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SAMEDI

« La violence, c'est un peu de notre faute »

Marie GUITTON Samedi 10 février 2018
« La violence, c'est un peu de notre faute »
Hier, ce sont des élèves de 6e, 4e et 3e au collège Justin-Catayée, à Cayenne, qui nous ont livré leur vision de l'actualité (MG)

Pour les collégiens de Justin-Catayée, à Cayenne, c'est la mobilisation des professeurs contre la violence qui a fait l'actualité cette semaine. Ils tirent leur part de responsabilité, mais regrettent aussi que le mouvement social de 2017 n'ait rien amélioré en Guyane, voire libéré une parole malsaine.

LA SEMAINE VUE PAR LES JEUNES. Ils l'ont suivie à la télévision, sur internet, ou dans le journal France-Guyane... Cette semaine, c'est la mobilisation des personnels de l'Éducation qui a le plus marqué les collégiens de Justin-Catayée. « Ce que j'ai retenu, c'est la grève à Auxence-Contout, parce qu'ils ont dit que les élèves étaient en danger, raconte une élève de 6e. C'est vrai parce qu'à midi, dans notre établissement aussi, il y a toujours des bagarres. » Les jeunes ont bien entendu les plaintes de leurs professeurs concernant leurs conditions de travail et le manque d'effectifs d'encadrement. « La violence, c'est un peu de notre faute à nous, estiment-ils. Il y a trop de harcèlement, de vols... Mais c'est aussi un peu à cause des profs qui ne veulent pas comprendre la situation des élèves. » (lire ci-dessous).
Quant aux résultats incertains de cette grève, ils font parfois le rapprochement avec la grande mobilisation de mars et avril dernier. « Ça nous a bloqués. Ça a gâché un peu notre scolarité, et on a eu tous les contrôles d'un coup avec la fin des cours, rappellent-ils. Et au final, il n'y a pas vraiment eu de suite, on n'a pas vu de changement pour la population de Guyane, il y a toujours autant de trous sur les routes, de bâtiments dégradés, etc. » , observent plusieurs d'entre eux. « C'est même pire qu'avant, juge une autre. Il y a encore plus de bagarres dans mon quartier. »
Certains collègiens regrettent aussi une certaine libération de la parole depuis un an. « Maintenant à Cayenne, beaucoup d'élèves tiennent des propos racistes. »
Un tout autre sujet a ensuite capté l'attention des élèves : notre article sur la cigarette électronique. Si plusieurs collégiens avouent avoir déjà essayé de fumer, et surtout de vapoter, la cigarette n'a pour autant pas bonne presse à leurs yeux. « C'est pas bon pour la santé, il y a des cancers, des intoxications, même quand on ne fume pas mais qu'on respire la fumée des autres. Et si on commence avec l'électronique, ensuite on peut être tenté de prendre la normale. Des fois quand on commence, on ne s'arrête plus... » , soufflent-ils. « On nous a toujours dit que la cigarette électronique, c'était mieux que la cigarette normale, et que ça ne faisait rien du tout. Mais un article de France-Guyane montre que ce n'est peut-être pas si bon que ça. Ça peut être une solution pour arrêter de fumer, réduire sa dépendance. Mais la meilleure solution, c'est de ne pas fumer du tout » , retiennent-ils.
Ce qui les a marqués
Aleandro Brito-Paula, 12 ans, en 6e : « Les élèves continuent à faire leurs bêtises »
(mG)
« Les profs, ça n'a servi à rien qu'ils fassent la grève, parce que les élèves continuent de faire leurs bêtises. Ils continuent à harceler les gens, frapper les 6e et voler... »
Dinnchanella Telusma, 11 ans, en 6e : « Aujourd'hui, il n'y a pas moins de violence »
(mG)
« L'an passé, il y a des gens qui ont tout arrêté, tout bloqué pour faire une grève qui n'a rien changé. J'étais bloquée chez moi à Matour y, je ne pouvais rien faire, il n'y avait plus école... Et aujourd'hui, il n'y a pas moins de violence qu'avant. »
Aliska Brown, 13 ans, en 4e : « On a l'impression que la France s'en fiche »
(mG)
« La grève de l'année dernière, qui a duré pendant un mois et demi, ça n'a vraiment pas arrangé la situation de la Guyane. On a l'impression des fois que la France s'en fiche. Il y a toujours des manifestations presque toutes les semaines. Et puis maintenant, beaucoup d'élèves tiennent des propos racistes sur les autres élèves. »
Jécolia Toussaint, 13 ans, en 6e : « La violence, c'est un peu de notre faute »
(mG)
« La grève des professeurs, ça va peut-être servir à quelque chose, peut-être que les jeunes arrêteront d'agresser les surveillants, mais on ne sait pas encore. La violence, c'est un peu de notre faute, et aussi un peu à cause des profs qui ne veulent pas comprendre la situation des élèves. »
Kévin Edward, 14 ans, en 3e : « Parfois, les profs ne comprennent pas »
(mG)
« Je trouve que les professeurs ont raison de manifester pour dénoncer l'attitude des élèves, il faut dénoncer ce qui ne va pas. Mais il faut aussi que tout le monde essaie de se comprendre. Parce que souvent, les élèves qui réagissent de cette façon, c'est à cause de leur cadre de vie. Et parfois, les profs ne comprennent pas. Ils ne comprennent pas que certains ne peuvent pas aller sur internet, ou qu'ils ont des difficultés à se déplacer... Des fois, quand il y a du harcèlement, c'est aussi parce que la personne harcelée a des choses que le harceleur n'a pas et aimerait avoir. »
Sleyds Salomon, 11 ans, 6e : « Des gens sont sortis de leur pays pour venir souffrir ici »
(mG)
« Il y a un an pendant la grève, des élèves voulaient venir à l'école travailler mais ils n'ont pas eu cette chance à cause des blocages. Beaucoup de choses étaient devenues difficiles en Guyane. Ça m'avait touchée. Et maintenant, beaucoup de gens trouvent que ça devient encore plus dur. Avant, la Guyane acceptait toutes les races. Maintenant, quand ils demandent un peu d'argent, une aide pour le logement ou des papiers, on n'accepte plus. Ça veut dire que des gens sont sortis de leur pays où ils souffraient, pour venir souffrir ici... C'est pour ça que je trouve que le résultat de la mobilisation, ce n'est pas bien. »
Propos recueillis par Marie GUITTON
L'agenda du collège Justin Catayée
- Le 9 février, de 14h30 à 17h : Café des parents, sur le thème de la prévention contre le harcèlement
- En février : Mannequin challenge, spécial carnaval
- Le 7 mars, de 8h à 12h : Forum des métiers et des formations
- En fin d'année : Marché du jardin pédagogique
Un journal après les vacances
Un club journal a été relancé au collège Justin-Catayée à la rentrée dernière, après quelques années de suspension. Il réunit aujourd'hui une dizaine d'élèves de la 6e à la 3e. Encadrés par Marie-Noëlle Léandre, professeure de lettres, et Marine Lucas, documentaliste, les jeunes tenteront de publier leur premier journal après les vacances de Carnaval.

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