L'arnaque call back arrive en Guyane
P.-Y. C.
France-Guyane
19.12.2009
Un numéro commençant par 881. Probablement une arnaque (PYC)
Depuis le début de la semaine, de nombreux possesseurs de téléphone portable reçoivent des appels de numéro commençant par 881. Il s'agit d'une arnaque. Il ne faut surtout pas rappeler.
Christelle travaille à son bureau à Cayenne, ce vendredi matin. Il est 11 h 37. Son téléphone portable sonne. Une fois. Elle n'a pas le temps de répondre. Mais ne rappelle pas le numéro qui s'affiche. Bon réflexe. Le numéro débute par « 881 » . Il s'agit de l'indicatif du Bangladesh. Et probablement d'une arnaque téléphonique. Le but, pour ses organisateurs, est de faire payer aux utilisateurs de téléphones portables un numéro surtaxé et d'engranger les bénéfices à chaque appel. « J'ai reçu le coup de fil la nuit, raconte un de ses collègues. À 2 heures du matin, forcément, tu t'inquiètes tout de suite. » Lui non plus n'a pas rappelé. Mais combien l'ont fait ? Le ping call ou call backest une arnaque qui a fait son apparition il y a deux ou trois ans, sur les téléphones portables de l'Hexagone. Depuis le début de la semaine, les portables guyanais sont visés à leur tour. Le principe est simple. Le titulaire d'un numéro surtaxé appelle tous les numéros de téléphone qu'il peut. Il utilise pour cela un ordinateur, appelé « pondeuse » . Il appelle le 06 94 00 00 00, puis le 06 94 00 00 01, puis le 06 94 00 00 02... Chaque fois, l'ordinateur raccroche au bout d'une sonnerie. Si le destinataire du coup de fil rappelle le numéro, le titulaire engrange les bénéfices du numéro surtaxé. Difficile de dire si dans le cas des numéros bangladeshi, l'arnaque a réussi. Hier, nous avons essayé de les rappeler plusieurs fois. À chaque fois cela a échoué. Rien n'a été débité du forfait. La direction départementale de la répression des fraudes, le commissariat de Cayenne et la gendarmerie de Guyane confirment avoir reçu des plaintes de ce genre de pratiques, « depuis une petite semaine » . Leurs hommes aussi en ont été victimes. Même le commissaire Joël Terry et le colonel François Müller. « C'est à n'importe quelle heure. Comme je suis de permanence, je ne peux pas éteindre mon téléphone la nuit et je reçois des appels » , témoigne un haut gradé. Les plaintes sont remontées au procureur. François Schneider avoue ne pas pouvoir faire grand-chose. « On a localisé les appels. Ils sont émis depuis le Bangladesh. » Cela ne sert donc à rien de déposer plainte. « En revanche, insiste le procureur, il ne faut pas rappeler ces numéros. »