Le matériel informatique sortait en douce
D.St-J.
France-Guyane
01.09.2010
Les ordinateurs et les consoles ont été retrouvés le 16 juillet dernier, conditionnés dans une boîte de jouet et d'une cafetière... (photos d'archives)
Quatre anciens employés de l'hypermarché Géant Casino ont comparu hier matin devant le tribunal correctionnel. Ils étaient poursuivis pour vol en réunion. Ils devront attendre mardi prochain pour être fixés sur leur sort.
CAYENNE. Quatre anciens employés de l'hypermarché de la zone Collery à Cayenne - deux vendeurs et deux magasiniers âgés de 24 à 35 ans - se sont retrouvés devant les juges hier matin pour répondre de vol en réunion. Des faits qui ont été découverts le 16 juillet dernier lorsqu'une caissière et un vigile ont trouvé « bien lourd » un emballage de jouet, une grue en plastique, et celui d'une cafetière. Les deux cartons avaient été rescotchés. À l'intérieur, ils ont trouvé deux ordinateurs portables, une console de jeux, des lecteurs MP3... L'enquête menée par la police et les différentes auditions avaient permis d'établir que les vendeurs emmenaient le matériel dans l'entrepôt où il était transféré dans le carton d'objets de moindre valeur. Après reconditionnement, le carton était remis en magasin et pris par un client complice qui passait à la caisse. Une technique bien rodée pour récupérer à bas prix du matériel informatique et multimédia : ordinateurs, consoles de jeux, appareils photo, clés USB, lecteurs MP3... Lors de leurs auditions, certains ont reconnu les faits. Hier, à l'audience, ce n'était pas la même chose. D'ailleurs, en prélude, deux avocats ont demandé l'annulation des procès-verbaux et de la procédure, en estimant « scandaleuse » les conditions de l'interpellation, leur client ayant été menotté devant ses collègues alors que les faits n'étaient pas établis. « Un homme de confiance »
Trois prévenus sont ensuite complètement revenus sur leurs premières déclarations, tant au niveau des vols reconnus que sur la mise en cause de leurs collègues... L'un d'entre eux n'hésitant pas à prendre de front le président du tribunal en lui précisant : « J'ai le droit de ne pas répondre à vos questions! » Me Cyril Schelle, qui représente la partie civile, la société Géant Casino, souligne le rôle du responsable de rayon dans cette affaire, « le seul à disposer de la clé de l'entrepôt sécurisé où se trouve le matériel informatique et multimédia » . L'avocat souligne « le préjudice économique et matériel » de l'hypermarché car « la société a été affectée par le stratagème frauduleux de ses propres salariés » . Il souligne qu'un des prévenus « était un homme de confiance, ce qui a choqué les autres salariés. Ces faits ont également entraîné le renforcement du système de surveillance. » Au niveau du préjudice subi, pour un des prévenus qui avait reconnu le vol de 3 PlayStation 3, une somme de 1 300 euros est demandée. Et pour les trois autres, une somme de 5 700 euros. Sommes à compléter de l'euro symbolique pour le préjudice moral et de 1 500 euros pour les frais de justice. Le procureur reprend les faits et les arguments des uns et des autres, soulignant « leurs premières déclarations détaillées » , dans lesquelles ils se mettaient mutuellement en cause. Pour « ces faits caractérisés » , il requiert des peines de huit à dix mois de prison avec sursis, assorties de l'obligation de rembourser la victime. Licenciés avant d'avoir été jugés
« On prend un bulldozer pour écraser une mouche! » , estime Me José Lama, le premier à intervenir pour la défense. Pour lui, il faut revenir à une juste mesure et « ne pas céder au culte de l'inégalité » , car il s'étonne de la « rapidité » du traitement de ce dossier alors qu'il n'a pas de nouvelles d'autres dossiers qui ont eu pour cadre l'hypermarché. En réponse aux demandes de la partie civile, l'avocat demande les justificatifs : « Où sont les pièces comptables démontrant le préjudice ? On leur a restitué le matériel... » Me Roland Sainte-Rose poursuit en rappelant les témoignages « qui ne mettent personne en cause » . Il précise que son client reconnaît avoir dérobé des PSP à Cora mais pas à Géant. Me Jacques Olivier Duboisset s'étonne que la présomption d'innocence ne soit pas de mise au niveau de la partie civile puisque les prévenus ont été licenciés avant même d'être jugés. Il constate que les demandes ne sont pas accompagnées de factures et rappelle également que la marchandise a été restituée. Enfin, Me Alex Leblanc s'étonne « que l'on demande de condamner au bénéfice du doute » alors qu'il n'y a pas de preuve du préjudice. Il s'étonne qu'il ne soit aucunement fait référence aux caméras qui sont dans l'entrepôt et estime que « la procédure n'a pas été équitable » . L'affaire est mise en délibéré jusqu'à mardi prochain.
(photos d'archives)