En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies, cliquez ici. X Fermer
  • Actualité
  • - Éducation / Santé / Environnement
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • Partager cet article sur Google +

Repérer les enfants dyslexiques

Propos recueillis par Stéphanie BOUILLAGUET Mercredi 09 octobre 2013
Repérer les enfants dyslexiques
Joëlle Jean-Baptiste-Simonne et Shellbe Garret ont créé Dys Guyane il y a un an. L'association accompagne une centaine de familles (SB)

Shellbe Garret, présidente de l'association Dys Guyane et mère d'une fille dyslexique, raconte comment la scolarité des enfants souffrant de troubles de l'apprentissage peut devenir un calvaire s'ils ne sont pas repérés.

Des conférences sont organisées en Guyane dans le cadre de la Semaine des dys, notamment à destination des enseignants. Pourquoi est-ce important de les sensibiliser ?
Malheureusement, les enseignants, trop souvent, ne sont pas formés à repérer ces troubles. À première vue, on dira d'un enfant dyslexique qu'il est fainéant, qu'il ne fait aucun effort, qu'il est trop lent. C'était le cas pour ma fille. À la fin du CP, elle ne savait pas lire, elle déchiffrait seulement quelques lettres. Elle a fait un deuxième CP, mais ça ne s'arrangeait pas. En tant que maman, je prenais ça pour un manque de volonté. Tous les soirs, tous les week-ends, je la faisais travailler. Je la grondais, je lui donnais même des claques... mais ça ne changeait rien. Finalement, par ignorance, j'ai été maltraitante : il ne fallait pas travailler comme ça avec elle. Les enseignants et chefs d'établissement doivent être plus sensibilisés pour aider les enfants et orienter les parents.
Comment avez-vous découvert que votre fille était dyslexique ?
C'est une pharmacienne qui m'a un jour parlé de la dyslexie. J'ai fait des recherches sur internet et je suis allée voir un orthophoniste. Au début, il a décelé un trouble du langage chez ma fille. Puis, au bout de deux ans, il m'a confirmé qu'elle était dyslexique-dysorthographique.
Comment ces enfants vivent leur scolarité ?
Ils sont dans la souffrance : ils subissent des moqueries de leurs camarades, ils ne comprennent pas pourquoi ils n'y arrivent pas. Ma fille était découragée, elle ne voulait plus travailler. À la fin du CM1, elle a été prise en charge par le CMPP (1), qui lui a permis de reprendre confiance en elle.
Comment faire pour que l'enfant ne se sente pas exclu en classe ?
Une fois que le trouble de l'apprentissage est repéré, il faut informer le médecin scolaire, le psychologue scolaire et le chef d'établissement. Il faut également constituer un dossier à la MDPH (2) pour que l'enfant soit totalement pris en charge. L'école doit proposer un projet d'accompagnement individualisé. Par exemple, un professeur ne demandera pas à l'enfant dyslexique de lire à voix haute en classe. On pourra aussi peut-être lui permettre de bénéficier d'une auxiliaire de vie scolaire. Aujourd'hui, certaines équipes éducatives sont fermées à ces enfants. Leurs parents doivent les changer d'école.
On ne peut pas guérir de la dyslexie...
On naît dyslexique, on reste dyslexique. Mais quand ce trouble est repéré tôt, avec une prise en charge efficace, l'enfant acquiert des outils pour contourner les difficultés. La dyslexie ne détermine pas l'enfant. Ça ne l'empêche pas d'avoir un parcours brillant. Einstein, par exemple, était dyslexique.
Contact Dys Guyane : 06 94 41 61 47, dysguyane.fr.
(1) Centre médico-psycho-pédagogique.
(2) Maison départementale des personnes handicapées.
REPÈRES
Au programme
Journée portes ouvertes aujourd'hui, de 9 heures à 19 heures, au DSU de Rémire-Montjoly, place Zignias (Âmes-Claires). Conférence ouverte au public demain, de 15 heures à 18 heures, en mairie de Saint-Laurent.
Manque de professionnels
La Guyane connaît un déficit de professionnels dans le secteur médico-social. On manque d'orthophonistes, de psychomotriciens, d'ergothérapeutes... « Il faut attendre en moyenne un an pour avoir un bilan avec un or thophoniste, deux ans pour commencer la prise en charge » , précise Shellbe Garret.
Un élève par classe
On estime qu'entre 6 et 8% de la population en France sont touchés par ces troubles spécifiques du langage et des apprentissages. Cela représente, en moyenne, un élève par classe.
Les troubles en « dys »
Dyslexie : trouble de l'apprentissage de la lecture. Dysor thographie : trouble de l'apprentissage des règles or thographiques. Dyscalculie : trouble de l'apprentissage des calculs et mathématiques. Dysphasie : trouble lié à la communication verbale... Ces troubles n'ont aucun lien avec l'intelligence tout à fait « normale » des personnes qui en souffrent.

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire