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L'école s'ouvre aux langues autochtones

Gérôme GUITTEAU Jeudi 07 septembre 2017
L'école s'ouvre aux langues autochtones
Liliane Appolinaire devant l'école Yamanalé d'Awala-Yalimapo où elle est devenue, depuis la rentrée, la professeur de la première classe bilingue kali'na/français (GG)

Depuis la rentrée, une classe bilingue en Kali'na et deux classes de CP lecture en wayana ont été créées. Elles rejoignent les classes bilingues créoles. Un changement pédagogique qui rencontre quelques réticences, notamment des parents d'élèves.

« Cela n'aidera pas à avoir son bac. » La sentence provient d'un parent d'Awala-Yalimapo lorsqu'il a appris que sa fille devait intégrer, mardi matin, une classe bilingue kali'na/français.
Si certains parents marquent leur mécontentement, aucun n'a retiré son enfant de la petite section maternelle de l'école Yamanalé, sinon, ils devront prendre la route et se rendre sur Mana. « Je ne comprends pas cette réaction. C'est l'Amérindien qui tue l'Amérindien. Cela ne suffit pas de cuisiner kali'na, il faut parler notre langue, c'est le meilleur moyen pour notre culture d'exister. Et je le dis aux parents, maîtriser notre langue maternelle aide dans la maîtrise des autres langues. C'est prouver par de nombreuses études. Le 100% français est une aberration » , affirme Liliane Appolinaire, la professeur des écoles en charge de cette classe.
La professeur qui se décrit comme une militante de la langue kali'na a rédigé un mémoire de master 2 en sciences de l'éducation sur l'avenir des intervenants en langue maternelle (ILM). Elle compte écrire une thèse sur l'expérience menée dans sa commune. « Pour la mise en place pédagogique, je m'appuie sur des travaux déjà existants dans les classes de breton ou de créole. Je ne vais pas réserver certaines matières au français et d'autres au kali'na. Il s'agira de faire du 50-50 lors de la séquence. Ce qui est certain, c'est que dorénavant je pourrai répondre dans la langue maternelle de l'enfant qui me pose une question. Avant, je ne le pouvais pas et c'était un non-sens » , insiste Liliane Appolinaire.
« JE SUIS TRÈS CONFIANT DANS L'AVENIR
La mise ne place d'une classe bilingue requiert des ressources humaines plutôt rare. S'il est logique de commencer par la petite section, il n'est pas assuré que les autres classes suivent. Seulement quatre professeurs, dont Liliane Appolinaire, ont réussi leur habilitation en classe bilingue mais un vit à Kourou, un autre à Rémire-Montjoly et le dernier dans un village en amont de Maripasoula. « Certains ILM ont vocation à devenir de futurs professeurs des écoles. Nous les inscrivons dans un parcours universitaire. De toutes les façons, pour devenir ILM ou professeur contractuel, dorénavant, il faut un bac + 2. Je suis très confiant dans l'avenir des professeurs locuteurs en langue autochtone » , rassure Daniel François, conseiller pédagogique en langues et cultures régionales, spécialisé en langues amérindiennes au rectorat. « On espère ouvrir d'autres classes. En attendant, nous travaillons sur la création de supports pédagogiques pour l'école primaire. Nous possédons déjà tous les supports scientifiques : la graphie, les chiffres » , énumère Liliane.
Il aura fallu une petite phrase de la ministre de l'éducation Nationale, Najat Valaud-Belkacem, en juin 2016 alors qu'elle était interpellée par la députée Chantal Berthelot pour qu'une demande qui date de 1984 du côté kali'na voie le jour. Depuis vingt ans, tous les pays d'Amérique centrale et du sud à part la Guyane et le Suriname possèdent des classes bilingues. Pourtant les freins politiques et culturels existent encore. La petite section maternelle d'Awala sera passée au crible et plusieurs fois inspectée afin de vérifier les bienfaits de la prise en compte de la langue maternelle dans la scolarité. Un enjeu de taille pour des petites têtes âgées de 3 ans.
Les écoles bilingues
Il existe huit écoles en créole : quatre classes de maternelle, quatre de primaire (une à Kourou, une à Matoury et deux à Cayenne) ; une classe en kalina à Awala-Yalimapo ; deux classes de CP/lecture en Wayana à Antecume Pata et Taluen.
Les classes nengé tango/français devraient être mises en place dans les prochaines années. Les professeurs sont en formation ou viennent de réussir les habilitations de professeur locuteur. « Les ressources humaines arrivent mais les parents d'élèves et les mairies doivent impulser la création de ces classes bilingues mais des réticences existent. Certains jeunes parents, qui ont échoué scolairement, sont persuadés que leur langue maternelle les a handicapés. Les études le montrent : c'est la non prise en compte qui aboutit à l'échec scolaire et aux difficultés d'apprentissage » , remarque Daniel François, conseiller pédagogique en langues et cultures régionales, spécialisé en langues amérindiennes au rectorat.

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