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ASSISES

Affaire Lemki : les révélations du chauffeur de taxi sèment le doute

Bernard DORDONNE Vendredi 25 novembre 2016
Affaire Lemki : les révélations du chauffeur de taxi sèment le doute
L'avocat de la défense, Me Boris Chong-Sit, va plaider aujourd'hui (BD)

Au deuxième jour du procès de Siqiang Zheng, accusé du meurtre du commerçant Éric Lemki (le 12 décembre 2008 à Kourou), les jurés ont entendu l'accusé et les plaidoiries des parties civiles. Le verdict sera rendu aujourd'hui, après le réquisitoire de l'avocat général et la plaidoirie de la défense.

Après un zoom sur les circonstances de la mort d'Éric Lemki mercredi (lire notre précédente édition), hier, l'accusé a été entendu sur sa personnalité et sur les faits.
On a notamment appris que Siqiang Zheng était en situation irrégulière en Guyane. Il a travaillé en juillet et août 2008 aux 8 à Huit gérés à l'époque par la victime. Il a quitté Kourou à la fin du mois d'août pour aller à Cayenne où il a travaillé dans un libre-service à Cabassou.
L'accusé a aussi précisé qu'il avait quitté son poste chez Éric Lemki pour se rapprocher de son épouse, employée comme nourrice chez un couple chinois à Mont-Lucas. Il était reparti au Suriname au début du mois de décembre 2008 pour travailler dans un magasin que sa cousine avait ouvert à Albina.
« Reconnaissez-vous les faits qui vous sont reprochés ? » À cette question du président de la cour, Jean-François Redonnet, l'accusé - par le biais de son interprète - répond qu'il n'a rien à voir avec le meurtre qu'on lui reproche.
Il répète qu'il n'avait reçu qu'une seule puce du demi-frère de la victime et non deux comme indiqué dans l'enquête. C'est un accusé combatif qui a fait face aux jurés, notamment lorsque les parties évoquent les éléments de téléphonie qui ont permis de le lier au meurtre.
IL SÈME LE DOUTE MAIS NE RECONNAÎT PAS L'ACCUSÉ
Les étonnantes révélations d'Ivan Baisie, le chauffeur de taxi clandestin de Saint-Laurent, qui a facilité le départ vers le Suriname des présumés meurtriers - la nuit même du meurtre - a laissé un doute dans l'esprit des jurés. Lors de la visioconférence, il dit ne pas connaître l'homme qui est sur le banc des accusés. Le président demande à Siqiang Zheng de se rapprocher de la caméra pour être bien vu par le chauffeur. Ce dernier confirme ses propos en expliquant qu'il avait embarqué deux Chinois. Précisant que celui qui était assis à côté de lui avait environ 50 ans, fumait beaucoup et que celui à l'arrière ne ressemblait pas à l'accusé.
REPÈRES - Les plaidoiries des parties civiles
En prenant la parole, Me Cyril Chelle, l'avocat de Weihua Wu (l'épouse Lemki) et de leur fils de 7 ans, place sa plaidoirie sur le thème d'un destin brisé. « La victime et son épouse avaient vécu leur relation à travers le commerce. Ils se sont rencontrés alors qu'ils travaillaient dans un libre-service chinois à l'avenue De-Gaulle. C'était un couple atypique » , rappele l'avocat. Il salue l'initiative de la victime : « Éric a eu une idée révolutionnaire. Ce commerce était comme leur deuxième enfant » . Pour l'avocat, ceux qui ont assassiné Éric Lemki connaissaient leurs habitudes. « Il y avait un téléphone fixe dans l'entrepôt, il a été arraché. Ils lui ont porté plus de 40 coups de sabre et ils l'ont achevé au sol avec un couteau » . Il termine sa plaidoirie en disant qu'il sort de ce procès avec un doute car l'accusé a été très approximatif. Me Michel Quammie, qui défend les intérêts de la famille Lemki (dont la mère Évelyne et le demi-frère Thierry), a la certitude que l'accusé est responsable pénalement des faits. « À travers l'analyse scientifique de la téléphonie, qui a été effectuée par les enquêteurs, la puce du portable de l'accusé a été géolocalisée à côté de l'entrepôt, sur les lieux du crime et à l'endroit où le fourgon a été retrouvé. Avec cette arrestation, vous pouvez mettre un visage sur celui qui a massacré Éric Lemki » , a lancé l'avocat aux jurés.

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