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La colère monte à Camopi

A. S.-M. Jeudi 15 septembre 2016
La colère monte à Camopi
Les blocages devraient s'accentuer aujourd'hui à Camopi où les habitants envisagent de barrer la gendarmerie et le centre de soins (DR)

Alors qu'une manifestation et une réunion sont prévues aujourd'hui à Cayenne, les parents d'élèves de Camopi exigent que les discussions soient menées dans leur commune.

« Ce qui se passe à Saint-Laurent peut très bien se passer à Camopi! » Parent d'une fillette en maternelle et d'un garçon au collège, Tolozen Chanel ne décolère pas. Comme la majorité des parents d'élèves de Camopi, il est décidé à poursuivre le blocage des écoles et du collège de la commune « tant que nous n'aurons de réponses concrètes et d'engagements signés » .
Pour rappel, les parents de Camopi bloquent les établissements scolaires pour dénoncer le manque d'enseignants, cinq en primaire et cinq autres au collège, principalement en raison du manque de logement. Et « pour obliger le préfet à réagir » , ils ont décidé de bloquer aussi, à partir d'aujourd'hui, le centre de santé, la gendarmerie et les écoles de Trois-Sauts.
2014-2016 : « RIEN N'A CHANGÉ »
Dans ce dossier, les parents d'élèves de Camopi se sentent à la fois « délaissés et trahis » . Trahis car, il y a deux ans, un mouvement similaire s'était conclu sur un protocole de fin de conflit dans lequel douze engagements avaient été pris par l'État et la Région. Or, selon Tolozen Chanel, « rien de ce qui est écrit dans ce protocole n'a été respecté » . Une affirmation confirmée par d'autres habitants. Six points concernaient l'éducation, notamment les logements pour les enseignants. Il était convenu, par exemple, que « le sous-préfet aux communes de l'intérieur recherche(rait) [...] des investisseurs privés pour la construction de logements » . Le point suivant assurait : « L'État accompagne sur l'aspect foncier ?[...] ce projet de construction de logements » . Il était aussi question de collation et de politique de recrutement.
Autant de points que l'on retrouve aujourd'hui parmi les revendications des parents de Camopi.
« QU'ILS VIENNENT À CAMOPI »
Ce matin, le Steg-UTG appelle à une manifestation de soutien devant le rectorat et, dans la journée, une réunion sera organisée en préfecture sur ce dossier. Mais pour les parents d'élèves, c'est loin d'être suffisant. « Ils feront la réunion entre eux, mais où seront les premiers concernés ? » interroge Tolozen Chanel. « Ils ont les moyens de prendre un hélicoptère pour venir à Camopi. Nous exigeons qu'ils viennent sur place. » Ils, ce sont les représentants de l'État (préfet, recteur, directeur de l'ARS...) mais aussi les élus de la CTG car, pour Tolozen Chanel, « ils savent nous dire de voter pour eux, mais après les élections nous n'existons plus » .
Serville interpelle la ministre
Hier, Gabriel Serville a adressé un courrier à la ministre de l'éducation nationale au sujet de la situation à Camopi. Il y évoque « les conditions indignes de la République dans lesquelles sont maintenus les jeunes de cette partie isolée du territoire guyanais » . Le député rappelle que « le problèmes n'est pas nouveau et est connu de tous » et estime que « rien n'a été fait » depuis les blocages de 2014. En réponse, la ministre propose de rencontrer le député « la semaine prochaine » . Gabriel Serville dit aussi avoir « pris l'attache du recteur afin que soit organisée une rencontre avec la communauté éducative directement à Camopi conformément au souhait exprimé par les parents » .
Colère professorale à Michotte
Une partie des enseignants du lycée Michotte, à Cayenne, a cessé le travail pendant une heure hier matin afin d'exprimer son mécontentement vis-à-vis du manque d'effectif. Depuis la rentrée, trois postes restent vacants en lettres, en histoire-géographie et en arts appliqués.
Pourtant, selon les enseignants, le rectorat a été averti depuis juin du départ en congés maternité de deux professeurs.
« L'arrivée d'un prof de français est validée depuis six jours mais il n'a toujours pas été affecté officiellement, peste un enseignant. Il y a un dysfonctionnement au rectorat. Il n'y a même pas à discuter là-dessus... »
L'établissement accueille un peu plus de 800 élèves. « Le français et l'histoire-géo sont des matières importantes en lycée professionnel où des élèves rencontrent des difficultés, insiste un professeur. Ces absences peuvent remettre en cause leur réussite aux examens. »
Si aucun remplaçant n'est nommé rapidement, les enseignants envisagent d'élargir leur mouvement à tout l'établissement.
T.F.
Les professeurs du lycée Jean-Marie Michotte ont débrayé hier (photo d'archives)
ET AUSSI...
Des cantines à l'arrêt
Deux collèges ne sont en plus en mesure d'assurer un service de restauration à leurs élèves. Les collèges Just-Hyasine, de Macouria, et Auxence-Contout (où déjeunent aussi les lycéens de Michotte), à Cayenne.
Dans les deux cas, l'arrêt de la cantine est lié à un manque de personnel. En l'occurrence, les agents de la CTG en contrat unique d'insertion. Des manques qui ne sont pas liés à la grève en cours mais davantage aux réductions de personnel opérées par la CTG, principalement en ne renouvelant pas des contrats.
Pas de cours au collège Agarande
Les grilles du collège Agarande de Kourou restent fermées, depuis ce début de semaine. Les enseignants font valoir leur droit de retrait, en raison de l'état des bâtiments. En effet, depuis le début de l'année, les agents d'entretien sont en grève, dans le cadre du mouvement de la CTG. Les agents de la reprographie et ceux du standard participent également au mouvement. Selon nos informations, le rectorat a demandé à une entreprise de nettoyage d'intervenir sur place. D'ici là, les collégiens ne devraient pas avoir cours.

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