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La Guyane, terre de vodka

Henry GONDORFF France-Guyane 01.04.2010

En exclusivité, le premier visuel de la vodka guyanaise qui devrait inonder le marché international début 2012.

Le groupe russe Ibranovicht, spécialisé dans la production de vodka, envisage d'implanter une distillerie en Guyane avant fin 2011. L'objectif sera de créer une boisson alcoolisée aux saveurs du département.

De la vodka en terre de rhum. Voilà une idée des plus saugrenues. C'est pourtant celle avancée par l'un des principaux producteurs mondiaux du secteur. Le groupe russe Ibramovicht, qui depuis 1996 a étendu sa production à la Suède, la Finlande, l'Australie et le Sénégal, envisage d'implanter une distillerie en Guyane avant la fin de l'année 2011. Propriété du millionnaire Dimitri Mendeleiev, le groupe entend exploiter les saveurs locales afin de créer une nouvelle « ligne » de produits. Appellation envisagée : Guyanovska.
Si le projet demeure encore officieux, ce n'est que par la volonté du groupe russe. Néanmoins, les rumeurs d'une concurrence nouvelle sur le marché de la production d'alcool n'ont eu de cesse de se répandre depuis plusieurs mois. Malgré notre insistance, la direction du département au développement international du groupe, basé à Paris, n'a jamais donné suite à nos sollicitations. Jusqu'à hier. Jean-Ernest Vilardier, directeur en charge du développement, a accepté de dévoiler une partie des projets du groupe Ibranovicht. « Le projet est désormais bien ficelé, annonce d'emblée le dirigeant. Il s'inscrit dans une politique de développement instaurée par le groupe depuis de nombreuses années. L'objectif étant de proposer à nos consommateurs répartis dans le monde entier des produits originaux, qui se démarquent de ceux que proposent nos concurrents. La Guyane, qui dispose d'innombrables saveurs et de productions locales très ciblées, est toute désignée pour nous permettre d'ajouter une nouvelle ligne à notre gamme de produits. » Le groupe envisage donc d'exploiter les compétences et les productions locales. « C'est une évidence » , affirme Jean-Ernest Vilardier.
Le directeur n'a pas souhaité indiquer le lieu où devrait être construite la distillerie. Mais la commune de Sinnamary semble être la mieux placée. « C'est une possibilité » , admet le dirigeant. « Ça permettra d'augmenter la présence russe dans cette partie du département » , plaisante-t-il, faisant allusion aux ingénieurs russes de Soyouz. Le groupe entend investir près de 40 millions d'euros dans le projet. « Dans un premier temps » , précise Jean-Ernest Vilardier.
Eau de vie qui peut être produite avec n'importe quelle matière première agricole, avant d'être fermentée puis distillée, la vodka guyanaise devrait être fabriquée à base de... manioc. « Et de patate douce, glisse le directeur. Nous devrions ainsi disposer d'une boisson aux arômes sucrés que viendra relever, par exemple, une saveur pimentée ou fruitée. » La vodka guyanaise viendra s'ajouter aux 4 000 marques déjà présentes sur le marché. Avec, qui sait, la perspective d'entrer un jour au musée de la vodka de Léningrad.
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04 février 2012