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CAYENNE

Grand nettoyage à l'embouchure du canal Laussat

Marie GUITTON Mercredi 25 octobre 2017

Des vieux bateaux et une poignée de cabanes illégales ont été détruits par la mairie de Cayenne hier, à l'embouchure du canal Laussat (MG)

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Des épaves de bateaux et des habitations de fortune ont été détruites ou déplacées hier, à l'embouchure du canal Laussat. La mairie de Cayenne a fait place nette, pour « rendre cette ville plus accueillante » .

.C'en est fini du Iouioune, du Saint Martinierou de l'Océan... Les services municipaux de Cayenne sont intervenus hier, à l'embouchure du canal Laussat, entre le marché et le Village chinois, à coup de tractopelles et de camions-bennes. Une poignée de cabanes en tôles et palettes de chantier ont été rasées, les squatteurs n'ayant plus qu'à emporter leurs maigres biens ailleurs. Et une quinzaine d'embarcations défraîchies ont été détruites ou déplacées de l'autre côté du canal Leblond, leurs propriétaires bénéficiant d'un ultime délai de deux mois pour les faire réparer.
« C'est bien, faut nettoyer! Ça fait quinze ans que c'est comme ça, des gens dorment sur ces bateaux, fument, il y a des cases de dealers... Faut tout casser! » , approuvait un vendeur de poissons de 53 ans, en observant le ballet des policiers et des engins. « Il n'y a pas de zone de non-droit sur Cayenne » , martelait de son côté Marie-Laure Phinéra-Horth, la maire de la commune. « Ici, c'était une zone de recel de vols, d'échange de drogue et de dépôt d'épaves. Nous prévenions depuis deux ans les propriétaires des bateaux qu'il fallait qu'ils les enlèvent. À un moment, il faut se dire qu'on arrête, montrer que la police municipale existe, rendre cette ville plus propre et plus accueillante. »
Daniel Étienne, l'un des armateurs concernés, se disait « à demi-content que l'opération se fasse » . « Je suis content de la disparition des gars qui traînaient ici et squattaient nos bateaux, mais ça ne règle toujours pas notre problème d'argent pour les réparer » , précisait-il, en listant les difficultés des pêcheurs guyanais : « Embarcations pas adaptées, concurrence des bateaux guadeloupéens, non-versement des aides prévues dans l'Accord de Guyane » (un fonds de redémarrage de l'activité de 2 millions d'euros).
Quant aux squatteurs, certains ont déguerpi sans demander leur reste, tandis que d'autres, installés derrière la direction de la Mer depuis des années, se demandaient ce qu'ils allaient devenir (lire l'encadré).
LES COLLECTIFS UNIS AVEC LA MAIRIE
À l'avenir, après consultation des riverains, un projet d'utilité publique pourrait voir le jour sur l'esplanade nettoyée. « C'est une très bonne opération » , estimaient ainsi José Achille (lui-même armateur, ndlr), Nahel Lama et José Mariéma, les représentants des collectifs Grands Frères, Frères de la Crik et Toukans, unis par leur « ras-le-bol » sur ce dossier. « Nous allons continuer à travailler ensemble de manière plus intense et plus structurée, annonçaient-ils aussi. À Kourou, Cayenne, partout, on va nettoyer la Guyane. Et si les autorités ne peuvent pas le faire, on va le faire nous-mêmes. Faut arrêter de tourner autour du pot! »
Après cette opération évaluée entre 30 000 et 40 000 euros, sans compter le paiement de la décharge, Marie-Laure Phinéra-Horth en évoque une prochaine, menée conjointement avec la police aux frontières, dans la zone Leblond, derrière le foyer Galmot.
Police, squatteurs, chacun sa version
Au milieu de la forêt de mangrove, derrière la direction de la Mer, cinq personnes sont sorties hier de cette cabane bien organisée, entourée d'un jardin étrange rempli de mannequins déguisés en militaires, un drapeau tricolore planté à l'entrée. « En tout, nous sommes six » , racontait une Guyanienne de 37 ans, qui confiait gagner sa vie en vendant du cannabis. Des matelas en mousse, des paniers de linge, une télé et des vélos avaient été sortis à la va-vite. Elle ne savait pas où elle allait désormais poser ses valises. « Nous savons que c'est un squat et qu'ils doivent le détruire. Mais ça aurait été bien plus simple s'ils nous avaient prévenus avant. On n'a même pas eu le temps de sortir les chatons qu'ils sont en train d'écraser » , soufflait-elle. Un homme plus âgé racontait, lui, être installé dans la cabane depuis sept ans. Et un comparse de 49 ans, se présentant comme un pêcheur, s'alarmait pour ses deux chiots, restés à l'intérieur.
« Cela fait des années qu'on vient les voir. Avant la semaine dernière, on était repassé pour les prévenir d'évacuer leurs biens. Que voulez-vous qu'on fasse s'ils ne l'ont pas fait ? » , observait la police municipale de son côté, en contestant la version des squatteurs. Leur abri et ses environs auraient été des « lieux de cache et de fuite pour semer les policiers » , selon Patrick Johannes, le directeur de la police municipale. Pour lui, cette opération était donc bien un pas de plus en faveur de « l'assainissement du littoral » et de « la réduction des poches d'insécurité » .
Quelques mètres plus loin, une femme en pleurs sortait une chaise de sa cabane en bord de route. Ses enfants avaient déjà été placés et elle devrait être à son tour prise en charge par les services sociaux, selon la mairie.
(MG) -

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3 commentaires

Vos commentaires

LiKiLiKi :-) 25.10.2017
La bienvenue en Guyane

monsieur président

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Paassy 25.10.2017
20 ans de négligence

Mouais, ça fait 20 ans que cette situation est connue et que rien n'a été fait. Pas de quoi pavoiser.
On pourrait même se demander si le seul but de cette opération c'est une pub pour Goudet et ses clones.

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ECRIVAIN 25.10.2017
À suivre

Un squat de moins, aux suivants…

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