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La Guyane mise sous cloche : « une caricature »

Propos recueillis par Angélique GROS Vendredi 14 octobre 2016
La Guyane mise sous cloche : « une caricature »
Barbara Pompili, hier à Cayenne (AG)

La semaine guyanaise de Barbara Pompili, secrétaire d'État à la Biodiversité, s'est achevée hier. Bilan de ce séjour.

On vous prête une phrase dans laquelle vous affirmez que pour lutter contre l'orpaillage illégal il faut remplacer les miniers illégaux par des légaux. Sur quoi vous basez-vous ?
On est sur une phrase qui a été sortie d'un contexte. Je ne suis pas la ministre des Mines, mais celle de la Biodiversité. [...] Je suis venue ici pour voir comment la biodiversité pouvait être un facteur de développement économique pour la Guyane. [...] Il faut lutter contre l'orpaillage illégal qui est la première cause d'atteinte à la biodiversité en Guyane. [...] Il y a d'autres pistes à explorer dans cette lutte contre l'orpaillage illégal, comme celle de la coopération transfrontalière qui, aujourd'hui, n'est pas assez développée.
Mais il y a aussi des choses qu'on ne gère pas, comme le cours de l'or. [...] La mine aujourd'hui c'est 500 emplois, alors que la Guyane compte 20 000 chômeurs : donc c'est avec d'autres potentiels et en diversifiant les possibilités d'activité de ce territoire qu'on pourra avancer.
Comment peut-on allier biodiversité et économie ?
On voit bien qu'on a besoin de développer certaines filières et il s'avère que quand on regarde chez nos voisins la question du travail autour de la biodiversité, que ce soit sur des domaines comme le tourisme, mais aussi d'une manière plus générale sur la gestion des espaces, la formation, l'économie qu'on appelle circulaire avec les déchets, le recyclage, ou encore avec la question de l'autonomie énergétique... on a un volant absolument impressionnant de développement économique qui aujourd'hui n'en est qu'au stade embryonnaire [...] 30% de la richesse du Costa Rica est tirée de sa biodiversité et notamment de l'aspect touristique. [...] L'image de la Guyane à l'extérieur et notamment depuis la Métropole est positive. Il faut développer un tourisme de nature, d'aventure et de découverte qui drainera du développement. Évidemment, il faut mettre en place des infrastructures. C'est aussi pour ça que je suis venue, pour me rendre compte des contraintes, des contraintes de distance, de formation.
La CTG s'est attribuée les pleins pouvoirs en matière de biodiversité. Qu'en pensez-vous ?
Ma première réaction ça a été : Ah, très bien! Les élus prennent vraiment à bras le corps la question de la biodiversité, qui est une richesse sur laquelle les Guyanais sont assis et qui, pour l'instant, n'est pas suffisamment exploitée. Qu'ils aient envie de se lancer dans un développement économique divers basé sur la biodiversité, j'en suis ravie ; par contre, on a besoin de tout le monde, de la CTG, des habitants et des élus [...] On a besoin de soutien en terme d'appui technique. Dans la loi sur la biodiversité, on a créé l'Agence française pour la biodiversité, qui sera installée en janvier [...] Il faut une agence régionale pour la biodiversité en Guyane, qui prenne en compte les spécificités de ce territoire et de ses acteurs et qui devienne justement un facilitateur de ces questions-là.
Récemment, l'APPB (1) de la montagne de Kaw a divisé préfecture et CTG. Comment vous positionnez-vous sur le sujet ?
Les résultats de la consultation sont bons, globalement il y a une acceptation. Par contre, il y avait des interrogations concernant le fait que cet arrêté conserve la concession minière qui existe déjà. Mais il ne peut pas empêcher cette concession. En revanche, il dit qu'il n'y en aura pas d'autres [...] Ça n'empêche absolument pas le développement du tourisme du moment qu'il se fait dans le cadre du développement durable et ça ne les empêche pas de continuer à pratiquer leurs activités [...] J'ai recommandé au préfet de procéder à la signature de l'APPB dès que possible, en gardant l'espace de dialogue qu'il a souhaité, à raison, installer avec les acteurs et notamment la CTG.
Hélène Sirder parle d'une Guyane mise sous cloche. Qu'en pensez-vous ?
Cette expression de mise sous cloche est une expression que j'ai beaucoup rencontré quand j'ai discuté avec les habitants et les élus. De loin, on voit la Guyane avec ses espaces extraordinaires et on se dit que les habitants se sont appropriés cet environnement. Mais une partie des habitants que j'ai rencontré considère plutôt cet environnement comme un musée que la France veut conserver sans y associer les populations. Et donc les populations vivent à côté, sans en tirer de bénéfices [...] J'en ai parlé à Hélène Sirder pour qu'on torde le cou à cette caricature qui prévaut encore aujourd'hui. Il y a un travail de dialogue avec les citoyens, les chefs coutumiers et les élus pour renouer ce lien avec la forêt, la mer... afin d'en tirer des bénéfices en terme de développement.
Où en est le rapport chasse ?
Je ne peux pas vous dire exactement où il en est, mais je peux vous dire qu'aujourd'hui on est sur un consensus assez large concernant le fait qu'il faille réglementer d'une manière ou d'une autre la chasse, car si on veut mener un certain nombre de politiques, il faut des interlocuteurs reconnus qui aujourd'hui n'existent pas. [...] La question du permis se pose aussi car aujourd'hui tout ça est dans un flou artistique dont tout le monde considère qu'il faut sortir [...] Il n'y a pas de date fixée mais dans la mesure où on voit que tout le monde est d'accord sur le fait qu'il faille avancer, je pense que ça devrait aller assez vite.
(1) L'arrêté préfectoral de protection de biotope.

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8 commentaires

Vos commentaires

Ubu 14.10.2016

Enfin des propos de bon sens sur l'exploitation minières !
Et oui, n'en déplaise aux écolos-bobos venus 4 ans en "vacances 40%" en Guyane au frais de l'EN, il vaut mieux une exploitation aurifère légale qui respecte les lois plutôt que des garimpeiros sans foi ni loi qui balancent leur mercure dans l'environnement. Et il vaut mieux aussi un salarié d'une entreprise minière qu'une famille au RSA.
Et le plus étonnant, c'est que ces propos ont été tenus par une adhérente EELV, un parti qui n'est pas vraiment le symbole du bon sens...

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A ban kourt... 14.10.2016
l'incohérence par excellence !

Toujours égal à vous-même Ubu, vous répétez la même incohérence distillée par le pouvoir depuis 6 ans : « il vaut mieux une exploitation aurifère légale qui respecte les lois plutôt que des garimpeiros ». Dites moi alors par quel mécanisme cabalistique, une mega-mine à ciel ouvert telle celle de Nordgold, empêcherait 20 000 garimparos de continuer à orpailler dans le pays ! on aurait les deux maux, mon capitaine, la tuberculose et le cancer. La mine industrielle étant le pire car elle laissera un no man’land de résidus miniers sur 3000 ha, 20 m de haut et 400 ans de pollution induite, par lessivage ou infiltration.
Des sacrées propos de bon sens !

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Ubu 14.10.2016

"La mine industrielle étant le pire"... Le bobo dans toute sa splendeur... Et une petite intox sur les 400 ans de pollution pour bien faire. Vous auriez du mettre même 1000 ans, ça aurait encore plus affolé la ménagère.
Justement, l'avantage de l'exploitation industrielle et de ne pas générer de pollution grâce à la cyanuration, et le résidu minier qui vous inquiète s'appelle de... la latérite... Autrement dit, de la terre. Et le lessivage de la terre par l'eau de pluie crée un résidu ultra-dangereux appelé "boue" qui salit le carrelage et fait glisser dans l'escalier. Si jamais vous voyez de la "boue" sous votre chaussure, je vous conseille de quitter dès maintenant la Guyane car votre vie est peut-être jeu. De même que la propreté de votre carrelage.
Et grâce à la surveillance du territoire induite par la mine, les garimperos ne s'installeront ni sur le site minier, ni à proximité. Rien de bien cabalistique me direz-vous. Et oui, juste du bon sens.
Donc au lieu de 2 maux, on obtient 2 avantages : moins de garimpeiros et un développement de l'économie locale.

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Gérard Manvussa 14.10.2016

Si c'était si simpliste...

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A ban kourt... 14.10.2016
Pollution minière industrielle en France... et en Afrique !!!

Quelle brillante analyse Ubu, il n'y a rien à rajouter, tout est dit dans votre post.
j'espère tout de même que vous n'êtes pas ingénieur des Mines à la DEAL... dans le doute, je ne quitte pas la Guyane mais me procure une paire de bottes.

Pour les autres, un lien pour justifier les 400 ans qui peuvent paraître excessifs mais une hypothèse fort probable vu la pluviométrie locale.
Le cas évoqué sur ce lien, nous sommes bien d'accord, concerne une mine qui n'a pas été correctement gérée dès le début, d'où les vertigineuses perspectives ... 10 000 ans de pollution selon le BRGM.
http://www.bastamag.net/A-Salsigne-un-siecle-d-extraction

et là, c'est pas mal non plus
http://webdoc.rfi.fr/pour-suites/enquete-pollution-cachee-cevennes/

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fran973 15.10.2016

Ubu vous dites n'imp. De plus Nordgold a de belles casseroles en terme de pollution minière et vous voulez leur confier notre belle forêt? Ps : laissez les bobos et leur panier en osier tranquille.

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A ban kourt... 14.10.2016
Langue de bois...certifiée « forêts non durables »

Sur l’activité minière légale, Barbara Pompili a dit tout et son contraire, durant son séjour, sans doute trop long et si peu préparé. Dans le Kotidien, lundi, elle promeut l’activité minière : «je veux que les Guyanais puisse retirer une richesse de l’activité aurifère ». Mercredi, elle tweete, sous pression des écologistes : «l’activité minière n’est pas l’avenir de la Guyane » et rappelle que cela représente que 500 emplois . Et puis, jeudi, en conférence de presse de clôture, rechute en déclarant sa confiance pour le métal jaune !
Lu dans Guyaweb « le double langage de Pompili » :
B. Pompili a pourtant bel et bien appuyé le développement de l’activité minière légale à mots choisis. Jeudi, devant la presse elle s’est positionnée en faveur de l’extraction minière légale, car «  quand on regarde les pays voisins, quand on regarde le développement du potentiel économique de la Guyane, on doit chercher quels sont les potentiels qui ne sont pas aujourd’hui développés (…) la mine aujourd’hui c’est 500 emplois, on a 20 000 chômeurs » a exprimé celle qui se présente comme une « grande défenseuse de la biodiversité ».
La secrétaire d’État a défendu les «  industries [sic] qui existent  » et considéré que leur atteinte environnementale était limitée car les orpailleurs « doivent respecter la réglementation française de plus en plus stricte».

çà ne vas pas nous réconcilier avec les séjours élyséens tout ça !

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Gérard Manvussa 14.10.2016

Ce gouvernement est aux fraises et profite surtout de voyages touristiques et gastronomiques aux frais du contribuable. Evidemment, qui plus, quand on ne prépare pas un tel séjour, qui avait plus des airs de promenade, qu'on répète ce que vient de vous dire tel ou tel lobby (le lobby proche de l'or un jour, le lobby écologique le lendemain) on ne peut qu'aboutir à ce type de résultat. C'est assez pathétique et ce n'est pas fait pour redonner confiance au citoyen, plus que jamais désabusé par ses représentants.

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