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Très fortes perturbations au port de commerce

Stéphane HESPEL Jeudi 13 juillet 2017
Très fortes perturbations au port de commerce
Arrivé hier matin à Dégrad-des-Cannes, le CMA-CGM Cayenne pourrait, comme son prédécesseur l'Asian Sun, repartir avec une grosse partie de sa cargaison, dès samedi. Les boîtes vides continuent de s'accumuler sur le port, mais jusqu'à quand pourront-elles êtres stockées (SH)

Le refus des dockers d'accepter la polyvalence des postes ralentit lourdement l'activité de la manutention portuaire à Dégrad-des-Cannes. Arrivé hier, le transatlantique CMA-CGM Cayenne pourrait repartir dès samedi avec une grosse partie de sa cargaison, sans même embarquer un seul conteneur destiné à l'export.

Il y a d'abord eu lundi l'Asian Sun, qui a dû appareiller avec 105 conteneurs sur les 169 prévus à la décharge. Quatre-vingt-dix d'entre eux attendaient d'être réacheminés depuis les mouvements sociaux. Pire encore, les 42 conteneurs prévus à l'exportation n'ont pu être chargés sur le navire qui est reparti dans la soirée vers Paramaribo... Et puis hier, c'est au tour du CMA - CGM Cayenne de se retrouver à quai, à Dégrad-des-Cannes, avec à son bord 382 conteneurs voués au même sort.
Dans un communiqué publié hier après-midi, l'Union maritime et portuaire (Umep) parle de « fortes perturbations qui affectent gravement les opérations des navires. Joint par téléphone dans la matinée, Étienne Bordes, directeur du Gemag (Groupement d'employeurs de la manutention guyanaise), rappelle que depuis samedi, « les trois syndicats de dockers du port nous expliquent que jusqu'à nouvel ordre, les personnels refusent la polyvalence des postes » . Ce qui ne permet pas de constituer les équipes pour décharger et charger les navires.
LES SYNDICATS METTENT LA PRESSION
Le transatlantique CMA-CGM Ca yennen'a pas échappé à cette situation tendue. « Outre les congés, les absences pour raison de maladie... pas moins de 22% du personnel est absent, poursuit Étienne Bordes. Il faut une quarantaine de personnes pour effectuer les opérations. Et tant que tous les postes ne sont pas pourvus, le bateau ne peut pas être déchargé et chargé. Les syndicats nous disent que les salariés ne sont pas en grève. Mais on est en pleine négociation des NAO (négociations annuelles obligatoires). Ils nous mettent la pression. »
Une équipe a pu être mise sur pied dans l'après-midi. « Mais avec le retard que l'on a, il est possible que l'armateur appareille son navire samedi, sans que la totalité des opérations soit réalisée. Les conteneurs prévus à l'export resteront rester à quai. » Ce qui va encore pénaliser lourdement la Cogumer, une entreprise locale (lire ci-contre). Depuis mardi, les syndicats de dockers n'ont toujours pas répondu à nos appels ou même voulu, pour l'un d'entre eux, répondre à nos questions en coupant court la conversation.
« LES BOÎTES VIDES S'ACCUMULENT SUR LE PORT »
« Ça fait trois mois que des conteneurs sont baladés de port en port, se désole Philippe Lemoine, président du port de commerce. Et d'insister aussi sur l'image négative que cette situation donne aux importateurs et aux différents partenaires. « Ils sont en droit de se demander quelle est la fiabilité du port, regrette-t-il, en rappelant aussi que « l'Europe et l'État participent au financement de nos investissements. » Et que l'image donnée pourrait être un frein à la dotation de subventions à moyen ou long terme, et nuire au développement du port.
Sur le plan de la gestion du port, « les manutentionnaires n'ont plus le temps de recharger les boîtes vides qui s'accumulent. On n'est plus à jour. » Philippe Lemoine trouve aussi la situation très ennuyeuse par rapport à « l'impact qu'elle a sur l'investissement privé. Comment attirer une nouvelle dynamique économique si on n'a pas l'image d'un pays performant ? Les investisseurs sont prêts à payer... pour peu que le service soit fiable. »
L'Umep espère aujourd'hui « qu'une issue pérenne et responsable permette de rattraper les retards d'acheminement et retrouver une activité normale le plus vite possible. » Ce qui semble peu probable avant l'arrivée de nouveaux navires, et ce dès la semaine prochaine.
À la Cogumer, « on ne sait plus où donner de la tête »
La Cogumer (Compagnie guyanaise de transformation des produits de la mer) vit très difficilement la période actuelle. « Nous avons trois conteneurs bloqués au port, explique René Gustave, administrateur de la société. Nos clients, en Martinique et Guadeloupe, attendent impatiemment leurs marchandises (principalement de l'acoupa, du vivaneau et des crevettes). Tant que nos produits n'ont pas pris la mer, nous ne sommes pas payés. Et nous ne pouvons pas régler les factures de nos fournisseurs, les pêcheurs locaux ou encore les navires vénézuéliens qui nous approvisionnent. » Et ainsi de suite. Les patrons de pêche ne peuvent alors pas verser les salaires de leurs employés. « Certains capitaines n'ont même plus assez d'argent pour acheter de la nourriture pour les personnels à bord des bateaux... »
Un quatrième et même un cinquième conteneur, celui-là de 40 pieds, sont quasi prêts à être acheminés au port de Dégrad-des-Cannes. « Nos cinq conteneurs en attente représentent pas moins de 500 000 euros gelés. L'activité est en ce moment à son maximum. Nous faisons appel à du personnel supplémentaire. » L'entreprise emploie actuellement plus de 60 salariés. « Nous fonctionnons en flux tendu en cette période de haute saison.
C'est la troisième fois de l'année que nous vivons cette situation. Les conséquences ne sont pas négligeables. On ne sait plus où donner de la tête » , insiste René Gustave.

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4 commentaires

Vos commentaires

joko973 15.07.2017
La Guyane prend une grosse BAF

La situation des dockers et du port a changé depuis 2014 ? http://www.franceguyane.fr/actualite/economie-consommation/degrad-des-cannes-peu-performant-et-trop-cher-188210.php

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ECRIVAIN 14.07.2017
Etre solidaires?

Depuis le début de la grève dont on sent encore les effets, il y avait un mot d'ordre : il fallait etre solidaire, une entreprise qui n'avait pas 2 mois de trésorerie ne méritait pas d'exister. Avec les bateaux qui repartent, c'est la pénurie alimentaire qui guette la guyane. Va t'on déclarer qu'une famille qui n'a pas au moins 2 mois de vivres en stock ne merite pas d'exister?
Après des mois de délires et de médiocrités, on n'en est plus à une idiotie près…

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amigo 13.07.2017

Ces gens là représentent une plaie pour la Guyane, ce seront eux les responsables du désastre économique que l'on connaîtra!

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kiki973 13.07.2017
Pauvre Pays la Guyane aux mains des mafias

Il a fallu 1 an de grèves pour se débarrasser en partie du syndicat du livre. Le groupe Amaury avait mener, la lutte contre la CGT du livre.
Comment faire en Guyane ???

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