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L’écotourisme, une voie d’avenir ?

Serge RAVIN Mardi 26 Septembre 2017 - 09h58
L’écotourisme, une voie d’avenir ?
Saint-Elie mise sur son plan d'eau et sur l'écotourisme pour se développer. (DR)

Alors que vient de s’achever le dix-neuvième Salon du tourisme, des réflexions se poursuivent pour développer le tourisme autour de la biodiversité et de la nature. Les difficultés restent nombreuses, constatent les professionnels du secteur.

«Partout où l’écotourisme s’est développé, ça a été un choix politique prioritaire. » Le constat est de Thomas Saunier, président de la Compagnie des guides de Guyane. Il l’a répété, ces derniers jours, au moment du Salon du tourisme, aux responsables du secteur en Guyane qui souhaitent promouvoir ce type d’offre touristique. Catherine Corlet, du Conservatoire du littoral, pense que la Guyane a des atouts à faire valoir en la matière. Voici deux semaines, elle a reçu des membres de la fondation Sisley.

« Ces personnalités du tourisme venues en Guyane ont découvert les sites du Conservatoire et ont été émerveillées. On a donc un produit très intéressant. C’est la partie valorisation qui nous manque et c’est sur ce secteur que le Comité du tourisme peut accompagner les prestataires pour faire connaître la Guyane au-delà des clichés qui sont véhiculés. »

Pour Thomas Saunier, « il convient de régler le problème de la gestion des déchets dans le développement touristique pour le bien de tous. On ne peut pas vendre la destination Guyane dans cette situation. »

Pour le tour-opérateur Jean- Louis Antoine, « cela fait trente ans qu’on entend les mêmes choses… On est dans un État où des réserves et des parcs sont créés alors qu’ils n’ont plus pratiquement d’intérêt. Par exemple pour Kaw, lors du comité de gestion, tout le monde a pu le constater, au niveau de la chasse, personne ne peut verbaliser aucun chasseur. On a une réserve qui, depuis vingt ans, ne sert strictement à rien. Heureusement, il y a des touristes qui sont là pour garder quelque chose. Ce qu’il faut, c’est une vraie vision du développement de la Guyane. Le conservateur de Kaw a dit qu’on a un potentiel important sur Roura-Kaw et sur d’autres endroits comme Awala-Yalimapo. C’est à la Collectivité territoriale d’apporter un vrai projet pour la Guyane. Nous, professionnels, on est avec elle pour le porter. Ce n’est pas l’administration, l’État qui va nous accompagner. »

Lors d’une réunion jeudi sur le sujet de l’écotourisme, de nombreux intervenants se sont entendus pour dire que c’est aux collectivités locales et aux pouvoirs publics de mener des actions. Hélène Sirder, présidente du parc naturel régional de Guyane qui gère notamment la réserve de Kaw, regrette de ne pas avoir de pouvoir de décision en matière de recrutement des gardes des parcs naturels. Elle estime que la gratuité des sites ne permet pas aux gestionnaires de maintenir un entretien suffisant des lieux.
Elle juge toutefois que les acteurs du tourisme « sont dans une recherche d’amélioration. Il nous appartient à tous de valoriser cette biodiversité. »
Des problèmes de sécurité

De nombreux sites touristiques souffrent de problèmes liés à l’orpaillage clandestin, aux vols, aux difficultés d’accès. Les participants à la réunion de jeudi sur l’écotourisme en ont dressé la liste.
LES ÎLES DU SALUT
L’absence de parking sécurisé à Kourou et les actes de vandalisme sur les voitures provoquent un véritable sentiment d’insécurité et une mauvaise image de la Guyane au regard des visiteurs.
LES MARAIS DE KAW
Pas de parkings aménagés et protégés, ni d’abris au dégrad, pas de débarcadère, pas d’hygiène : absence de toilettes, environnement sale. Des travaux sont prévus dans les prochains mois. Le braconnage est contreproductif. Manque de moyens de faire appliquer la réglementation.
LE PARC AMAZONIEN
Les conférenciers ont souligné la présence d’activités minières illégales. Les visiteurs sont déçus de ne pas avoir un environnement à la hauteur du produit proposé. Les vols de matériel et les activités illégales portent un grand préjudice à cette destination.
LES CARBETS SUR LES FLEUVES
Que ce soit Cisame et Athanase sur l’Approuague ou les quatre carbets touristiques du Kourou, on note des conflits d’usage : il faudrait un zonage pour garantir la sécurité des clients. À Kourou, il est constaté le très mauvais état de la route de Degrad Saramaca et l’absence de parking.
PETIT SAUT
C’est un circuit privilégié pour l’observation de la faune. L’accès reste délicat et il existe un problème d’assurance pour les véhicules sur la route de Petit Saut. Des carcasses jonchent le trajet. Le débarcadère est en mauvais état, les déchets ne sont pas gérés et des garimpeiros exploitent le secteur. 
 
Un nouveau lodge à Roura
La dernière offre en matière d’écotourisme est apparue en août. Il s’agit du lodge Oyak situé au bord de la rivière à Roura. Il se compose de bungalows, d’une piscine, d’espaces de repos et de détente, de sentiers ecotouristiques en milieu naturel, d’un ponton flottant donnant accès à la rivière. Des activités non polluantes sont proposées à la clientèle (vélos, patinettes électriques, parcours de sentiers), et sur la rivière, la pratique du canoë-kayak, du paddle et de nombreuses activités de découvertes de la faune et de la flore sur les marais de Kaw.
 
 


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5 commentaires

Vos commentaires

Gabianne 27.09.2017
Vigilance

sans vilain jeu de mot, l'écotourisme serait une mine d'or pour la Guyane. Mais pour cela, il faut protéger ce qui peut encore l'être, et être vigilant sur les grands projets industriels, comme sur Petit-Saut, par exemple.....

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louisderouvroy 26.09.2017
le diagnostique est fait

Le diagnostique est fait, rien n'est insurmontable pour développer le tourisme en général si ce n'est un manque de volonté de politique. Car pour de tels projets, les financements ne manquent pas. Mais pour le tourisme comme dans bien d'autres domaines, les élus parlent beaucoup mais agissent peu.

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greg974 26.09.2017

Le diagnostic est sans appel sur votre orthographe...

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jml973 26.09.2017
lobby minier contre économie durable

Pour initier l'écotourisme il faudra d'abord régler certains problèmes de fond avec tous ces gens qui jettent leurs détritus par terre à longueur de journée, tous ces étrangers qui marchent sur la France et qui coupent des arbres pour y construire des bidonvilles ... Ah non pardon, des habitats spontanés ! Ou pour en faire de la contrebande de charbon. Tous ces gens qui massacrent des centaines d'animaux pour les revendre aux restaurateurs. Alors quand on sait que les populations que l'on laisse rentrer sur le territoire ne fera jamais attention à notre région, on privilégie les industries de rente comme le font R. Alexandre. Il a bien compris qu'ils ne pourront jamais éduquer ces gens pour en faire un territoire propre. Alors tant qu'à faire que de détruire la Guyane, autant le faire jusqu'au bout avec des entreprises qui vendent de la mort. Quelle honte !

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Paassy 26.09.2017
economie de rente VS écotourisme

L'écotourisme est à coup sûr LA planche de salut économique de notre département. Préservation du milieu naturel et emplois durables. On ne peut pas rêver mieux.
Malheureusement, la CTG préfère miser sur le pétrole (malgré les cours qui descendent, la fin des voitures à carburant dans 15 ans, etc...) ou l'exploitation industrielle de l'or (vision à court terme, à la merci des cours de la bourse également).
Pourquoi l'écotourisme, voir même tout simplement le tourisme, n'est pas privilégié ?

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