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Les papas ont aussi des droits

A.G. Vendredi 25 novembre 2016
Les papas ont aussi des droits
« Des amis qui sont également des pères séparés rencontrent cette même difficulté d'être présumé coupable. Ce combat que nous menons est aussi pour les pères qui se sépareront demain » , témoigne anonymement un papa (Audrey Virassamy)

En Guyane, de nombreux parents séparés se déchirent pour la garde de leur enfant. Les situations peuvent vite devenir de véritables imbroglios judiciaires, comme l'expliquent nos témoins. Cette bataille des droits parentaux n'est pas à armes égales pour les pères qui obtiennent, seulement dans 12% des cas, la garde de leurs enfants.

D'après une étude réalisée par le ministère de la Justice, seuls 12% des enfants de parents séparés sont confiés aux pères, contre 71% aux mères. Une « inégalité » dénoncée par beaucoup de pères guyanais, encore plus quand la mère quitte le département.
Pour Pierre Bouquet, président de l'association SOS Papa Guyane, ces chiffres illustrent la discrimination faîte à l'encontre des pères. « C'est assez exceptionnel qu'un père récupère ses enfants. Même le conseil de l'Europe le dénonce dans une résolution prise en 2015. La coresponsabilité parentale implique que les parents ont, vis-à-vis de leurs enfants, des droits, des devoirs et des responsabilités. Or, il apparaît que les pères se trouvent parfois confrontés à des législations, des pratiques et des préjugés qui peuvent aboutir à les priver de relations suivies avec leurs enfants. »
Pourtant, des dispositifs tels que la résidence alternée existent pour privilégier l'équilibre d'exercice des droits parentaux. Mais, comme l'explique Pierre Bouquet, « construire une vie en alternant les résidences ce n'est pas dramatique à partir d'un certain âge mais c'est seulement mis en place dans 17% des cas en moyenne » . L'association SOS Papa traite quatre à cinq cas par semaine. Elle conseille systématiquement aux pères d'opter pour l'accord à l'amiable en se concentrant sur l'intérêt de l'enfant. C'était la volonté de ce père qui a souhaité témoigner sous anonymat : « Nous avions un accord verbal, confirmé par écrit en attendant de saisir le juge aux affaires familiales (le Jaf). »
L'ATTENTE DE LA DÉCISION DE JUSTICE
Mais dans certains cas la conciliation échoue. « Arrive ce moment où vous constatez que les discussions ne suffisent plus » . L'épouse de l'un de nos témoins refuse de respecter ce qui avait été fixé. « J'ai tellement peur que ma fille et moi soyons séparés que je dois me battre!
Seul un avocat peut vous aider dans ce cas. Je pense porter plainte, car il y a eu de nombreux abus de la part de la mère, d'abord de ne pas respecter l'accord commun que nous nous sommes fixés. Mais n'ayant aucune décision de justice, une telle plainte n'est pas recevable » , raconte ce père inquiet. Il faut en moyenne six mois pour obtenir une décision de justice à Cayenne.
« Le droit des pères est bafoué en général mais ce qui est plus grave, c'est qu'une fois que la décision judiciaire est tombée, certains parents prennent l'enfant et quittent le territoire sans accord de l'autre parent » , poursuit Pierre Bouquet. La Guyane, de part son contexte multiculturel, est particulièrement propice à ce genre de problème.
SOS Papa Guyane : 06 94 27 89 60 ou sospapaguyane@gmail.com
« Je ne pensais pas qu'elle deviendrait une kidnappeuse! »
Cela fait maintenant plus de trois mois que Monsieur X n'a pas vu sa fille de 6 ans. En juillet 2015, quand ils se séparent, son épouse et lui s'entendent sur un accord amiable pour la garde de leur fille. « On avait prévu qu'en juillet elle ait la garde pour que je puisse ensuite l'avoir en août. » Hollandaise d'origine surinamaise, son ex-épouse part début juillet aux Pays-Bas. Deux jours avant son retour, elle le prévient qu'elle ne reviendra pas. « Je ne pensais pas qu'elle deviendrait une kidnappeuse d'enfant! Même si on ne s'entend pas, il y a des limites » .
D'abord il fait une main courante, non sans difficulté. « On m'a dit Non, c'est sa mère » . Commence alors la plongée dans l'imbroglio juridique. « J'ai cherché le texte qui précisait qu'un délai de cinq jours était nécessaire pour porter plainte pour enlèvement d'enfant. Je retourne cinq jours plus tard pour déposer ma plainte que l'agent ne veut même prendre au début, alors que je lui ai présenté le texte de loi. » Hormis quelques appels que son ex lui accorde, l'homme n'a plus aucun contact avec sa fille depuis. « Quand on est dans la séparation directe on utilise souvent l'enfant contre le père » . Son principal obstacle est qu'il n'a pas de décision de justice qui fixe le domicile de l'enfant. Entre-temps, j'ai fait des recherches et j'ai découvert le bureau de l'union et du droit des affaires qui héberge l'autorité centrale française sur les bases de la convention de la Haye, qui encadre les enlèvements internationaux commis par les parents. » Dès lors, il embauche un avocat dans l'Hexagone pour s'occuper de l'affaire. Il est toujours dans l'attente du jugement. « C'est risqué, car le jugement se passera sous la loi des Pays-Bas et la première décision prise dans un pays européen vaut pour tous les autres pays de l'union. »
REPÈRES - Une réalité difficile à chiffrer
Le tribunal de grande instance (TGI) de Cayenne ne dispose pas de données chiffrées. Comme le précise Patrick Chevrier, président du TGI de Cayenne et ancien Jaf. Le traitement de ces affaires est très différent entre les territoires. « Il est à envisager sous le prisme de la culture » . Au regard des chiffres de l'Insee en 2013, en Guyane on constate que plus de 40% des familles sont monoparentales, dont seulement 2 844 hommes seuls avec enfant(s) contre 17 512 femmes : les femmes élevant seules leur enfant sont environ six fois plus nombreuses que les hommes.

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1 commentaire

Vos commentaires

den97300 26.11.2016
Vérité accablante

Effectivement, de nombreuses mères de famille utilisent les enfants pour se venger de leur ex concubins ou époux. L'enfant est "prit otage". Le père désarmé ne peut que faire appel a la justice. Je salus cet article qui a permit de mettre en lumière cette réalité flagrante. Les enfants restent les véritables victimes des comportements de ces mères indignes.

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