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« Nos enfants n'ont pas vocation à rester à la maison »

Propos recueillis par Déborah NEUSY Mardi 06 février 2018
« Nos enfants n'ont pas vocation à rester à la maison »
Le député Gabriel Serville s'est rendu hier matin au collège Auxence Contout pour manifester son soutien aux parents d'élèves et aux personnels (DN)

Une centaine de personnes bloquait l'entrée du collège Auxence-Contout de Cayenne, hier matin. Vers 6h30, des parents d'élèves ont cadenassé les grilles pour marquer leur détermination aux côtés des personnels en grève. Le recteur a voulu rencontrer les manifestants dans la matinée, mais ceux-ci ont estimé que ses propositions traduisent « une volonté de diviser pour mieux régner » .

Les grilles du collège Auxence-Contout étaient cadenassées hier matin. En cause, le mécontentement de parents d'élèves regroupés en association, par rapport au climat d'insécurité dans et autour de l'établissement. Ils ont donc rejoint les enseignants et les surveillants en grève à 6h30 et ont pris l'initiative de poser les cadenas, afin d'empêcher tout accès. « Mon fils était à la Canopée avant et quand il est arrivée ici, il était effondré de voir tant de violence » , déclare une mère d'élève, consternée. Angoissés, nombre de parents le sont pour leurs enfants, avec la peur au ventre de ne pas les voir rentrer sains et saufs après les cours. Ils se disent prêts à revenir demain et les autres jours s'il le faut, mais estiment que la solution n'est pas là, leurs enfants « n'ont pas vocation à rester à la maison » .
CONTOUT RESTE SOLIDAIRE
« Il essaie de nous diviser pour mieux régner » , s'inquiétaient hier matin des personnels du collège Contout suite à la proposition du recteur de les recevoir. Une délégation de parents et de personnels a toutefois rencontré Alain Ayong Le Kama, avant de se réunir en assemblée générale avec le reste des manifestants pour convenir d'une attitude à adopter. Selon la délégation, le recteur aurait mentionné l'ajout de postes supplémentaires de contrats uniques d'insertion (CUI), mais aucune promesse écrite n'est apparue. Du côté du rectorat, les propositions d'Alain Ayong Le Kama communiquées semblent précises, avec l'annonce de deux AED (assistant d'éducation) et onze CUI supplémentaires. Si certains contestataires commencent à craindre un retour de bâton parce qu'ils poursuivent le mouvement, la majeure partie ne veut pas se désolidariser des autres établissements, également dans le besoin. Hier après-midi, parents d'élèves et personnels se sont réunis en assemblée générale et ont voté à 98% pour la reconduite du mouvement. Ils marcheront aujourd'hui à 9 heures, aux côtés de tous les manifestants, en partant du parking du collège Contout vers le rectorat à Cayenne. A Kourou, un rassemblement est prévu à 9 heures devant la mairie et à Saint- Laurent, les manifestants se retrouveront à 8h30 devant le collège I, Tell Eboué pour rejoindre l'antenne du rectorat.
Serville suggère un « tsunami » pour la Guyane
« Les problèmes que vous rencontrez aujourd'hui ne sont pas nouveaux mais récurrents et il n'est pas normal qu'après vingt-sept ans, on soit toujours confronté aux mêmes problématiques, sans pour autant qu'on ait le sentiment qu'elles puissent être réglées » , a déclaré Gabriel Serville hier matin, lors de sa rencontre avec les personnels et parents d'élèves devant le collège Auxence-Contout. En tant qu'ancien enseignant, principal et proviseur, le député a voulu leur montrer sa solidarité. Selon lui, il faut une mise à disposition de la dotation exceptionnelle, mais sur le terrain : « Il va falloir que nous nous organisions pour porter un vaste projet du genre tsunami qui va balayer tout le territoire de la Guyane, un projet d'éducation à la responsabilité, au respect et à la tolérance et un projet d'éducation à la restauration de l'autorité » , a-t-il ajouté. Il a aussi annoncé qu'il envisageait d'interpeller le ministre de l'Education nationale lors de la séance hebdomadaire à l'Assemblée générale ce mercredi.
Des soutiens de toutes parts
Outre l'appel à l'aide envoyé la semaine passée par les sénateurs Antoine Karam, Georges Patient et le député Gabriel Serville, des partis politiques et des personnalités se rallient jour après jour au mouvement qui touche toute l'académie de Guyane. Ainsi, le Parti progressiste guyanais, Guyane insoumise, le Parti socialiste guyanais apportent leur soutien aux grévistes, mais aussi l'association des parents d'élèves de l'enseignement public (Peep). Le président de la Collectivité a également écrit au ministre de l'Éducation nationale afin de lui demander un plan exceptionnel de protection pour les enfants du territoire.
ILS ONT DIT
Les parents d'élèves à Auxence-Contout se sentent concernés
Linda Norbert,mère d'un élève de 6e : « On est forcément concerné »
« Je savais qu'il y avait de l'insécurité aux abords du collège, mon fils de 11 ans s'est déjà fait agressé deux fois depuis le début de l'année scolaire. Mais il ne me raconte pas trop, les jeunes se confient plus aux professeurs. Il y a déjà eu 197 agressions dans le collège depuis septembre et de dix-neuf auparavant, il n'y a plus de onze surveillants. En tant que parent, on est forcément concerné » .

Yésély Basilio,mère d'une fille en 3e « Elle se faisait insulter »
« Ma fille de 14 ans remarquait déjà des agressions l'année passée. Elle se faisait agressée verbalement sur son physique. J'ai parlé avec des professeurs et d'autres parents et j'ai décidé de faire quelque chose, c'est important pour nos enfants. »

Linda Jean-Baptsite,maman d'un élève de 6e : « Un âge difficile »
« J'ai sept enfants, dont deux qui étaient au collège il y a dix ans. Le collège est une période tremplin. Les enfants veulent se défaire de leur éducation et de leurs repères parentaux en s'identifiant à d'autres jeunes. Mon fils de 12 ans a un très bon niveau scolaire, mais je crains qu'il ne se mette à moins travailler pour être comme les autres. Je sais que c'est maintenant que je dois faire attention » .
À l'école ou dans la rue, la violence est partout
Roberto Ringuet,Rémire-Montjoly : « Les enfants banalisent la violence »
« J'ai entendu parlé du mouvement de grèves, à Contout notamment. Ce matin, j'ai attendu avec mes enfants devant leur collège Auguste-Dédé car il y a eu un débrayage de la vie scolaire pendant une heure, puis les cours ont repris. Les enfants savent qu'il y a de la violence, mais ils n'osent pas nous en parler. Mon fils s'est déjà fait agressé et il n'a pas voulu dénoncer les gars par peur de représailles. La violence est banalisée dans la culture actuelle.

Frédéric Chemin,Martiniquais de passage en Guyane « Mon neveu a été poignardé »
« Je ne suis pas sûr qu'il y ait plus de violence aujourd'hui, mais elle est plus véhiculée avec les réseaux sociaux. En Martinique, les problèmes sont pareils, mon neveu a été tué, poignardé par un jeune devant son lycée, pour des histoires stupides de jalousie.

Rabinbra Persaud,de Montsinéry : « Adapter l'éducation »
« Avec mon boulot dans la climatisation, je fréquente souvent les établissements scolaires et je suis souvent témoin de violences verbales entre les jeunes mais aussi envers les adultes. Il y a un manque de respect et d'encadrement. Je pense qu'il faut revoir le système scolaire, notamment pendant les heures de pause. Nous, à leur âge, nous étions plus sur veillés. On devrait adapter l'éducation à la Guyane et faire participer les chefs d'entreprises, pout expliquer aux jeunes les besoins et leur donner confiance pour la suite. »

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1 commentaire

Vos commentaires

skol973 06.02.2018

Que le rectorat arrête d'inscrire des adultes 20 à 24 ans en classes de 3ème dans les collèges et le problème sera réglé.

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