En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies, cliquez ici. X Fermer
  • Actualité
  • - Éducation / Santé / Environnement
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • Partager cet article sur Google +

À la fin de l'envoi, elle fait mouche

Guillaume REUGE Mercredi 31 janvier 2018
À la fin de l'envoi, elle fait mouche
Neyissa Dorival, entourée des greffières Amandine Terki (à droite) et Joséphine Hoarau, est élève de l'externat Saint-Joseph depuis le CM1. Avant, elle était à l'école à Haïti. Des origines qu'elle revendique en tant qu'ambassadrice de la langue française (GR)

Neyissa Dorival, élève de première de l'externat Saint-Joseph de Cluny, a terminé deuxième du classement Outre-mer du concours de plaidoiries des lycéens. Le thème qu'elle a défendu : l'esclavage sexuel dans le conflit centrafricain.

Maturité, qualités oratoires, tempérament... Neyissa Dorival dégage une force déconcertante du haut de ses seize ans. Ce n'est pas un hasard si sa professeur d'éducation civique juridique et sociale de l'externat Saint-Joseph lui a parlé, en octobre dernier, du concours de plaidoiries des lycéens. Chaque année, plusieurs centaines de jeunes talents s'affrontent par joutes verbales en usant de rhétorique juridique, à la manière des avocats ou des juges. L'épreuve, écrite au premier tour, puis orale en finale, est à l'initiative du Mémorial de Caen. Les organisations non gouvernementales Reporter sans frontières et Amnesty international participent également à ce concours orienté vers les Droits de l'homme.
« Je veux devenir avocate spécialisée en droit international » , explique Neyissa Dorival. « J'ai toujours aimé écrire. J'ai parlé du concours à mon entourage qui a trouvé que c'était une bonne idée de m'affirmer dans ma voie. » Tout s'est ensuite enchaîné très vite pour la lycéenne, élève en première scientifique. « J'ai eu dix jours pour travailler ma plaidoirie écrite et une fois sélectionnée, quinze jours pour préparer l'oral. » Ne pouvant pas se rendre à Caen, lieu de la finale, les participants ultramarins devaient réaliser une vidéo. Pas de stress du public donc, mais difficile d'être convaincante par écran interposé. En se classant deuxième pour l'Outre-mer, Neyissa Dorival a relevé ce défi.
« LES RESCAPÉS DE L'ENFER »
Pour la partie juridique, la lycéenne a reçu le soutien de deux greffières du tribunal, Joséphine Hoarau et Amandine Terki qui est déjà impliquée à l'externat auprès des élèves de terminal avec qui elle organise depuis deux ans un procès fictif en guise d'initiation au droit. « Nous avons livré une méthodologie pour apprendre à Neyissa comment organiser une plaidoirie, mais le gros du travail, c'est elle qui l'a fourni » , expliquent-elles à l'unisson. Du travail, encore du travail. Et en dehors « de celui de l'école » , précise la lycéenne. Maîtriser l'art oratoire, le langage juridique, persuader, faire passer des émotions tout en restant naturelle n'est pas chose aisée. Surtout pour ne pas tomber dans l'écueil de son thème : l'esclavage sexuel dans le conflit centrafricain. Au moment du concours, l'affaire Weinstein, du nom de ce producteur américain à l'origine d'un scandale d'agressions sexuelles qui a libéré la parole des femmes, est en plein essor. « Je n'ai pas choisi ce thème en fonction de cette actualité bien que la plaidoirie devait être raccord avec un événement survenu. » Le critère des Droits de l'homme, imposé dans le concours, l'a orienté vers les femmes victimes des viols des miliciens en Centrafrique. Ces « rescapés de l'enfer » comme Neyissa les appellent dans sa plaidoirie. Depuis 2013, une guerre civile y fait rage et le pays est en situation pré-génocidaire d'après l'Organisation des nations unies (ONU). « Ça me tenait à coeur en tant que femme de défendre un thème comme celui-ci. » L'envie de briser le silence, de défendre les oubliés est déjà ancrée en elle. Arrivée seconde du classement Outre-mer (en plus d'un classement métropolitain et d'un classement des lycées français à l'étranger, ndlr) Neyissa Dorival a en fait gagné. Gagné en confiance, en bagage juridique et gagné le soutien de l'ensemble du tribunal de grande instance de Cayenne pour ses futurs projets. Une lettre de recommandation lui a été remise pour soutenir son ambition d'intégrer la filière science politique à l'issu de son bac. En somme, son histoire est un plaidoyer pour une jeunesse dynamique et intelligente.

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
1 commentaire

Vos commentaires

GIZMO 31.01.2018
Bravo !!

Que ça fait du bien en marge des événements de Concorde de voir qu'il y a encore des jeunes qui en veulent et qui sont impliqués dans leur scolarité...Dommage qu'ils soient si rares...Je lui souhaite bon chemin pour la suite !

Répondre Signaler au modérateur