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Un petit village paisible au pied de la montagne

G. H. France-Guyane 19.04.2010

Joël Libos et sa mère Chantal, vivent maintenant paisiblement au pied du mont Cabassou. Écartés de tout danger, ils refusent de ressasser les souvenirs de la catastrophe.

Déplacés suite à la catastrophe, les membres de la famille Libos ont retrouvé une vie paisible sur leur terrain, placé au pied du mont Cabassou, juste à côté de l'ancienne usine de la Cilama.

Discrète, une petite bretelle bitumée se détache de la RN3. En longeant une construction nouvelle, la route conduit à une impasse, quelques centaines de mètres après.
Il s'agit de l'ancienne RN 3. Sur le côté, un petit chemin en terre nous conduit à un grand jardin fleuri. Les plantes cultivées et les gros arbres de forêt primaire y ont chacun leur place. C'est la propriété de la famille Libos. Leurs maisons, mitoyennes de l'usine de la Cilama, ont été épargnées par la catastrophe. « Mais nous avons quand même perdu notre terrain de l'autre côté de la route » . Chantal Libos est installée là depuis une quarantaine d'années. Pour elle, « il n'y a plus rien à dire. Tout a déjà été dit » . D'ailleurs, elle refuse de parler de la catastrophe, de se remémorer les moments difficiles auxquels sa famille a dû faire face à cet instant. Devant l'épouvante, la préfecture avait déclaré la zone impraticable et ordonné la destruction des maisons de la famille Libos, qui avait été déplacée au foyer rural de Rémire-Montjoly. Après un mois de protestations et de luttes, ils ont retrouvé le droit de rentrer chez eux. « Mais comme le préfet de l'époque avait déclaré la zone non habitable, nous n'avions ni eau, ni électricité, se souvient Joël, le fils de Chantal. Nous sommes restés trois ans sans électricité, sans eau courante et sans téléphone » . Après une étude de sol, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a évalué que le danger pour les riverains était nul, le pire ayant déjà eu lieu.
Pour les Libos, la cause de la catastrophe est évidente : « Autrefois, on se baignait dans la crique qui passait à l'endroit où l'usine de la Cilama a été construite. Mais la source a été bouchée pendant plusieurs années. Il y avait déjà eu un éboulement en 1989. Depuis la construction de la route, la terre n'avait de cesse de descendre se tasser sous le bitume. Elle n'apparaissait pas par-dessus, mais par-dessous. Sans cesse, la DDE faisait des travaux à cet endroit précis » .
Aujourd'hui, les Libos ont repris un rythme de vie normal. « La seule chose qui nous gêne c'est que le camion d'ordures ne s'arrête que sur la RN3, à plusieurs centaines de mètres » , poursuit Joël.
Avec une demi-douzaine de maisons, le terrain de la famille Libos est redevenu un petit village paisible. Les agoutis abondent dans le jardin aux fruits qui fleurissent. À quelques mètres seulement des énormes masses de terre déplacées, tout laisse penser que le pire est déjà passé... et enterré.
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