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ASSISES

Meurtre d'Éric Lemki : les circonstances du drame

Bernard DORDONNE Jeudi 24 novembre 2016
Meurtre d'Éric Lemki : les circonstances du drame
Hier, Me Cyril Chelle et Me Michel Quammie, les avocats des parties civiles, ont emmagasiné des éléments pour leur plaidoirie. (BD)

Le premier jour du procès de Siqiang Zheng, 36 ans, devant la cour d'assises de Cayenne hier, a permis de connaître les circonstances exactes de la mort d'Éric Lemki, en décembre 2008 à Kourou. Deux témoins seront entendus aujourd'hui : le chauffeur de taxi et Therry Lemki, le demi-frère de la victime.

Dans la nuit du 11 au 12 décembre 2008, le corps sans vie d'Éric Lemki, gérant d'un 8 à huit à Kourou, a été découvert par son épouse Weihua Wu sur le parking de la zone industrielle de Pariacabo à proximité de l'entrepôt de son magasin. Hier, après huit ans de procédure, l'affaire était jugée devant la cour d'assises de Cayenne, par huit jurés (cinq femmes et trois hommes), ainsi que trois magistrats professionnels. L'accusé, Siqiang Zheng, a nié son implication dans le meurtre d'Éric Lemki. Il a reconnu avoir travaillé clandestinement pour la victime et son épouse, et avoir reçu des puces de téléphone par le demi-frère de la victime. La matinée de cette première journée a été consacrée aux auditions des enquêteurs et à l'expert psychologue. Ce dernier a aussi indiqué dans son rapport que l'accusé ne reconnaissait pas le meurtre. Il a confié au médecin avoir entendu parler de cette affaire par les gens de la communauté chinoise.
En ce qui concerne l'enquête, le chef de la brigade de recherches de Kourou de l'époque a été le premier à répondre aux questions du président de la cour. « C'est l'épouse de la victime qui nous a alertés vers 23h30 pour nous dire qu'elle a trouvé le corps sans vie de son mari, rue des Roches gravées, dans la zone industrielle de Pariacabo, à proximité de la structure servant d'entrepôt au commerce de son époux. »
UN COFFRE-FORT FORCÉ
Sur place, les militaires notent la présence de traces de violence sur le visage et les bras d'Éric Lemki et de nombreux coups de couteau à la tête. Le corps est allongé sur le sol face contre terre. Le jour des faits, Éric Lemki quitte son commerce et va se chercher une pizza à Kourou. Selon le restaurateur, il part à 21h54. En arrivant devant l'entrepôt, la victime stationne son véhicule utilitaire devant l'entrée de l'entrepôt, feux allumés. Il en descend, dépose sa pizza sur un petit muret et va ouvrir la porte de l'entrepôt. Le directeur d'enquête a la certitude que la victime a été agressée en arrivant à l'entrepôt : « Nous avons trouvé éparpillé sur le sol les sachets de bonbons que le commerçant avait récupéré en quittant son magasin. À l'intérieur de l'entrepôt, nous avons constaté qu'un petit coffre placé dans une armoire métallique, située à l'étage dans une pièce qui servait de chambre à coucher au gérant, avait été fracturé avec une machette retrouvée à côté du coffre. » Selon l'épouse de la victime, il y avait dans le coffre des Tickets-restos, environ 3 000 euros et des bijoux. Le téléphone de la victime a également été volé.
Sur les vidéos de surveillance d'une caméra située dans l'enceinte d'une entreprise mitoyenne, on voit le véhicule de la victime arriver au dépôt vers 22h06 à une allure modérée puis partir en trombe à 22h45. Une autre caméra a repéré le fourgon à 22h48 partir en direction de Cayenne. Aucune des caméras n'a permis d'identifier le conducteur. Le véhicule sera retrouvé le lendemain du drame, à 7h50 place Léopold-Héder à Cayenne. Des traces de sang de la victime ont été constatées à l'extérieur et à l'intérieur du fourgon.
Les deux puces achetées par Thierry Lemki
Le deuxième gendarme entendu en vision-conférence a été un des militaires de la section de recherches de la Madeleine à Cayenne. « Les investigations en matière téléphonie ont établi que le portable dérobé à la victime avait été utilisé juste après les faits, à 00h16 et après le drame, soit 36 appels sur trois jours. Nous avons identifié deux numéros de Guyane dont les puces ont été installées dans le téléphone de la victime. »
Les regroupements ont établi que l'accusé employé par le gérant durant trois semaines au mois d'août 2008 avait obtenu deux puces téléphoniques par l'intermédiaire de Thierry Lemki, le demi-frère de la victime. C'est lui qui a acheté les puces et ouvert la ligne téléphonique. L'enquête a démontré que l'accusé était en relation avec de nombreuses personnes de nationalité chinoise et qu'il côtoyait une jeune femme, employée comme nourrice chez un couple chinois à la cité Mont-Lucas à Cayenne.
Les appels téléphoniques ont permis d'identifier un chauffeur de taxi clandestin qui a facilité le départ de Siqiang Zheng en compagnie d'un autre ressortissant chinois vers le Suriname, la nuit du meurtre.

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