Confrontation générale avec Léon Bertrand devant le juge
R. L.
France-Guyane
09.03.2010
Si une remise en liberté de Léon Bertrand est espérée par certains avant le premier tour des régionales où il figure sur une liste, la justice n'a pour l'instant donné aucune assurance d'y répondre favorablement. (photo d'archives)
Léon Bertrand et sept autres personnes mises en examen dans l'affaire des marchés suspects à la Communauté de communes de l'Ouest guyanais (CCOG) se sont tous expliqués hier devant le magistrat instructeur du tribunal de Fort-de-France.
Les avocats ont déposé des demandes de remise en liberté à l'issue des débats. La confrontation tant attendue a eu lieu hier matin dans l'intimité d'une petite salle, au sous-sol du palais de justice de Fort-de-France. Pendant 4 heures 30, huit des individus mis en examen dans l'affaire des marchés suspects à la Communauté de communes de l'Ouest guyanais ont une nouvelle fois donné leur version devant Thierry Rolland, le juge d'instruction en charge du dossier. Mais, pour la première fois, ils tous étaient entendus en même temps. Cette confrontation générale, les avocats de la défense la demandaient depuis les premiers jours de l'incarcération provisoire de Léon Bertrand, président de la CCOG et de trois de ses proches : Augustin To-Sah-Be-Nza, son directeur général des services à la CCOG, Richard Cheung-A-Long, son ex-directeur de cabinet et Guy Le Navennec, directeur de la Société d'économie mixte de l'Ouest guyanais (Senog). « C'est un moment clé, confirme le bâtonnier Patrick Lingibé, qui assure la défense du maire de Saint-Laurent du Maroni. L'une des motivations du placement en détention était d'éviter les risques de collusion ou de pression. Désormais, il n'y a plus aucun obstacle juridique pour maintenir Léon Bertrand en détention » . Les trois avocats de l'ancien ministre du tourisme ont en effet déposé une demande de remise en liberté dès hier. Des requêtes similaires ont été faites - ou vont l'être sous peu - pour les trois autres détenus dans ce dossier. Les avocats sereins
À l'issue des débats, les avocats de Léon Bertrand se sont montrés sereins. « Il n'y a pas eu de révélation, pas de mise en cause et personne n'a indiqué avoir agi sous ses ordres » , souligne Philippe Sénart. « Je trouve même que pour un dossier présenté comme le système Bertrand, il a été très peu question de lui » , ajoute Alexandre Varaut, du barreau de Paris. Même Augustin To-Sah-Be-Nza qui avait, dans un premier temps, donné moult détails sur les pratiques à la CCOG avant de revenir sur ses déclarations, serait resté sur sa seconde version. Sur les huit mis en examen présents à la confrontation hier, quatre sont actuellement placés sous contrôle judiciaire (essentiellement des chefs d'entreprise). Tous sont poursuivis diversement pour « prise illégale d'intérêt, favoritisme, corruption passive et active ainsi que faux et usage de faux » dans le cadre d'une information judiciaire « contre X » le 5 juin dernier à Fort-de-France. La justice soupçonne l'existence de marchés publics frauduleux passés pour le compte de la mairie de Saint-Laurent du Maroni, de la Communauté de communes de l'Ouest guyanais et de la Senog. Si une remise en liberté de Léon Bertrand est espérée par certains avant le premier tour des élections régionales où il figure en troisième position sur une liste, la justice n'a pour l'instant donné aucune date pour l'examen des demandes ni aucune assurance d'y répondre favorablement. R. L. (France-Antilles Martinique)
benj77 — 10.03.2010
En tout cas et sans que cela préjuge évidemment de sa culpabilité, le prévenu Bertrand semble avoir de très gros moyens à sa disposition pour assurer sa défense, vu le nombre et la qualité de ses avocats venus même du barreau de Paris. Les fonctions de maire et d'ex ministre sont rémunératrice, mais à ce point?