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JUSTICE

Émeutes de Saint-Laurent : il passait au mauvais moment

Pierre ROSSOVICH Samedi 17 septembre 2016
Émeutes de Saint-Laurent : il passait au mauvais moment
Un attroupement devant la gendarmerie de Saint-Laurent mardi soir avait accompagné l'incendie de plusieurs voitures (photo d'archives)

Un jeune homme de 21 ans a été arrêté le 14 septembre en marge des émeutes qui se sont déroulées dans la nuit de mardi à mercredi. Il était accusé d'avoir foncé sur les gendarmes avec son scooter. Il a été relaxé hier soir.

Un premier Saint-Laurentais a été jugé hier soir en comparution immédiate au palais de justice de Cayenne, 48 heures après les violences urbaines qu'a connues la ville de l'Ouest. Et le moins que l'on puisse dire est que l'accusé, de son nom Kevin Fraser, n'est pas le dangereux émeutier que l'on s'attendait à voir apparaître. Le jeune homme de 21 ans, un Amérindien du village Balaté, a été interpellé la nuit des faits alors qu'il roulait en scooter aux côtés de son neveu, qui lui roulait à vélo. Les gendarmes les accusent de leur avoir foncé dessus. Hier, Kevin comparaissait ainsi pour « violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique » . Son neveu, mineur, sera jugé ultérieurement.
À la barre, Kevin Fraser, tout penaud, ne s'explique pas vraiment le pourquoi de sa présence. Au moment des faits, il rentrait d'un anniversaire, celui du « tonton de son neveu » . Alcoolisé - il a été contrôlé à 0,68 mg/l - il n'aurait pas obtempéré alors que les gendarmes lui demandaient de faire demi-tour et se serait fait mettre au sol par ceux-ci. Mettre un cyclomotoriste au sol alors qu'il est en train de rouler peut se révéler dangereux. Pourtant, ni les deux gendarmes, ni Kevin n'ont subi de blessures. Ce qui suffit à conclure que Kevin Fraser devait rouler au pas. Kevin et son neveu ne résisteront d'ailleurs pas à leur arrestation. Il était minuit passé et les gendarmes étaient alors en « position de maintien de l'ordre » depuis près de trois heures durant lesquelles plusieurs dizaines de manifestants s'en sont pris à eux avec violence. Au cours de cette soirée mouvementée, ils essuient jets de briques, pétards et cocktails molotov. Pour son avocate, Me Marciguey, Kevin Fraser n'est clairement pas un émeutier. « Les émeutiers, on ne les a pas arrêtés ce soir-là, mais les deux gugusses qui passaient par là, oui » , plaide-t-elle. Kevin Fraser obtient la relaxe alors que le procureur demandait une peine de dix-huit mois de prison, dont neuf avec sursis. Le président Franck Alzingre a en effet estimé que « les zones d'ombres » étaient trop importantes dans ce dossier. Le parquet étudie la possibilité de faire appel. Fabrice Magloire, l'homme à l'origine des émeutes de Saint-Laurent sera, lui, jugé le 15 novembre. D'ici là, la gendarmerie aura peut-être interpellé quelques « vrais » émeutiers...

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4 commentaires

Vos commentaires

WALLYA 19.09.2016
bonjour !

dans l affaire des émeutes de saint laurent du maroni ! il faut une enquete de part et d autre !

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fran973 18.09.2016
undefined

Stop aux violences policières envers les amérindiens ! Racistes

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alfredo 17.09.2016
Approximations

Voilà confirmée l'approximation de l'intervention des forces de l'ordre, où à partir d'une interpellation ciblée c'est toute la population qui est menacée,(vous vous rendez compte que le procureur a plaidé 18 mous d'incarcération pour quelqu'un qui "passait" par là). Le malaise est bien dans les difficiles relations entre la gendarmerie ignorant tout d'une population qui peut-être même lui fait peur, tant elle ne la connaît pas, et cela confirme aussi que le Maire de St Laurent n'avait pas tort d'évoquer une intervention sans nuance. Bertrand connaît lui, sa population, et cela ne justifie aucunement que des extrémistes lui trouvent soudain des qualités de révolutionnaire. Il est humain ce qui reste fondateur de sa popularité, tandis que les extrémistes montrent leur légèreté et leur totale absence de crédibilité , en sautant dans le wagon de n'importe quelle opportunité... Bref, si vous voulez passer un séjour tranquille comme fonctionnaire de l'Etat dans les Outre Mer, priez pour avoir des extrémistes comme ceux de Guyane...on vous offre même le hamac.

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Râle-bol 18.09.2016
Une bien approximative analyse

Ce qui révèle davantage de l'approximation, Alfredo, c'est la qualité de votre analyse, réductrice et manichéenne, et qui se conclut de manière «extrêmement» caricaturale. Vous vous employez à vouloir opposer une (gentille) population à des (méchantes) forces de l'ordre qui «ignorent tout» des premières et manquent d'une «humanité» qui, en revanche, caractériserait (sic) le maire de cette ville (empêtré, il est vrai, dans des affaires humanitaires). Un peu léger, voire insultant pour le travail de fond qu'elles mènent pour assurer la sécurité d'une population, de plus en plus menacée, surtout, par des bandes de braqueurs et trafiquants, quand ce n'est pas par des comportements routiers mortifères. Si «malaise» il y a, il faut le rechercher dans le terreau social et économique sur lequel poussent précisément la précarité, le ressentiment et la délinquance et où ne pousse pas (ou peu) l'éducation. Les forces de l'ordre sont prises pour cible parce qu'elles traitent un délinquant récidiviste comme tel. Est-ce une raison pour brûler des voitures, jeter des cocktails Molotov, incendier la sous-préfecture et défoncer la devanture d'une pharmacie ? C'est cela faire preuve d'humanité : saccager et vandaliser pour les uns et dire à un gendarme de «dégager» quand on se doit de garder mesure et discernement en tant qu'édile ? Désolé, Alfredo, mais il faudra moins de démagogie et de candide indulgence pour nous convaincre qu'il s'agissait d'un simple feu de camp entre boyscouts

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