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Meurtre de la Poste de Baduel : le tireur présumé incarcéré

Pierre-Yves CARLIER France-Guyane 26.07.2010

Le 10 juin au soir, Steeve Lupon retirait de l'argent à la Poste de Baduel, lorsqu'il a été abattu (photo d'archives)

Ormonde Clarke, 23 ans, a été placé en détention provisoire, ce week-end. Il est suspecté d'avoir tué Steeve Lupon, le 10 juin, alors que celui-ci retirait de l'argent.

CAYENNE. Samedi, le meurtre de Steeve Lupon, commis le 10 juin, devant la Poste de Baduel (nos éditions des 11 et 12 juin) a connu un rebondissement majeur. Ormonde Clarke, un Rémirois de 23 ans, a été placé en détention provisoire, a indiqué le parquet. Deux jours plus tôt, il avait été mis en examen pour homicide, puis remis en liberté sous contrôle judiciaire. Le parquet avait fait appel de cette décision.
Au soir de sa mise en examen, il serait allé voir un témoin le mettant en cause, dans le quartier de Mango, et l'aurait menacé avec une bouteille. Hier matin, le parquet a indiqué qu'il avait été interpellé à nouveau samedi pour « non-respect du contrôle judiciaire » et dans le cadre d'un réquisitoire supplétif pour « tentative de subornation de témoin » .
Son avocat, Émile Ombaku Tshefu, a alors demandé un débat différé. Auteur présumé du coup de feu fatal à Steeve Lupon, présumé innocent, Ormonde Clarke verra sa situation réexaminée, demain, par le juge d'instruction et le juge des libertés et de la détention (JLD).
Quatre passages devant les autorités judiciaires
Samedi, le meurtrier présumé passait pour la quatrième fois entre les mains des autorités judiciaires, dans le cadre de cette affaire. Membre d'une bande installée dans le quartier de Mango, à Cayenne, il avait été placé en garde à vue une première fois le 19 juin, au commissariat de Cayenne. À ce moment-là, l'enquête s'oriente sur une bande concurrente, localisée à Mont-Lucas. Sa garde à vue est levée. Le 29 juin, nouvelle interpellation d'Ormonde Clarke, dénoncé entre-temps comme étant l'auteur du coup de feu. Cette fois-ci, il est mis en examen pour une autre affaire : des coups de feu tirés le 22 mai, lors d'un sound system à Mango (notre édition du 25 mai). Un mineur avait été blessé. Ormonde Clarke est mis en examen. Le JLD le laisse libre, sous contrôle judiciaire.
Dans le même temps, un juge d'instruction l'entend dans le cadre du meurtre de la Poste de Baduel. Manquant d'éléments à son encontre, il l'auditionne en tant que témoin assisté. Il n'est pas mis en cause.
Les jours suivant, de nouveaux témoins l'accusent d'être le meurtrier. Il reçoit alors une convocation pour le 22 juillet, devant la juge d'instruction Dubuis. Selon Me Tshefu, il a contesté être à Cayenne le soir du meurtre. Le JLD - pas le même que trois semaines plus tôt - le remet en liberté sous contrôle judiciaire.
Suivent les menaces présumées de jeudi soir, son interpellation samedi matin à Mango, un quatrième passage devant les autorités judiciaires et son incarcération l'après-midi, et, demain, un nouvel examen du dossier.
- Steeve Lupon est mort en protégeant une femme
Ce 10 juin, il est presque 20 heures, quand Steeve Lupon arrive devant les distributeurs de La Poste de Baduel, à Cayenne. Il retire 40 euros. Deux hommes arrivent derrière lui, le visage masqué. Ils le braquent. Ils se dirigent ensuite vers une femme, qui retire de l'argent à côté. Steeve Lupon s'interpose, ainsi que le révélera l'enregistrement vidéo. Un des braqueurs tire. Steeve Lupon est touché à l'épaule gauche. Il décède quelques minutes après. Steeve Lupon, 29 ans, vivait à Cayenne. Ambulancier, il était le père de deux enfants.
- « Pas de charges suffisantes »
Devant le juge d'instruction, Ormonde Clarke a nié être le meurtrier de Steeve Lupon, a indiqué son avocat Me Tshefu, vendredi midi. « Il était dans une soirée à Matoury, le soir des faits » , selon son avocat. En revanche, il reconnaît qu'il était à Mango, lors du sound system du 22 mai. Mais « il n'est pas l'auteur des coups de feu » , poursuit Me Tshefu.
L'avocat note que son client, lors de ses deux mises en examen, a été laissé libre sous contrôle judiciaire. « Dans une affaire comme celle-là, il y a un trouble évident à l'ordre public. Si le juge avait eu l'impression que les charges étaient suffisantes, il l'aurait placé en détention provisoire. »
Pour l'avocat, la mise en cause de son client repose essentiellement sur des témoignages de bandes rivales : « Dans cette affaire, il y a des groupes de jeunes qui ont des rivalités, à cause d'histoires de nanas ou de scooters volés. On tourne autour de ça. »
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