Une mineure de moins de 16 ans placée en psychiatrie adulte
T. F.
France-Guyane
27.01.2012
Une mineure de moins de 16 ans a été hospitalisée vendredi en psychiatrie adulte, à Cayenne (photo d'archives)
Une mineure de moins de 16 ans est hébergée depuis vendredi dans le service de psychiatrie adulte de l'hôpital de Cayenne suite à une ordonnance de placement du juge des enfants.
Le 5 novembre, une adolescente âgée de 16 ans s'est pendue dans le service psychiatrie de l'hôpital Andrée Rosemon. Un drame qui a entraîné la création d'un protocole d'hospitalisation des mineurs au sein du service Comou Wassaï. Celui-ci implique notamment que le placement des mineurs de moins de 16 ans doit se faire en pédiatrie, quel que soit leur pathologie comportementale ou psychiatrique. Pourtant, vendredi, le juge des enfants a délivré une ordonnance de placement provisoire (OPP) pour une mineure de moins de 16 ans en psychiatrie adulte. L'adolescente présenterait un « désir suicidaire » . « Il s'agit d'un placement provisoire tout à fait légal, commente le directeur de l'établissement de santé, Pierre Pauchard. Conformément à l'ordonnance du juge, le placement a été effectué au sein du pôle psychiatrie adulte. » Une décision qui va toutefois à l'encontre du protocole mis en place après le suicide survenu le 5 novembre dans le service. « Le placement en pédiatrie plutôt qu'en psychiatrie adulte dépend d'un avis médical extérieur vis-à- vis duquel le juge prend sa décision » , explique Pierre Pauchard. Un avis médical et une décision de justice contre lesquels, selon le directeur, l'hôpital ne peut s'élever. Un placement contraint, par conséquent. L'accueil de l'adolescente nécessite une prise en charge scrupuleuse. La jeune fille fait l'objet d'une surveillance permanente par deux infirmiers. Une mesure destinée à la fois à protéger l'enfant contre elle-même et contre les autres patients. Un encadrement exceptionnel qui soulève évidemment la question de l'absence de structure adaptée. Fin 2011, le ministère de la Santé a débloqué une enveloppe de 1,4 million d'euros pour financer les travaux d'une nouvelle unité d'accueil et de soins psychiatriques pour les mineurs de moins de 16 ans. Elle doit être opérationnelle « fin 2013 » , selon Pierre Pauchard, qui précise que des installations temporaires doivent voir le jour à la fin de l'année. Néanmoins, pour l'heure, les travaux n'ont pas encore débuté.