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Pas de pirogues pour Oiapoque

Pierre-Yves CARLIER France-Guyane 07.01.2012

Pas de pirogues, la semaine prochaine, entre Saint-Georges et Oipoque (photo d'archives)

La semaine prochaine, il n'y aura pas de traversées entre Saint-Georges et la rive brésilienne. Les piroguiers protestent contre les contrôles de la Paf.

« Au niveau de la Paf, il y a du zèle. C'est ça qui vérole l'ambiance entre les populations du fleuve. » Xavier Lo Pinto est formel : depuis plusieurs mois, selon lui, les Brésiliens d'Oiapoque qui viennent à Saint-Georges subissent plus de contrôles de la police aux frontières. En représailles, explique-t-il, la police fédérale brésilienne a durci le ton face aux Français qui vont sur la rive brésilienne. Cette ambiance lui fait dire : « Au lieu de nous rapprocher, le pont crée une tension exacerbée. »
Cette tension va se traduire, la semaine prochaine, par une grève des transports commerciaux sur le fleuve. En clair, pas de pirogues ni de barges entre Saint-Georges et Oiapoque, de lundi à dimanche.
Jeudi, un courrier a été envoyé au préfet et au président de Région, pour dénoncer le traitement réservé aux Brésiliens par la Paf. Il est signé du maire d'Oiapoque (Iguinaldo da Silva Rocha), du président des commerçants d'Oiapoque, du président des piroguiers, de la présidente des commerçants de Saint-Georges (Justine Forte Barbosa Sylvanise), du président de l'Association des Jeux (Gilles Millecam) et de Xavier Lo Pinto, en tant que président de la commission transfrontalière du Medef Guyane.
Il demande la création rapide du statut de transfrontalier. Cela permettrait aux habitants d'Oiapoque et de Saint-Georges de circuler librement dans les deux communes. Ana Beltrame, consul du Brésil en Guyane, estime que ce statut est rapidement « réalisable » côté brésilien. Le préfet Denis Labbé souhaite qu'il soit prêt à l'ouverture du pont.
Et si ce sont les piroguiers qui vont porter le fer la semaine prochaine, c'est, selon Xavier Lo Pinto, « parce que les socioprofessionnels des deux berges de l'Oyapock n'ont pas de meilleur moyen pour exprimer leur mécontentement (et) sensibiliser les médias et les autorités. »
Il assure qu'il ne faut pas faire d'« amalgame » avec une autre revendication, propre aux piroguiers : le versement d'une indemnité de 10 millions de reais (4,25 millions d'euros) aux 200 piroguiers, pour compenser leur perte d'activité à l'ouverture du pont. Le site Brasilyane l'a souligné mi-novembre. Des participants à la dernière commission transfrontalière à Macapa nous ont confirmé qu'il en avait été question.
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