le maîtriser. » La garde à vue commence à 18h50.
Dix minutes plus tard, la famille se rend à la gendarmerie, pour demander des comptes et savoir pourquoi Fabrice Magloire a été embarqué. « Il était menotté comme un cochon » , dénonce sa maman, furieuse. Le ton monte. Des pneus sont amenés devant la caserne Joffre. Les manifestants mettent le feu. Un gendarme essaie de l'éteindre avec un extincteur, sans succès. D'autres pneus sont ajoutés.
LES GENDARMES PRIS POUR CIBLE
Les esprits s'échauffent. Les gendarmes sont pris pour cible avec des bouteilles en verre. Des renforts sont appelés. Ils encerclent les manifestants, demandent l'évacuation des lieux et annoncent qu'ils vont donner l'assaut. Mais d'autres personnes arrivent. Il est 21 heures.
Environ 300 personnes sont sur les lieux. Parmi elles, figurent « des casseurs et des voleurs, c'est-à-dire des personnes qui n'ont rien à voir avec la cause d'origine » , selon le procureur de la République Éric Vaillant. L'explosion de pétards et de cocktails molotov se fait entendre. Les forces de l'ordre répliquent au gaz lacrymogène et avec plusieurs dizaines de grenades. La foule court partout.
Mardi dans la soirée, un attroupement a eu lieu devant la gendarmerie de Saint-Laurent. (Éric Léon)
RETOUR AU CALME AU PETIT MATIN
Une partie des casseurs se dirige vers la préfecture, où un incendie sera déclenché sous le porche. Le volet métallique d'une pharmacie est dégradé ; des voitures sont brûlées. Le père de Fabrice Monrose se plaint d'avoir reçu des coups des gendarmes.
Les émeutiers attrapent tout ce qu'ils peuvent - bouteilles, pierres, bois, équipements ménagers - et l'envoient sur les gendarmes. Le calme reviendra vers 5h30. Le marché du jour est annulé. La sous-préfecture reste fermée jusqu'à nouvel ordre. Malgré les appels au calme du maire, du commandant de la gendarmerie, du procureur et de la famille Magloire, beaucoup redoutaient de nouveaux affrontements hier soir.

* Que nous avons appelé Monrose, du nom de sa mère, dans notre édition papier.
Au départ, un excès de vitesse
Fabrice Magloire a été contrôlé à 135 km/h sur la RN1 le 13 août. Il ne s'est pas rendu à sa convocation, d'où son arrestation de mardi. Il sera jugé le 15 novembre.
 
Plusieurs voitures ont été incendiées. (Éric Léon)
C'est un excès de vitesse qui est à l'origine de la procédure engagée contre Fabrice Magloire, dont la garde à vue a provoqué des émeutes dans la nuit de mardi à hier. Le 13 août, il est contrôlé à 135 km/h au lieu de 90, une dizaine de kilomètres avant Saint-Laurent, sur la RN1. Quand les gendarmes lui font signe de s'arrêter, il refuse. S'engage une course-poursuite, sur deux kilomètres.
La voiture se gare. Les gendarmes assurent voir Fabrice Magloire échanger sa place avec la passagère, ce qu'il conteste. À la gendarmerie, il refuse de se soumettre au contrôle d'alcoolémie, refuse de signer le procès-verbal, ce qui est son droit. Il est invité à revenir trois jours plus tard. Le 16 août, il ne se présente pas, ni les jours suivants.
REPÉRAGE AVANT INTERPELLATION
Le 6 septembre, le procureur autorise les gendarmes à aller le chercher de force. Mardi soir, ils effectuent un repérage en vue de l'interpeller le lendemain. Ils tombent sur lui et décident de l'arrêter tout de suite. S'en suivra une nuit d'émeutes.
Fabrice Magloire, dont la garde à vue s'est poursuivie hors de Saint-Laurent du Maroni, devait être déféré au parquet hier soir. Le procureur de la République a annoncé son intention de le convoquer le 15 novembre afin d'être jugé. Il sera jugé pour excès de vitesse, refus d'obtempérer, refus de se soumettre au dépistage d'alcoolémie et des outrages et menaces de mort sur personnes dépositaires de l'autorité publique en récidive. « Cet homme a en effet été condamné trois fois : pour menaces de mort, pour conduite en état alcoolique et outrages, et une fois pour des faits de violences sur conjoint et de violences avec arme » , précise le procureur. « Cette audience aura lieu à Cayenne et non à Saint-Laurent du Maroni pour qu'il n'y ait pas de souci à Saint-Laurent ce jour-là. » Deux autres personnes - un majeur et un mineur - ont été arrêtées suite aux émeutes de la nuit.
P.-Y.C. & F.P
« Les gendarmes ont travaillé dans l'intérêt de la sécurité de tous »
« Il faut remettre l'église au milieu du village. Dans cette affaire, les gendarmes n'ont commis aucune faute, estime Éric Vaillant, procureur de la République. Ils ont fait leur travail dans l'intérêt de tous, dans l'intérêt de la sécurité des Guyanais. Sécurité, pas seulement contre les braquages et les cambriolages mais aussi sécurité routière. Je rappelle que dans la circonscription de Saint-Laurent du Maroni, il y a eu six morts et dix-sept blessés depuis le début de l'année. Les contrôles routiers aussi, c'est important. La personne qui a fui le contrôle, on ne pouvait pas savoir qui c'était avant de l'avoir arrêtée. On pouvait suspecter qu'il ait autre chose que le simple excès de vitesse à se reprocher. Il était nécessaire d'entendre cet individu. Ce serait trop facile de ne pas venir aux convocations qu'on vous donne, pour échapper à la justice. Le travail des gendarmes, je l'approuve. »
PLUS D'INFOS - Des blessés et des dégâts
(Éric Léon)
Du côté des gendarmes, on déplore deux blessés. Plusieurs membres de la famille de Fabrice Magloire affirment aussi avoir reçu des coups. Une jeune femme de 25 ans, voisine de la gendarmerie, a été intoxiquée par les fumées et conduite à l'hôpital par les sapeurs-pompiers. Une femme enceinte a aussi été incommodée, comme de nombreux habitants du quartier. Des agriculteurs hmongs, qui arrivaient au marché mercredi matin, ont été attaqués. Le marché a subi d'importants dégâts.
Le perron de la sous-préfecture a été noirci par les flammes, éteintes par les pompiers. L'entrée d'une pharmacie a été vandalisée (photo), tout comme celle de la banque LCL. Plusieurs voitures ont été brûlées. Des lampadaires ont été cassés. Des jeunes ont mis le feu au rond-point à l'entrée de la ville.

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8 commentaires

Vos commentaires

WALLYA 19.09.2016
s il vous plait !

ne comparons pas ce qui n est pas cmparable !1995 et ce mardi n ont rien a voir ! merci

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berine 17.09.2016

maman cochon grogne et toute la meute arrive sans savoir ce qui se passe. Honte à cette femme qui grogne quand on arrête un idiot qui enfreint la loi.
Honte à ses idiots de saint-laurentais qui casse comme des idiots sans comprendre ce qui se passe.
Touchez tranquillement la caf et surveillez vos gosses et laissez les gens qui travaillent travailler bande de cochons !
HONTE à vous madame, voyez ce que vous avez fait !

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cochon bwa 16.09.2016

les jours passent et l'on en apprend un peu plus sur l'origine de l'arrestation de ce "jeune homme". Encore quelques jours et l'on apprendra que personne n'a été violenté dans la famille ? Quelqu'un qui se cache des services de sécurité a quelque chose à se reprocher. La famille devrait plutôt s'interroger sur la vie de leur fils, frère et cousin...malgré tout, si les "violences" policières sont avérées, elles sont condamnables et doivent être condamnées.

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mica 16.09.2016
Un exemple pour les jeunes ?

Je pensais que ce monsieur était un jeune d'une vingtaine d'années qui a voulu frimer en refusant d'obéir aux forces de l'ordre,et bien non! Si j'ai bien lu il a la quarantaine,désolée mais je ne cautionne pas ce genre de comportement,franchement une chance d'être sur un territoire Français où certains citoyens ne respectent rien,dans d'autres pays les forces de l'ordre tirent pour obliger un automobiliste à s'arrêter.C'était simple,s'arrêter malgré le délit routier,il n'est pas le premier et ne sera pas le dernier à conduire sous l'emprise de l'alcool ,tu es fautif point final.Résultat, des vols,des dégradations,nous sommes tous parents mais il y a des limites à la connerie,de toutes les manières la vie nous joue parfois de drôles de tours,l'avenir est là pour dire qui a eu tord ou raison.

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Lookall973 16.09.2016
Yes

Les forces de l'ordre était obligée de venir armés comme ils étaient et etaient obligée de le taser???? j'approuve ! parce que déjà le gars est plus que bien baraquer, et en plus de ça il ne se laisse pas faire. Il n'avais pas le choix ! Non mais c'est terrible, ces genres de familles qui se prennent pour des dieux. Vous voyez le dégâts que vous causer à la commune pour l'arrestation d'une personne de votre famille !c'est juste inacceptable! Moi à la place de vous, j'aurais eu honte de sortir de chez moi franchement. Zot sans contrôle, zot krè péyi à a pou zot. Zot ké rété an jou.
Zot ka krazé an commune, pou roun boug. A pas zot ki Bondyé hein

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RAF973 16.09.2016

Vous savez , un ane ne sera jamais un cheval ....

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jess 16.09.2016

en taule voyou
à quand le maire aussi pour la ccog

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Altron 15.09.2016
Victimisation et mauvaise foi

Il n'y a rien qui justifie la réaction de la famille sinon la volonté de victimisation et la mauvaise foi. Après, l'attaque des agriculteurs Hmongs, le vandalisme montrent bien que l'arrestation n'est que prétexte à exercer la violence. C'est regrettable aussi que le maire de la commune ait pris fait et cause pour cette violence, alors qu'au mieux il pouvait rester neutre et ne pas participer à envenimer les choses.Il faut bien voir quand même que le mis en cause n'est pas un perdreau de l'année et qu'il a quelques délits au compteur. Ceci pouvait justifier que la Gendarmerie l'arrête telle qu'elle l'a fait.

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