Routes : 120 millions de réflexion
T. F.
France-Guyane
10.03.2010
Des travaux ont déjà débuté aux abords du pont d'Organabo. (photos d'archives)
L'État et le Conseil régional ont signé une convention qui vise à développer et moderniser les axes routiers de Guyane. Le programme porte sur 120 millions d'euros et concerne les routes, les ponts et quelques carrefours.
De grands travaux en perspective. Ponts renforcés, routes rénovées, giratoires et portions de quatre voies supplémentaires. Des annonces propres à achever un mandat en fanfare. En fin de semaine dernière, le préfet Daniel Ferey et le président de Région Antoine Karam ont signé une convention qui entre dans le cadre du Programme de développement et de modernisation des itinéraires (PDMI) routiers. Un programme qui s'étend jusqu'en 2014 et qui concerne les routes nationales 1 et 2, ainsi que leur extension en zone urbaine. Pour l'ensemble de ce PDMI, l'État et le Conseil régional s'engagent à endosser les financements à une hauteur respective de 71,5 et 48,5 millions d'euros. Désengorger la périphérie
« Nous allons revenir mettre des moyens sur la grande île de Cayenne » , lance Antoine Karam. Objectif principal, désengorger la section urbaine qui ceinture Cayenne. Pour ce faire, trois opérations ont été arrêtées pour toute la durée du PDMI. La dénivellation des carrefours giratoires des Maringouins et de Balata, le doublement de la RN2 entre le carrefour de balata et le Progt et l'aménagement de la section de la RN1 comprise entre le giratoire de Balata et le bourg de Tonate. Pour la Région, de tels investissements doivent favoriser « l'écoulement du trafic » . Reconstruire les ponts
De Kourou Saint-Laurent, la RN1 a bénéficié de travaux d'aménagements et d'entretiens réguliers. Néanmoins, si le revêtement demeure des plus acceptables, il n'en va pas de même pour les ponts. Des ouvrages d'art dont la capacité en support de charge ne dépasse pas vingt-six tonnes. Or, depuis des années, des camions au tonnage bien supérieur empruntent la route de Saint-Laurent et franchissent les ponts. Certains, comme celui d'Organabo, sont désormais dans un état critique. La reconstruction progressive des ponts de Saut Sabbat et Grand Laussat est également au programme. De plus, la sortie d'Iracoubo, en direction de Saint-Laurent, va faire l'objet d'un réaménagement.
Le plan État-Région va se substituer au PDMI pour les travaux de la RD5.À l'est, repenser la voie
Si le trafic demeure relativement faible sur la route de l'est, il est toutefois déjà supérieur à celui envisagé lors de l'ouverture de la section qui va de Régina à Saint-Georges. Comme pour la route de Saint-Laurent, la circulation des transporteurs à fort tonnage se révèle on ne peut plus préjudiciable pour l'état de la chaussée et des ponts. L'ouverture du pont sur l'Oyapock va bien évidemment entraîner une intensification du trafic. Les opérations inscrites au PDMI sur la RN2 concernent donc la reconstruction du pont sur la Comté et la rectification des virages à son abord. Il prévoit également la pose d'une nouvelle structure de chaussée. Le temps des études
La convention signée, le Programme de développement et de modernisation annoncé, reste à lancer le projet. Un projet qui comprend des réhabilitations lourdes (ponts, sortie d'Iracoubo) ainsi que des aménagements de capacité et de sécurité (Maringouins, Balata, 2x2 voies, etc). Par ailleurs, aux abords de l'agglomération cayennaise, plusieurs tronçons qui voient passer 20 000 à 40 000 véhicules chaque jour doivent être mis aux normes Ictavru (Instruction sur les conditions techniques d'aménagement des voies rapides urbaines). Reste à lancer les études afin de pouvoir dépenser les 120 millions du PD MI. - Plus 40% de trafic en 2014
pour la période couverte par le PDMI (2009/2014), la croissance moyenne du trafic a été estimé à 40%. La croissance démographique conjuguée à l'élévation du taux de motorisation des ménages va générer une hausse considérable du trafic routier. Par ailleurs, la liaison routière avec le Brésil ainsi que celle qui est en projet avec le Suriname laisse présager une forte augmentation de la fréquentation des différents axes routiers.