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L'un des avocats du taxico plaide l'homicide involontaire

Pierre-Yves CARLIER France-Guyane 10.02.2010

Le 5 août, Laurent Ringuet a été tué à la gare routière de Cayenne (photo d'archives)

Jean-Maurice Arrondel est mis en examen pour le meurtre de son concurrent Laurent Ringuet. Son nouveau défenseur estime qu'il ne contrôlait pas ses actes lors du drame. Pour le psychiatre, il est responsable du premier coup de feu.

CAYENNE. Il était comme un boxeur sonné, qui se relève et qui se remet à frapper. » La mère de Jean-Maurice Arrondel essaie d'expliquer le geste de son fils. Placé en détention provisoire, il est mis en examen pour le meurtre, le 5 août, de Laurent Ringuet. Les deux hommes avaient un contentieux commercial, lié à l'exploitation de leurs taxicos. Il s'est « résolu » par deux coups de feu. Laurent Ringuet est mort au pied de son taxico, à la gare routière de Cayenne.
Hospitalisé d'office, Jean-Maurice Arrondel essaie d'apporter des éléments à sa défense, depuis qu'il a rejoint la prison. Un témoin affirmerait qu'il a reçu plusieurs coups de poing de la part de Laurent Ringuet, au début de l'altercation. D'où la référence de sa mère au boxeur. D'où, peut-être aussi, le fait qu'il ait perdu la tête au point de mordre l'oreille de sa victime et de la garder dans sa bouche pendant plusieurs heures.
Ensuite l'expertise d'un psychiatre. Elle ne le dédouane pas. Mais son nouvel avocat, recruté dans l'Hexagone, s'appuie dessus pour que le meurtre soit qualifié d'homicide involontaire. Jean- Yves Marcault-Derrouard, qui le défend également, estime lui aussi que le cas de Jean-Maurice Arrondel « relève à 100% d'un traitement médical » .
Selon un magistrat, citant le rapport de l'expert psychiatre : « Dans la première phase décrite par l'intéressé, la saisie de l'arme et le tir s'inscrivent dans un cadre où il est pleinement conscient. Dans la seconde partie, la course-poursuite et le tir au sol, il y a une perturbation de la personnalité. Pour cette période, il y a non pas abolition mais altération de son discernement. » En clair, s'il y a un procès aux assises, l'expert invitera les jurés à retenir sa pleine responsabilité pour le premier coup de feu et des circonstances atténuantes pour le second.
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