En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies, cliquez ici. X Fermer
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • Partager cet article sur Google +

« La Guyane est très en avance comparativement à l'Europe »

Propos recueillis par FXG Jeudi 24 novembre 2016
« La Guyane est très en avance comparativement à l'Europe »
(Lara Dupuy & EDF)

Le président-directeur général du groupe EDF, Jean-Bernard Lévy, arrive dimanche pour une mission de trois jours en Guyane. Il a accordé une interview exclusive à France-Guyane.

Quel message voulez-vous adresser aux usagers guyanais, pour la plupart mécontents de la qualité de l’électricité ? (coupures de courant intempestives, baisses de tension et nombreux appareils électroniques endommagés (et non remboursés !) ?
EDF est le gestionnaire du système électrique en Guyane. À ce titre, sa mission, portée par ses 485 salariés guyanais, est d’assurer un service public de qualité. La tâche peut, certes, s’avérer plus délicate que sur d’autres territoires : les systèmes non-interconnectés à des réseaux voisins, comme c’est le cas ici, sont par nature plus fragiles. Mais cela ne limite en rien notre engagement à délivrer la meilleure qualité de service à tous nos clients.

Allez-vous rencontrer des associations de consommateurs comme le Collectif des iguanes ?
Je compte me déplacer beaucoup sur le terrain : dans l’Est, à Saint-Georges de l’Oyapock, sur l’Île de Cayenne et dans l’Ouest, notamment à Saint-Laurent du Maroni à la rencontre des élus. Tous les sujets seront abordés, n’en doutez pas. Pour nos clients, j’accorde une grande importance à l’écoute dont ils doivent bénéficier auprès de nos équipes pour traiter les problèmes. Je suis aussi très attentif à la garantie de l’alimentation électrique de l’Ouest. Depuis août, nous avons triplé les moyens de secours à Margot pour garantir la fourniture ; et nous avons lancé une maintenance profonde de la ligne de transport électrique en haute tension qui alimente Saint Laurent, Mana, Apatou et Awala-Yalimapo depuis le littoral.

Pourquoi la qualité de courant est-elle ici inférieure à celles des autres départements ?
La qualité globale de fourniture en Guyane est comparable aux régions qui ne sont pas connectées électriquement à des pays voisins ou à un réseau continental. Elle est même souvent meilleure. Mon objectif est qu’EDF s’améliore en permanence. Nous avons modernisé cette année la salle de commande du système électrique du littoral pour renforcer la maîtrise des aléas, dont l’impact est toujours décuplé en système isolé.

Ce problème est encore plus accru dans l'ouest et cela plombe la productivité économique. Des investissements y sont-ils prévus à court terme ?
Nous continuerons de mobiliser d’importants moyens jusqu’à mi-2017 pour la ligne qui alimente les communes de l’Ouest. Plus globalement, ces 5 dernières années, EDF a engagé en Guyane 170 millions d'euros d’investissements, soit l’équivalent des crédits du contrat de projet État-Région 2007-2013. Sur ce montant, 80 millions euros concernent le développement et le renforcement des réseaux électriques, avec des constructions de lignes comme celle entre Saint-Laurent et Apatou ou celles qui vont sécuriser l’alimentation de Matoury, de Roura et de la station des eaux de la Comté.
Depuis 40 ans, la présence d’EDF en Guyane est jalonnée d’investissements majeurs. Nous sommes fiers d’avoir construit la centrale de Dégrad des Cannes, qu’il faudra renouveler dans un futur proche ; fiers du barrage de Petit Saut, qui fait depuis 20 ans de la Guyane une terre d’excellence pour les énergies renouvelables ; fiers d’avoir construit la ligne de l’Ouest qui a mis fin, en 1994, à l’isolement électrique de Saint-Laurent et des communes voisines. Nous avons aussi innové dès 1983, à Kaw, en construisant la première centrale solaire de France, qui reste encore la plus importante en site isolé. Cet engagement aux côtés de la population et du territoire est au cœur du projet d’EDF en Guyane.

Dans le cadre de l'obligation d'ouverture à la concurrence EDF peut-elle rester, de fait, le seul fournisseur d'électricité en Guyane ?
La loi confie le service public de l’électricité à EDF dans les Dom, en lui demandant d’y assurer l’offre de fourniture aux tarifs régulés applicables dans toute la France. C’est cette péréquation qui permet de bénéficier en Guyane des mêmes tarifs qu’en Métropole, alors que les prix de revient de l’électricité produite ici sont beaucoup plus élevés. Ces surcoûts expliquent qu’aucun concurrent n’a manifesté un intérêt pour la fourniture aux clients. Le domaine de la production est en revanche complètement ouvert. D’autres industriels construisent des centrales. EDF est tenue d’acheter leur production et de la distribuer à tous les clients.

La PPE, la Programmation pluriannuelle de l'énergie, proposée pour La Guyane est inaboutie selon L'Autorité environnementale ; elle ne permettra pas d'acquérir l'autonomie énergétique en 2030. Quels moyens énergétiques supplémentaires prévoyez-vous pour répondre à cet objectif tout en répondant à l'augmentation de la demande ?
L’autonomie énergétique concerne aussi les transports qui, ici, représentent 55 % de l’énergie primaire consommée, entièrement à partir d’hydrocarbures. Pour l’électricité, avec près de 62 % d’énergie renouvelable en 2015, la Guyane est très en avance comparativement à l’Europe et au premier rang en Amérique du Sud et dans le monde. Cette performance repose sur Petit Saut, avec le complément de la biomasse de Kourou, du solaire et de l’hydraulique au fil de l’eau. Les orientations de la PPE sur la biomasse, l’hydraulique et le solaire renforcent cette exemplarité ; et ces filières répondront, avec le renouvellement des moyens conventionnels, à l’augmentation rapide de la demande d’électricité des Guyanais. EDF attend l’adoption de la PPE avec l’intention d’investir pour accompagner son ambition.

EDF envisage-t-elle une politique énergétique différente en Guyane par rapport aux autres départements ultramarins ? Quelle doit être finalement la composition du mix énergétique envisageable ici ?
La stratégie du groupe EDF, Cap 2030, est centrée les énergies décarbonées, les services d’efficacité énergétique et l’innovation pour accompagner les pays dans leur transition énergétique. C’est dans ce cadre que nous nous agissons en Guyane.
Tout d’abord pour aider nos clients à consommer mieux : outre leur justification au regard du réchauffement climatique, les économies d’énergie génèrent du pouvoir d’achat pour les foyers et des gains de compétitivité pour les entreprises. L’efficacité énergétique est aussi une priorité sociale car elle contribue à lutter contre la précarité énergétique. Permettre à tous d’accéder à des équipements performants est le sens des offres Agir plus qu’EDF propose en Guyane à tous ses clients.
Dans la production, nous visons à garantir la sécurité d’alimentation du territoire tout en privilégiant les solutions bas-carbone qui remplaceront à terme les hydrocarbures. Toucan, la centrale solaire avec batteries de notre filiale EDF EN, comme celle de Montjoly Énergie-services à Rémire-Montjoly, sont de premiers exemples.
Par ailleurs, la situation des communes de l’intérieur demande des approches très novatrices. EDF investit avec les acteurs du territoire pour le développement du service public et l’accès à l’électricité en installant des petits systèmes intelligents, basés sur des énergies renouvelables et équipés de stockages. Au regard de besoins d’électrification de zones isolées dans le monde, la Guyane a des atouts pour devenir une référence des smart-grids autonomes 100 % EnR, adaptables à l’échelle de villes, villages ou hameaux. Sur ces projets comme sur les autres volets de la PPE, le territoire peut compter durablement sur EDF.

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
1 commentaire

Vos commentaires

skol973 25.11.2016

Cet homme a dû un petit punch car les coupures existent toujours dans l Ouest. D autre part, est ce normal, que la ligne haute tension sur la RN2, s arrête à CACAO?

Répondre Signaler au modérateur