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Un nouveau chef pour le service des urgences

Guillaume REUGE Samedi 11 août 2018
Un nouveau chef pour le service des urgences
Le Dr Jean-Marc Pujo prendra ses fonctions de chef de service des urgences de Cayenne en septembre (capture d'écran)

Jean-Marc Pujo sera, en septembre, le nouveau chef des urgences de Cayenne, un an après le départ de Gérald Egman. Il arrive avec une dizaine de médecins, répondant ainsi à la principale revendication des urgentistes démissionnaires. L'accord de sortie de crise du service doit être paraphé la semaine prochaine.

C'était la principale revendication des urgentistes démissionnaires : retrouver un effectif de 40 à 45 médecins, contre 27 aujourd'hui, pour être en capacité d'accomplir la tâche qu'ils doivent effectuer. Avec l'arrivée de Jean-Marc Pujo à la tête des urgences (lire encadré), une dizaine de médecins « confirmés » va rejoindre le service, en septembre et octobre. « Je les ai choisis en fonction des besoins des urgences de Cayenne et pour leur flexibilité, nous précise Jean-Marc Pujo depuis l'Indonésie, où il termine un contrat pour un groupe singapourien avant de rejoindre la Guyane. Je suis en contact avec l'Agence régionale de santé depuis mai, j'ai suivi la crise des urgences. » « Il vient avec des renforts, non seulement de praticiens expérimentés qui vont compléter des effectifs assez jeunes en ce moment, mais aussi avec un apport de compétences dans des domaines qui nous posent problème, comme en néonatalogie, par exemple » , confirme Arthur Deroure-Corte, médecin urgentiste en charge des plannings, qui s'est entretenu hier par Skype avec le Dr Pujo. Un spécialiste réanimateur va aussi rejoindre les urgences d'ici peu.
CINQ OU SIX INTERNES INCORPORÉS
Seul petit bémol, un certain nombre de médecins de l'équipe de Jean-Marc Pujo sont étrangers et il leur reste des formalités administratives à régler qui, pour l'instant, bloquent au niveau de la préfecture. « Mais nous sommes conscients que la sortie de crise prend forme, les impressions sont bonnes » , ajoute le Dr Deroure-Corte. En plus de la dizaine de médecins qui arrivent avec Jean-Marc Pujo, cinq ou six internes Antilles-Guyane vont être agrégés aux urgences de Cayenne, entre novembre et janvier. « Ce sont de jeunes médecins que l'on connaît et qui finissent leur spécialisation d'urgentistes après un an de stage dans le service. Avec toutes ces arrivées, nous pourrons peut-être retrouver des horaires de travail normaux » , sourit Arthur Deroure-Corte.
L'ACCORD DE SORTIE DE CRISE IMMINENT
En répondant à la principale revendication des urgentistes, la direction de l'hôpital et l'Agence régionale de santé sont en passe de sortir les urgences de la crise, secouées en mai par la démission collective de presque l'ensemble du service. « On a tous envie que les choses se passent mieux, lance Arthur Deroure-Corte : On arrive vraiment sur un accord de sortie de crise. L'accord (qui doit être signé la semaine prochaine, ndlr) reprend tous les points de la feuille de route que nous avions diffusée au moment de nos démissions. Nous atteignons nos objectifs. » Une satisfaction que partage Pierre Chesneau, également médecin urgentiste. « Les échéances à court terme pour améliorer le plateau technique seront satisfaites. Il ne reste plus que le texte définitif à signer. Je trouve juste dommage qu'il ait fallu un tel mouvement pour que la situation se débloque et il reste d'autres problématiques à régler, comme l'aval des urgences, l'hospitalisation, l'équipement des centres de santé de Maripasoula et Saint-Georges... »
Il était temps pour la direction de trouver un terrain d'entente : les contrats de onze démissionnaires sur dix-sept, qui avaient été prolongés de deux mois le 4 juillet, se terminent le 30 août. L'accord devrait accoucher d'une feuille de route que le nouveau chef de service devra appliquer. Une feuille de route claire en terme de réalisations et d'échéances à respecter, qui facilitera la prise de fonction de Jean-Marc Pujo. Lui-même souhaite « stabiliser les effectifs, réorganiser un peu les choses au service des urgences et revoir les évacuations sanitaires » .
Chronologie de la crise des urgences
- Octobre 2017 : Gérald Egman, le chef de services des urgences, fusionnées avec le Samu en 2009, démissionne.
- Le 4 mai 2018, en sous-effectif, dix-sept médecins urgentistes sur les 25 du service, présentent leur démission collective avec un préavis de deux mois.
- Le 4 juillet, treize urgentistes démissionnaires voient leur contrat prolongé de deux mois.
- Fin août, un nouveau chef de service des urgences est nommé. L'accord de sortie de crise est en passe d'être signé.
Qui est Jean-Marc Pujo ?
Sur son CV, Jean-Marc Pujo se présente comme manager de la santé au niveau international. Médecin militaire entre 1983 et 2004, il a été longtemps chef de service et de pôle aux urgences de Tarbes (Hautes-Pyrénées). Il a ensuite occupé des fonctions administratives dans la santé puis travaillé dans le privé. Il a une expérience ultramarine, en Polynésie, et des situations de crise pour avoir été trois ans durant coordinateur en Guinée pendant la pandémie Ebola. Il travaille actuellement en Indonésie pour le groupe de cliniques singapouriennes Fullerton Health.
VERBATIM
- Pourquoi avoir recruté Jean-Marc Pujo ?
« Depuis la fusion du Samu et des urgences en 2009-2010, le fonctionnement du service est compliqué. Depuis un an et la démission en octobre de Gérald Egman, il est sans chef. Un chef de pôle a bien été désigné, mais pas un pour le service. Le recrutement n'a pas été chose aisée du fait de la mauvaise image médiatique de l'établissement mais nous avions besoin d'un chef et d'une nouvelle vision. En plus d'être manager, Jean-Marc Pujo est aussi un praticien chevronné. Il a d'ailleurs signé un contrat où il sera à 50% dans le managment et à 50% en clinique, à faire des soins. Jean-Marc Pujo arrive avec une petite équipe qui n'est pas là pour se substituer à l'existante. Il a insisté sur la conservation des médecins déjà en place et de toute façon, avec l'actuel Copermo (comité interministériel de performance et de la modernisation de l'offre de soins, ndlr) qui porte l'effectif à 40 postes, nous avons besoin de tout le monde. Actuellement, il y a 27 médecins au service des urgences. »
Entretien réalisé avec la direction du centre hospitalier Andrée-Rosemon (Char)
Le Dr Jean-Marc Pujo est embauché avec un contrat de praticien-clinicien d'échelon 13, le plus élevé dans la santé publique. Son salaire est plafonné à 7 500,82 euros par la grille indiciaire du grade de praticien hospitalier à temps plein. Il faut ensuite ajouter les 40% et une prime de résultat en fonction des objectifs fixés par la feuille de route du service. Cette prime est variable et peut aller jusqu'à 60% du salaire.

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1 commentaire

Vos commentaires

joko973 11.08.2018

Avec un ancien militaire, s'il n'a pas perdu le sens des valeurs, on ne peut qu'espérer que ça tourne correctement. A méditer pour la direction de l’hôpital, histoire de mettre au travail les planqués...

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