Le corps du militaire retrouvé
Porté disparu depuis jeudi suite à une collision avec une pirogue de garimpeiros sur la Tampok, le corps de Julien Giffard a été retrouvé hier vers 17 heures.
Le corps du jeune homme a été retrouvé légèrement en aval du lieu de la collision. Hier encore, toute la journée, une trentaine de militaires et une quinzaine d'habitants des villages d'Elaé, Cayodé et Twenké ont sillonné la rivière. Pendant leurs recherches, les plongeurs avaient retrouvé le gilet de sauvetage et l'arme du soldat, dont la pirogue avait sombré après la collision. Ils ont également retrouvé une autre arme et une paire de jumelle à vision nocturne qui avaient été perdues lors de précédentes opérations.
Le corps du première classe Giffard a été ramené sur le poste de Cayodé où les premières constations devaient être effectuées par les enquêteurs de la section de recherches de la gendarmerie de Cayenne. « Un puma de l'Armée de l'air (a décollé hier) en fin d'après-midi pour rapatrier le corps sur le funérarium de Cayenne » , a précisé la préfecture dans un communiqué.
Une cérémonie en hommage à Julien Giffard s'est déroulée hier matin, quartier Loubert à Cayenne.
Au lendemain de « cette attaque de pirogue » , la députée Christiane Taubira a saisi le ministre de la Défense « sur les conditions d'exercice des missions fluviales qui exposent la vie des piroguiers, des gendarmes et militaires » . Elle rappelle les accidents qui ont coûté la vie au piroguier Pierre Apagui du 9e Rima sur le Maroni le 8 juillet 2009, et au piroguier José Labonté du 3e REI sur l'Oyapock le 17 juillet 2009. À la suite de ces deux accidents, la députée avait obtenu en février 2010 la reconnaissance par le ministre de la Défense « de la dangerosité de ces missions pour les piroguiers et à l'octroi d'un régime indemnitaire » . Pour Christiane Taubira, « l'accident survenu ce jeudi illustre l'état d'esprit offensif des garimpeiros, et le rapport de force en leur faveur (moteurs plus puissant, grande connaissance de la forêt et leur nombre croissant, ndlr) » . La députée rappelle deux préconisations de son rapport de 2000 sur l'exploitation de l'or : « la création d'une Agence internationale de bassin en coopération afin de responsabiliser le gouvernement fédéral brésilien sur les actes de ses ressortissants » et « la constitution de brigades spécialisées sous contrôle civil » . Ces dernières seraient formées à la connaissance du territoire, à la protection contre la délinquance et l'orpaillage illégal, au droit international, etc.

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