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Éducation : ça sent déjà la grève!

A.S.-M. Lundi 08 septembre 2014
La veille de la rentrée, au collège Contout à Cayenne, le recteur prévenait qu'il ne nierait pas les difficultés. À sa droite, le nouveau Daasen*, Christian Mendivé (photo d'archives)

Moins d'une semaine après la rentrée des classes, un premier préavis de grève vient d'être déposé par le Sgen.

La rentrée a été « bancale » pour le Steg-UTG, carrément « chaotique » pour la FSU. Tous les syndicats sont mécontents, mais c'est le Sgen qui dégaine le premier en déposant un préavis de grève pour jeudi. Le syndicat demande l'annulation de la nomination d'un chargé de mission par l'inspectrice responsable de la vie scolaire. « Elle a nommé un collègue qui arrive cette année » , s'étonne Martine Nivoix, secrétaire générale du Sgen-CDTG. « Il doit gérer des dossiers de vie scolaire mais il n'a jamais eu un élève de Guyane face à lui! »
MERCATO ACADÉMIQUE
Des nominations, il y en a eu quelques-unes au rectorat en cette rentrée. Tous les syndicats évoquent le changement de Daasen*, un des bras droits du recteur. La nomination de Christian Mendivé laisse certains syndicats perplexes car, issu du second degré, il devra en fait surtout gérer le premier. Au Sgen, en revanche, on considère cette nomination comme « plutôt une bonne nouvelle » . « C'est quelqu'un qui vient de Guyane, qui est respecté par les enseignants et qui les respecte » , assure Martine Nivoix. Le recteur, lui, affiche sa totale confiance pour cet ancien prof de français qui a fait de la maîtrise de la langue son cheval de bataille.
D'autres postes clefs ont aussi changé de main, comme celui de DRH. Le Steg-UTG y voit « une administration rectorale qui se cherche » et plusieurs syndicats craignent de gros soucis dans le suivi des dossiers. Au rectorat, en revanche, on positive ce mercato, vu comme un signe du dynamisme des cadres de l'académie.
UN REGROUPEMENT POUR LA VIE SCOLAIRE
Dans son préavis de grève, le Sgen-CDTG invite aussi le recteur à organiser, avant la fin septembre, « un regroupement académique » des CPE, APS (agents de prévention et de sécurité) et EMS (équipes mobiles de sécurité) afin de débattre du pilotage et des dossiers de vie scolaire. Il devrait être beaucoup question de sécurité. C'est une revendication récurrente du syndicat qui déplore des dispositifs qui s'accumulent sans travail en commun. Le recteur a beau évoquer « la meilleure EMS de France » , pour Martine Nivoix, « c'est du pipeau! » Elle fustige l'inefficacité voire l'inactivité d'une EMS, chargée notamment de faire de la prévention, mais dont les membres « ne sont pas formés » .
« UNE SORTE DE TEST »
Pour améliorer le climat scolaire, la solution presque miracle du rectorat, c'est l'éducation prioritaire. Dès cette année, la mise en place de quatre REP + (réseaux d'éducation prioritaire renforcée) sera à suivre de près. Le recteur veut généraliser le dispositif à toute l'académie et il est plutôt suivi là-dessus par les syndicats. Mais est-ce suffisant ? « Ça ne donnera rien s'il n'y a pas une politique académique forte pour le soutenir » , prévient le Sgen, pour qui cette politique académique doit passer par le dialogue avec les organisations syndicales. La réponse à son préavis de grève sera donc un premier indicateur. « Ce n'était pas l'objectif de départ, mais c'est vrai que c'est une sorte de test » , reconnaît Martine Nivoix.
* Daasen : Directeur académique adjoint des services de l'Education nationale.
Trop d'élèves, pas assez d'enseignants
« À l'heure actuelle, on peut dire qu'environ 200 professeurs manquent à l'académie » , estime Bruno Niederkorn, du Steg-UTG. Le chiffre est peut-être exagéré mais les exemples ne manquent pas. Le plus inquiétant est celui de Camopi où on déplore l'absence de sept instituteurs. Selon le Steg, il manquerait aussi de nombreux profs de collège et de lycée sur tout le territoire. Le même syndicat déplore aussi « des centaines d'élèves non affectés » dont plus de 200 lycéens. Au rectorat, on promet : « Aucun élève ne sera laissé de côté » . Une promesse qui implique des classes surchargées et des affectations non choisies par les élèves.
Qui veut construire une école ?
« C'est le dossier le plus compliqué » , reconnaît le recteur au sujet des constructions scolaires. Au passage, il admet que les deux lycées prévus dans les cinq ans ne suffiront pas, « il en faudrait quatre » . Comme il faudrait plus encore de collèges et des ouvertures de classes de primaire chaque année. « On arrive à l'implosion » , s'alarme l'Unsa. Dans ce dossier, les syndicats fustigent à l'unisson le manque d'anticipation des collectivités. Et aucune n'est épargnée. Mais les constructions scolaires ont un coût que les collectivités ont du mal à supporter. D'où la tentation de réduire ces coûts en construisant de grands ensembles. L'exemple des collèges est parlant. Comme la majorité des acteurs de l'éducation, le recteur milite pour la construction de collèges de 600 places, à taille humaine, plus faciles à gérer. Mais pour le conseil général, qui finance les collèges, le calcul est simple : un collège de 1 200 places coûterait 30% moins cher que deux collèges de 600. En période de disette, c'est le porte-monnaie qui tranche. Et la vie scolaire qui trinque.

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