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Orpaillage : des chiffres et une lettre

Pierre-Yves CARLIER Jeudi 13 octobre 2016
Orpaillage : des chiffres et une lettre
Nombre de sites illégaux recensés sur le territoire du Parc amazonien depuis 2008 (DR)

Un point a été fait, hier matin, à Barbara Pompili sur le nombre de sites d'orpaillage illégaux recensés. L'activité bat des records sur le territoire du Parc amazonien. Sur l'ensemble de la Guyane, la baisse depuis trois ans est de 35%.

Nombre de sites illégaux recensés par l'Observatoire de l'activité minière, depuis 2013. (DR)
Un nombre de chantiers d'orpaillage clandestin qui s'effondre de 67% dans toute la Guyane, mais un nombre qui n'a jamais été aussi élevé sur le territoire du Parc amazonien (Pag, Maripasoula, Papaïchton et Saül). Ces dernières semaines, les données communiquées sur la lutte contre les garimpeiros étaient très variables. Cela a eu le don d'irriter le préfet Martin Jaeger. Le ministre de l'Intérieur, interrogé au début du mois sur Guyane 1ère, s'est retrouvé en désaccord avec son interlocuteur, l'un et l'autre ne parlant pas de la même chose. Hier matin, la secrétaire d'État à la Biodiversité Barbara Pompili a bénéficié de chiffres tout frais sur le nombre de chantiers illégaux recensés : 325 en octobre dans tout le département, 128 en juillet sur le territoire du Parc amazonien. Ce dernier chiffre, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve aurait pu le découvrir à Maripasoula, mais le panneau du Pag le présentant a été retiré de force, avant son arrivée.
PIC EN SEPTEMBRE
Derrière les désaccords entre institutions sur leur façon de communiquer, restent les évolutions. Depuis mars 2008, le Pag effectue des comptages tous les quatre mois par hélicoptère et plus régulièrement en pirogue. En juillet, ses agents ont recensé 128 sites. Ce chiffre n'avait été dépassé qu'une seule fois depuis huit ans. C'était en mars 2014, avec 132 sites. Le préfet, lui, s'appuie sur les chiffres de l'Observatoire de l'activité minière, sur l'ensemble du département. Il note qu'effectivement, le nombre de sites illégaux est à la hausse depuis juin, mais que si l'on compare un mois avec le même mois l'année précédente, la tendance est à la baisse. Mais entre septembre 2013 et aujourd'hui, la baisse est de 34% et non de 65%.
Selon le préfet, l'activité illégale connaît un pic en septembre. La raison est la conjonction de fleuve encore haut (pour le passage des pirogues) et de sols secs (pour les garimpeiros). Sauf que dans les faits, en 2014 et 2015, il y avait davantage de sites en mai. Hier matin, Martin Jaeger a suggéré une autre explication à l'évolution de ces derniers mois : la hausse du cours de l'or.
Les dégâts provoqués par un site illégal (photo d'archives)
ET AUSSI
Le préfet tacle le Parc amazonien
Hier matin, le préfet a profité de l'exposé qui était fait à Barbara Pompili, secrétaire d'État à la Biodiversité, pour critiquer le fait que le Parc amazonien ait publié les chiffres des chantiers illégaux qu'il a comptabilisés sur son territoire et ait répondu aux questions des journalistes sur ce sujet : « Il faut qu'on évite d'avoir des communications individuelles sur le sujet. [...] J'aime bien les grands débats avec le Parc (amazonien). C'est exact (que le nombre de chantiers augmente). Mais j'aime les discours de vérité. »
Des associations furieuses contre Barbara Pompili
Les propos de Barbara Pompili en faveur de l'activité minière légale ont provoqué la colère de plusieurs associations. Dans une lettre à Ségolène Royal, sa ministre de tutelle, Maïouri Nature, Or de question, Mama Bobi, Makandi Makandra, la Fédération des organisations amérindiennes de Guyane (Foag), le Collectif des premières nations, ainsi que les partis politiques Guyane écologie et Cap 21, jugent que « de tout temps, l'activité aurifère ne peut représenter un développement durable mais, bien au contraire, est limitée dans le temps selon un cours boursier aléatoire et des gisements éphémères » . Selon eux, la solution de remplacer les orpailleurs illégaux par des légaux est « une imposture intellectuelle. [...] Dans tous les cas, c'est la biodiversité qui est anéantie. »

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