Intervention sur l'Oyapock : les députés brésiliens montent au créneau
Stpéhanie BOUILLAGUET
France-Guyane
19.03.2010
Les députés de l'Amapá dénoncent l'apparition de « conflits armés » sur l'Oyapock. (photo d'archives)
Après l'opération de lutte contre l'orpaillage clandestin menée il y a dix jours par l'armée et la police sur l'Oyapock, qui avait bien failli tourner au drame, les députés de l'Amapá se sont réunis à Brasília pour tenter de « calmer la tension » .
L'opération menée sur l'Oyapock opposant les militaires et policiers français et des garimpeiros brésiliens laissera des traces. Côté français, d'abord : le directeur départemental de la Paf a fait part de la « violence inhabituelle » des garimpeiros. Cernés par des dizaines de Brésiliens, l'armée et les policiers ont interpellé au final dix individus et saisi 618 grammes d'or après avoir tiré des coups de feu dans l'eau (lire ici).
Côté brésilien aussi, l'intervention n'est pas restée lettre morte. Dans un premier temps, les médias de l'Amapá parlaient de « confusion » sur le fleuve, sans évoquer l'orpaillage illégal.
Mercredi, l'affaire a pris un tournant plus politique, avec le déplacement des députés de l'Amapá à Brasília. Ils ont fait part au président du Sénat de l'apparition de « conflits armés entre la police de la Guyane et les piroguiers d'Oiapoque » , selon l'agence sénatoriale brésilienne.
« La police française a utilisé la violence pour empêcher des Brésiliens en situation irrégulière de travailler comme orpailleurs dans ce pays, a indiqué le député Sebastião Bala (PDT, gauche). Je ne suis pas le défenseur de l'orpaillage illégal, mais j'exige le respect des droits de l'homme » . Selon le député Bennet Geovani (PMDB, centre), les autorités de l'État fédéral craignent la montée de tensions à la frontière.
« L'absence de l'État est grave dans cette région, raconte la parlementaire Jane Capiberibe (PSB, gauche). Il faut une période de transition, avec une politique de développement, avant de fermer une frontière [...] » .
Les parlementaires remettent en cause l'accord franco brésilien de lutte contre l'orpaillage clandestin de décembre 2008, en voie d'être ratifié aussi bien en France qu'au Brésil : les députés brésiliens estiment que « la répression contre les Brésiliens va empirer » , et que cet accord n'a pas été élaboré avec la population locale.
Ils ont toutefois décidé de calmer le jeu en demandant une réunion avec le ministre des Affaires étrangères. Pour le député Sebastian Bala : « Le remède est dans la diplomatie et la compensation économique pour Oiapoque, il faut changer le profil économique de la région » . Et de proposer des pistes, telles que « la création d'une zone de libre-échange, un système de taxes particulier, ou d'encourager l'économie du savoir » , avec la création d'une ville universitaire.
katmel — 21.03.2010
Je suis d'origine Brésilienne et fière de l'être. Mes parents sont en Guyane depuis 35 ans, ils y travaillent et respectent la Guyane. La Police Française a agit en légitime défense, la Police Brésilienne n'aurait pas fait dans le détail à leur place. L'orpaillage clandestin est interdit mais aussi très nocif pour l'environnement. Que les Députés Brésilien arrêtent de crier au scandale car le vrai scandale c'est leur attitude. Je n'ai qu'une chose à dire "aimez la Guyane ou quittez là"