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20 ans de prison pour le meurtrier amoureux

D.ST-J. France-Guyane 13.03.2010

Janeth avait rencontré son meurtrier en mai 2007. Elle avait accepté une colocation avec lui quartier Nobel à Kourou (DR)

Pour l'avocat général, le crime commis en décembre 2007 par Alexander Martin Zarate n'est pas du ressort de la passion. La défense estime le contraire.

ASSISES. « Je demande pardon à Dieu. Je ne comprends pas comment cela a pu arriver! » . Dès le début de l'audience d'assises, Alexander Martin Zarate fait référence à son incapacité à expliquer ses actes (lire pour les faits France-Guyane de jeudi dernier). Le président de la cour devra insister pour obtenir des détails. « C'est trop dur pour moi! J'ai perdu la tête » , répète l'accusé. Il reconnaît avoir donné un, voire deux coups de couteau. Dans un premier temps, il déclare avoir étouffé Janeth « pour ne pas la voir souffrir » , puis, seulement enveloppé dans un drap...
Les experts psychiatres et psychologique n'ont pas la même analyse de sa personnalité. « Il ne souffre d'aucun trouble! » , estime le psychiatre. « Il est attaché à l'imaginaire religieux. Souffre d'un dédoublement de la personne, d'un délire passionnel » , répond la psychologue. Au fil des témoignages, la relation entre Alexander et Janeth apparaît comme celle de deux colocataires d'une chambre pour raison financière, quartier Nobel à Kourou. La mère de la victime, qui a fait le déplacement depuis le Pérou, révèle que sa fille lui avait présenté dans ses courriers Alex « comme un frère » , mais elle lui avait aussi déclaré qu'une fois, il lui avait manqué de respect.
« Je l'aimais! » affirme-t-il, mais les proches ne sont pas persuadés que cet amour était réciproque. Dans son réquisitoire, l'avocat général souligne cette ambiguïté, refusant la notion de crime passionnel, « un concept sexiste qui veut justifier la violence illégitime faite aux femmes » . L'avocat général reprend le déroulement des faits jusqu'à la découverte du corps carbonisé dans le frigo abandonné canal Leroy. Dans les quatre versions que l'accusé donne, « la volonté homicide est réelle » , tout comme celle de faire disparaître le corps. Pour « cette vie enlevée dans des circonstances sordides » il requiert une peine « qui ne serait être inférieur à vingt ans de réclusion » , et une interdiction définitive du territoire.
« Dans ce dossier, il n'y a rien, que les déclarations faites par l'accusé lui-même » , reprend Me François Mélin, qui assure la défense. Ce dernier jette le doute sur les témoignages « faits par des clandestins qui redoutent d'être expulsé » . Il souligne « le traumatisme » de son client, « incapable de donner l'enchaînement des faits » . Pour l'avocat, « il y avait une amitié amoureuse » , aussi, il estime que « l'amour est le moteur du crime » , même si cet amour n'était pas partagé.
Après délibérations, Alexander Martin Zarate est condamné à vingt ans de réclusion criminelle pour meurtre, et à une interdiction définitive du territoire.
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08 février 2012