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Une ambassadrice de choc contre l'orpaillage illégal

Propos recueillis par Déborah NEUSY Samedi 11 novembre 2017
Une ambassadrice de choc contre l'orpaillage illégal
En 2011, Lucie Décosse est devenue ambassadrice du WWF dans la lutte contre l'orpaillage illégal (DN)

Quatre ans après sa première mission avec le WWF contre l'orpaillage illégal, la championne olympique de judo Lucie Décosse est retournée cette semaine à la rencontre des communautés du Haut-Maroni. C'est en tant qu'ambassadrice de l'organisation qu'elle a échangé avec la population.

Qu'est-ce qui a changé par rapport à votre première mission en 2013 ?
. On voit que les gens ont eu le temps de se lasser du problème et commencent à être désespérés. De manière générale, les habitants trouvent que les activités ont augmenté, notamment à cause du départ du barrage de gendarmes de Kayodé et du poste permanent à Twenké. Les passages de pirogues s'accélèrent, l'eau est de plus en plus sale. J'ai retrouvé de la fatalité chez certaines personnes que j'ai revues, alors qu'elles étaient très en colère avant. En revanche, chez les jeunes, il y a une vraie mobilisation.
Comment avez-vous été reçue par la population ?
Je crois que les gens apprécient mon investissement. On a parlé du judo avec les enfants dans les écoles. Ça permet de parler de qui je suis, de mon sport, puis d'aborder le sujet de l'orpaillage. C'est une sensibilisation plus ludique pour eux.
Quel est votre ressenti de la situation ?
J'aurais préféré voir un fleuve avec une eau magnifique et transparente, mais j'ai vu la réalité. Avec ce genre de mission, on se rend compte aussi que du sujet de l'orpaillage découlent beaucoup de conséquences. On voit le contraste entre des populations qui n'ont pas de travail et qui voient les autres piller leurs ressources. Ce qui m'a inquiétée aussi, c'est le racisme envers les Brésiliens. Le raccourci est souvent fait avec les garimperos, chez les enfants notamment. Et on ne peut pas se rendre compte de tout cela si on ne va pas sur place.
Les inquiétudes sont-elles identiques entre Maripasoula et le Haut-Maroni ?
J'ai retrouvé les mêmes incompréhensions que chez les Amérindiens. Mais à Maripasoula, ils ont une problématique qui est plus concrète, avec la base arrière d'Albina 2 qui se trouve juste en face, du côté surinamais, et qui ne cesse de s'agrandir. Les habitants sont confrontés aux garimperos et aux déchets jetés illégalement de leur côté.
Aimeriez-vous renouveler l'expérience ?
Oui, mais on pourrait aller dans d'autres régions car on a rencontré des personnes du collectif du Lawa et de Camopi, qui nous ont demandé de venir chez elles. Il n'y a pas beaucoup de gens du littoral qui ont l'occasion d'aller dans ces endroits. Donc moi, j'en profite. Ça reste des moments rares.
Lucie Décosse et les responsables du WWF ont rencontré des habitants de Maripasoula, Taluen, Twenké, Kayodé et Antécume Pata (WWF)
Une collaboration avec le WWF
Suite au dernier bulletin d'information du Parc amazonien et à la lettre ouverte des autorités coutumières témoignant d'une situation alarmante, le Fonds mondial pour la nature (WWF) a décidé il y a deux mois de mettre sur pied une mission d'évaluation de la situation de l'orpaillage illégal sur le Haut-Maroni, de Maripasoula à Antécume Pata, en passant par Taluen, Twenké et Kayodé. Pour la deuxième fois, Lucie Décosse, championne olympique, triple championne du monde de judo et ambassadrice du WWF contre l'orpaillage illégal depuis 2011, n'a pas hésité pas à rejoindre cette mission. « Quatre ans ont passé depuis une première mission en 2013, il sera certainement nécessaire qu'on raccourcisse ce délai. Ça permettra de faire remonter de l'information plus régulièrement en présence de notre ambassadrice car on se rend compte que ça marque tout le monde, même les forces de l'ordre, qui sont ravies de se voir soutenues » , explique Laurent Kelle, responsable du WWF en Guyane. Selon lui, ce sujet est l'un des plus compliqués qu'affronte la Guyane de l'intérieur actuellement ; il est primordial de réduire cette distance et que ça redevienne un sujet majeur. La délégation a terminé sa mission hier matin, en rencontrant le directeur de cabinet de la préfecture, à qui elle a fait part de ses inquiétudes.

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1 commentaire

Vos commentaires

Paassy 12.11.2017
Bravo

Excellente démarche. Il est bien rare de voir les gens du littoral s’inquiéter du sort de ces Guyanais encore oubliés, voir méprisés. Bravo Lucie.

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