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Molina et Delphine, retrouvés morts à Guatemala

Pierre-Yves CARLIER France-Guyane 08.09.2010

Hier midi, les enquêteurs de la gendarmerie relevaient les premiers indices autour de la voiture où Molina Doekoe et Delphine Bello ont été retrouvés morts. (Henri Griffit)

Un jeune couple, qui battait de l'aile, a été retrouvé mort, hier matin, dans sa voiture. Selon toute vraisemblance, le jeune homme a tué sa copine avant de se donner la mort.

KOUROU. À Kourou, la nouvelle s'est propagée comme une traînée de poudre. Dans les quartiers de l'Anse, de Cabalou, au village saramaca ou au pôle culturel, de nombreux jeunes parlent de la mort de Molina. Le jeune homme, chanteur à ses heures, a été retrouvé mort en milieu de matinée, à Guatemala.
Vers 10 h 30, un homme à scooter aperçoit une voiture, à l'entrée d'un chemin perpendiculaire à la route de Guatemala. La vitre arrière de la voiture est cassée, ce qui a peut-être attisé sa curiosité. À l'avant, il découvre une scène d'horreur : les deux corps de Molina Doekoe, 33 ans, et de sa copine Delphine Bello, qui allait avoir 29 ans d'ici la fin de l'année. Le jeune couple est mort par arme à feu. Le jeune homme est retrouvé avec un fusil coincé entre les jambes et a reçu la décharge dans la tête.
MC Matiti
Molina Doekoe, qui vivait dans le quartier de l'Anse, était connu pour animer quelques podiums sur la plage de Kourou, se souviennent ses amis. Sous le nom de MC Matiti et d'autres noms de scènes, il chantait notamment « Maman maman, j'ai décroché mon bac » , une chanson que les jeunes Kourouciens ont encore l'occasion d'entendre. Delphine Bello, elle, travaillait à l'institut de beauté Esthetic Center, sur la zone de Pariacabo, selon une source proche de l'enquête. Elle vivait avec sa mère. Molina avait plusieurs enfants, mais le couple n'en avait pas eu ensemble.
Sur les lieux du drame, les enquêteurs de la brigade de recherches de la compagnie de gendarmerie de Kourou entament une fastidieuse enquête. De nombreuses traces de sang, retrouvées à l'extérieur du véhicule, sont étudiées par les techniciens en investigation criminelle de la section de recherches de Cayenne.
Selon le scénario qui se fait jour, Molina Doekoe aurait tué sa compagne, avant de se donner la mort. « C'est un scénario plus que probable, même si nous n'écartons rien » , confirme le lieutenant-colonel Laurent Le Goff, commandant de la compagnie de Kourou. Reste à déterminer l'heure à laquelle le drame s'est produit et ses circonstances exactes. Des perquisitions sont prévues aux domiciles des deux victimes.
« N'essayez pas de me joindre »
Chez plusieurs proches de Molina Doekoe, ce drame et le probable scénario ont jeté la consternation et l'incompréhension. « Cela faisait longtemps qu'ils étaient ensemble. Ils parlaient même de mariage » , se souvient un de ses amis. Molina était connu pour avoir participé à quelques mauvais coups à Kourou, il y a quelques années. Depuis, il se serait rangé. « Il n'était jamais allé à l'école, mais il était très serviable » , poursuit un acteur de la culture kouroucienne, qui a eu l'occasion de travailler avec lui. Ce week-end et lundi encore, il est passé voir des proches, sans que rien ne transparaisse du drame qui allait survenir.
Mais d'autres éléments semblent accréditer l'idée d'un couple qui « avait des hauts et des bas » , selon une source proche de l'enquête. Des proches de Delphine auraient confié aux gendarmes que cela ne se passait pas très bien entre eux.
Si tant est que le scénario du meurtre et du suicide s'avère, la question se posera aussi de savoir depuis quand Molina aurait préparé son geste. Ce week-end, il aurait dit à une amie qu'il ne fallait « pas chercher après lui mardi » . Il aurait prévenu la mère d'une autre qu'il ne fallait « pas essayer de le joindre dans les prochains jours » . Mais ces propos n'ont alarmé personne.
Molina était un chasseur régulier, notamment dans le secteur de Guatemala. Lundi soir encore, en passant chez l'un de ses frères, il a parlé d'une sortie à la chasse le lendemain. Il a emprunté le fusil - un calibre 12 - de son jeune frère, en l'absence de ce dernier. Il pourrait s'agir de l'arme qui a été retrouvée sur les lieux du drame et qui a servi au meurtre de Delphine et au suicide de Molina.
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04 février 2012