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Susciter la curiosité que tout le monde a naturellement

Stéphanie BOUILLAGUET France-Guyane 03.09.2010

Le 5e numéro d'Une Saison en Guyane est disponible depuis le 25 août en Guyane et en France hexagonale

Une Saison en Guyane, le magazine lancé il y a deux ans par Pierre-Olivier Jay, a trouvé son rythme de croisière. Le rédacteur en chef aimerait réussir désormais à toucher plus de monde.

En bonus, la version « Collector » du magazine offre un CD réunissant une quinzaine d'artistes locauxEn bonus, la version « Collector » du magazine offre un CD réunissant une quinzaine d'artistes locaux
L'idée que vous vous faisiez d'Une de sa création il y a deux ans, correspond-elle à ce qu'il est devenu aujourd'hui ?
L'idée était probablement moins bien que ce qu'il est aujourd'hui. Il a pu devenir comme ça parce qu'au final, j'ai pu convaincre plus de gens que je ne le pensais. J'arrive à le faire avec moins de pubs que ce que j'imaginais au départ, c'est plutôt un bien. Au niveau du fond, il est toujours très hétérogène. Lors de la fondation du magazine, ce qui m'intéressait, c'était de parler des recherches scientifiques dans le domaine de l'écologie, de la culture... C'est pourquoi nous travaillons beaucoup avec les associations. Je voulais aussi montrer de belles images de la région.
Justement, une des caractéristiques de votre magazine est qu'il est « beau » . C'était votre ambition dès le départ ?
J'avais envie de laisser une grande place aux photos, comme beaucoup de revues telles que National Geographic ou Terres Sauvages. Je voulais trouver les plus belles photos, faire le truc le plus beau possible. On a aussi un papier de qualité. Le but, c'est de séduire le maximum de gens en Guyane et ailleurs. Les gens n'achètent pas forcément, au premier abord, des magazines qui parlent de l'écologie et de la nature. Il faut pouvoir les convaincre, et donc leur apporter un produit de qualité.
plutôt branché environnement, histoire, culture de la Guyane au sens large. Ainsi, vous proposez des escapades dans les pays voisins...
Ce qui m'intéresse, c'est l'entité géographique des Guyanes, la région qui va du Venezuela à l'Amapá. « Une Saison en Guyane » , ce n'est pas « Une Saison en Guyane française » , mais dans la région Guyane. Une terre de migrants, qui offre des histoires passionnantes et des lieux emblématiques méconnus, mais merveilleux.
À qui s'adresse le magazine ? Certains estiment qu'il est réservé aux « intellos » .
Je suis très sensible à cette question du lectorat. Non, je n'ai pas envie de m'adresser uniquement aux catégories CSP + + , ce n'est pas mon objectif. Ça voudrait dire qu'il n'y a qu'eux susceptibles de s'intéresser ? Non, je veux être le plus large possible. Je veux essayer d'intéresser le plus de monde possible à certaines problématiques qui me semblent universelles : le patrimoine historique par exemple, c'est l'histoire, les racines des Guyanes. J'aimerais susciter la curiosité des gens sur des sites méconnus. On a plein de trésors en Guyane.
Quels sont les sujets qui vous ont le plus marqué ?
Des endroits m'ont marqué, comme les lieux emblématiques qui me semblent méconnus mais très riches. Les chutes Kaieteurs, par exemple, au Guyana, sont un site magique. Les gens m'ont marqué, aussi. Le fait d'avoir retrouvé la trace des Javanais à Sumatra, c'était génial! Avec Une Saison en Guyane, nous essayons aussi de faire découvrir ce patrimoine, qu'il soit humain ou naturel, à la population guyanaise et ailleurs.
Comment va évoluer le magazine ?
Il existe depuis deux ans. On a trouvé un rythme de croisière. Pourtant, il y a des gens qu'on n'arrive pas à toucher... C'est une grosse difficulté. Que faire pour passer ces barrières ? Ce sont des questions qui reviennent. Mais à côté de ça, on a des lecteurs fidèles qui font qu'on arrive à s'en sortir. Sinon, on travaille à la possibilité de mettre en ligne les archives de nos articles traduits en anglais et portugais. On aimerait aussi professionnaliser l'ensemble, pour que cela se passe de manière plus fluide, avec moins le côté artisanal que l'on a maintenant.
Que retrouverons-nous dans le prochain numéro ?
Il sortira fin janvier-début février. Il y aura un dossier sur le Venezuela et un autre sur la pêche, entre autres.
- Portrait : Un rédac'chef en herbe touche à tout
RIEN NE PRÉDESTINAIT PIERRE-OLIVIER JAY à devenir, un jour, rédacteur en chef d'un magazine consacré à la Guyane. Après des études de gestion et un détour dans la recherche informatique, il est embauché comme VCAT à l'ONF en Guyane : « Pour la première fois de ma vie, j'aimais vraiment ce que je faisais. » Il se lance dans l'édition, notamment avec le Guide de reconnaissance des arbres de Guyane et des livrets pédagogiques. Parallèlement, il fait de la photo. Son contrat achevé, il décide de tenter de créer son entreprise, lancer un magazine. Il remporte le Défi Jeunes, qui lui permet de sortir le premier numéro d'Une Saison en Guyane en 2008.
Le métier de journaliste, il l'apprend donc sur le tas, « et j'apprends tous les jours » . Il réalise lui-même la maquette du magazine, fait des photos, écrit des articles, et bien sûr, gère la ligne éditoriale. « C'est ce côté journalistique qui est le plus intéressant professionnellement, mais c'est là que j'ai le plus à apprendre » , dit-il. « Il a un esprit bouillonnant, touche à tout, raconte Gwenaël, l'un de ses collaborateurs de la première heure. « Poj » sait ce qu'il veut, il ne lâche pas le morceau... Il a un côté assez autoritaire en fait! » Une autre de ses collaboratrices le voit comme quelqu'un de « réfléchi » , « qui ne part pas bille en tête sur des sujets, mais reste très ouvert » . Selon elle, le magazine « transpire ce qu'il est : concerné et impliqué dans la défense de l'environnement » .
- BIO EXPRESS
- 1977 : Naissance dans la Loire
- 2000 : Maîtrise en Systèmes d'Information à l'université Lyon 3
- 2001 : 3e cycle DEA Informatique et Images à l'INSA Lyon
- 2004 : Volontaire civil à l'aide technique (VCAT) à l'Office national des forêts de Guyane
- 2007 : Création à Cayenne de l'entreprise d'édition Atelier Aymara
- 2008 : Sortie du premier numéro d'Une saison en Guyane
- Une place pour l'alternative
La version « Collector » de ce numéro propose le CD « Alternative Guyane » , qui réunit quinze artistes guyanais, de Chris Combette à Prince Koloni en passant par des groupes moins connus, comme Les Ferrailleurs (jazz manouche) ou Marcel Grabuge (rock). « Ça donne une ensemble très éclectique, avec tous les types de musique un peu alternative de Guyane » , dit Pierre-Olivier Jay. « Alternative Guyane » a été réalisé par l'association Portnawak Produktion.
Retrouvez aussi un article sur ce CD dans votre TV Magazine du 11 septembre.
Une Saison en Guyane avait déjà offert un CD « Maroni Sranan Reggae » dans son numéro 4, qui accordait une large place au Suriname. « J'adore le reggae du Maroni car il sonne de manière unique, il a une personnalité forte, continue Pierre-Olivier Jay, mais on a du mal à le trouver sur le littoral. Ça a bien marché. »
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Vos commentaires

boubs97303.09.2010  recommander (0)

toutes les infos sur le site : http://www.atelier-aymara.net/


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chou03.09.2010  recommander (0)

une saison en guyane

Où peut-on trouver ce magazine en France hexagonale ?
Site internet ou mail? prix?
Merci pour réponse


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04 février 2012