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TRIBUNAL

Jugés pour avoir battu leurs filles

Bernard DORDONNE Mercredi 04 juin 2014

Pour donner une bonne éducation à leurs deux filles, les parents utilisaient un câble électrique, une louche et une cuillère en bois. 74 cicatrices ont été relevées sur l'une des filles.

Hier, le tribunal correctionnel de Cayenne a condamné un père et une mère de famille, résidant à Kourou, à trois ans de prison dont 18 mois de sursis mis à l'épreuve pendant deux ans, pour des faits de violence avec arme. En l'occurrence, un câble électrique, une louche et une cuillère en bois. Sur la jeune fille âgée de 17 ans, on a dénombré 74 cicatrices.
Si le père était présent à la barre, la mère, hospitalisée depuis quelques jours, n'a pas pu répondre à la convocation des juges. Mais elle a dû avoir les oreilles qui sifflent lorsque le président du tribunal de grande instance, Bruno Lavielle, a rappelé les faits en appuyant sur l'aspect sordide des actes commis sur deux enfants mineurs. Ces faits ont été commis le 19 avril en soirée.
Ce soir-là, le père arrive chez lui et trouve sa femme en train de « taper » avec une cuillère en bois l'une de ses filles âgée de 17 ans. Elle confie à son mari que leur fille continuait à fréquenter un jeune homme, considéré comme persona non grata dans la famille. L'homme apprend que sa fille avait récupéré un téléphone portable pour rester en contact avec son petit ami. Et le sang du père n'a fait qu'un tour en apprenant que la jeune fille avait caché son bulletin scolaire. L'homme a saisi un câble électrique et il a passé sa colère contre son enfant. L'autre fille, âgée de 16 ans, a elle aussi été battue parce qu'elle était au courant de la liaison de sa soeur et qu'elle ne l'a pas « balancée » .
Les deux jeunes filles ont attendu que leurs parents s'endorment pour prendre la fuite dans la nuit et se réfugier chez la mère du petit ami. C'est elle qui a transporté les deux filles à l'hôpital, mettant un coup d'arrêt au calvaire que les adolescentes subissaient depuis le début de l'année.
LACÉRATIONS, ECCHYMOSES ET CICARICES
« Dans le certificat médical, les médecins décrivent des lacérations, des ecchymoses, des cicatrices. Ils évoquent une situation de dangers physique et psychologique, et donnent une ITT de 10 jours aux victimes. Comment expliquez-vous ce déferlement de violence envers vos enfants ? » interroge le président du tribunal. « Dans notre culture évangéliste, il est interdit de désobéir et de fréquenter un bandit. Je l'avais averti, elle savait que je ne voulais pas qu'elle fréquente ce garçon » , lance le père, qui reconnaît ne pas y être allé de main morte avec ses filles. Et le président de poursuivre : « Votre culture évangéliste autorise que l'on passe à tabac ses enfants avec un câble jusqu'au sang ? Et votre autre fille, c'est parce qu'elle n'a pas balancé sa soeur qu'elle a pris une rouste ? » s'interroge à nouveau le magistrat, avant de prévenir le détenu : « Dans ce petit jeu, c'est face je gagne et pile je perds. » En début de son réquisitoire, la substitut du procureur a brandi les photos en direction du père : « Leurs corps sont lacérés. Vous les avez marqués à vie. Quant on voit les photos, on a envie de refermer le dossier. En plus vous avez compté les coups de câble. Vous indiquez 14 pour la plus grande et 7 pour l'autre fille. Vous auriez pu les tuer! » L'avocate de la partie civile, Me Virginie Fettler, a lancé au visage du prévenu : « Ce n'est pas à coups de câble que vous allez faire l'éducation de votre enfant car malgré les coups, elle continuait à voir le garçon. » L'avocate de la défense, Me Nolwenne Even, a demandé au tribunal d'être juste avec son client : « J'ai compté, il y a 74 cicatrices relevées sur l'une des filles. Il sait qu'il est allé au-delà de ce que lui autorise la religion en ce qui concerne le droit de correction. »

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7 commentaires

Vos commentaires

gaby.mum 06.06.2014
j hallucine

Non mais sala pa té mal.
Je suis évangéliste,et ce n est nullement écrit qu il faut martyriser ses enfants.
Ce genre de personnes s asseyent dans les temples mais n y comprennent rien.
Ah la la.Que c est malheureux. Maintenant ils ont tout gagné,là i ké wè so boug alé viré.

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prince kindou 06.06.2014
Les humains toujours irresponsables

Ces humains toujours à mélanger Dieu à leurs affaires (ils se disent «évangélistes» (sic)) et à ne pas prendre leurs responsabilités.

Qu'ils aillent lire la Bible et l'appliquer au lieu de jeter l'opprobre sur Dieu.... C'est un peu comme Monsieur Lafont et ses prêtres, ils n'ont qu'à travailler à la sueur de leur front si ils veulent se nourrir et non prendre l'argent des impôts guyanais.

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KATIA 05.06.2014

Il est écrit nul part dans la bible de frapper ses enfants pour obéir.
Les files ne l'écoutaient plus par rapport à cette relation, il devait mettre ses genoux par terre et prier pour que cette relation se termine et non frapper à ce point ses enfants.

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prince kindou 06.06.2014

La correction n'est pas une mauvaise chose en soi, après il faut que cela soit fait non sur le coup de la colère mais avec un désir d'amour. Plus clairement que cela corrige réellement. Dans le cas contraire ça amène à ces larges excès.
N'oublions pas que c'est à cause de ces traitements exagérés que l'Etat veut interdire toute correction corporelle........;

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Badaw 05.06.2014

Comme quoi la religion c'est particulier.
Dieu a toujours dit ou fait, mais est-il réellement venu vous le dire?
Oui peut-être dans votre sommeil MDR

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mica 04.06.2014
éducation

Je suis de la "vieille génération" où l'éducation était stricte.Bon le fil électrique c'est un peu barbare, mais dans cette histoire je connais des filles qui n'acceptent pas de remontrances de leur parents, mais le copain lui il a le droit de frapper parfois jusqu'au sang.Parents la caf va prendre le relais quand elle aura un bébé,l'ennui c'est qu'il faudra l'héberger jusqu'à 25 ans ou plus.

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Lulu97 04.06.2014

Je cite « Ce n'est pas à coups de câble que vous allez faire l'éducation de votre enfant car malgré les coups, elle continuait à voir le garçon. »

Mais ce sont des malades ces gens!!!

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