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Jean-Yves Le Gall : « Il faut que le spatial apporte plus à la Guyane »

Propos recueillis par Guillaume REUGE Vendredi 12 janvier 2018
Jean-Yves Le Gall : « Il faut que le spatial apporte plus à la Guyane »
Jean-Yves Le Gall est, depuis 2013, le président du Cnes après avoir été celui d'Arianespace. Âgé de 58 ans, il est ingénieur et scientifique de formation (GR)

Le président du Centre national d'études spatiales (Cnes), Jean-Yves Le Gall, en visite express chez nous, s'est plié hier au jeu des questions-réponses. Il dresse le bilan d'une année 2017 mouvementée.

Quel est votre regard sur l'année écoulée, marquée par le mouvement social guyanais de mars-avril ?
L'activité a été arrêtée au plus fort de la contestation. Des lancers ont été reportés, mais nous avons pu ensuite rattraper le temps perdu. L'impact économique est minime.
Quelles conséquences tirez-vous du mouvement social où le spatial n'a pas été épargné par les critiques ?
Il faut repenser le positionnement du spatial dans la Guyane, c'est ce sur quoi nous sommes en train de travailler. Il n'est pas question d'être moins dépendant de la Guyane, le Centre spatial guyanais (CSG) est probablement l'activité principale du programme spatial européen. Mais il faut arriver à ce que le spatial apporte plus à la Guyane. Un plan d'action allant dans ce sens va être mis en place en 2018.
Ce plan suit le rapport du gouvernement, datant du 11 décembre 2017, préconisant d'aller plus loin dans les actions en faveur de la population guyanaise et demandant une plus grande lisibilité du secteur spatial ainsi qu'une contribution moins fragmentée...
Une réflexion a été conduite suite aux événements de mars et avril pour amplifier le soutien aux activités guyanaises. Nous allons augmenter les budgets que nous consacrons à la Guyane dans l'enseignement et l'insertion des jeunes (dix millions d'euros supplémentaires à l'horizon 2020, ndlr). Un chantier pour une meilleure communication du spatial est également en cours. C'est extrêmement important que les gens comprennent mieux ce que nous faisons car nous avons vu au printemps dernier qu'il y avait une certaine part d'incompréhension. Or je crois que personne en Guyane n'est opposé au spatial. Tout le monde a bien compris qu'il apporte beaucoup. Il faut en revanche mieux expliquer son action et faire en sorte que les Guyanais se l'approprient davantage. Il faut digérer ce rapport et le mettre en application en 2018. C'est un axe prioritaire pour le Cnes. Nous ferons des propositions au gouvernement et un point d'étape à la mi-année. Il est encore trop tôt pour évoquer des exemples concrets.
Où en est le chantier Ariane 6 ?
Le chantier avance bien et je pense qu'Ariane 6 est un exemple de la nouvelle stratégie du Cnes d'impliquer plus d'entreprises guyanaises. Nous avons mis en place un bureau spécifique pour que les entreprises locales puissent répondre aux appels d'offres. L'insertion des jeunes en difficulté est également au centre de nos préoccupations. Une centaine d'entre eux travaille en permanence sur le chantier d'Ariane 6.
Vous rentrez de Chine. Où en est la coopération spatiale avec Pékin ?
J'étais avant-hier avec le président Macron en Chine où nous avons signé un accord de coopération. Deux satellites sont en construction avec les Chinois, dont CFOsat, dédié à l'observation. Il sera lancé de Kourou au deuxième semestre 2018. Ce partenariat se développe et c'est bien normal, la Chine est un des plus grands pays du monde. Nous ne pouvons pas ne pas coopérer avec la Chine, en particulier dans le domaine climatique.
Que peut apporter le spatial à l'environnement ?
Il y a un mouvement mondial de préoccupation sur l'environnement. Nous sommes en train de coordonner à l'échelle de la planète ce qui peut être fait au niveau satellitaire pour le changement climatique. Le CFOsat, par exemple, va pouvoir observer les vagues et le vent et fournir des données très importantes pour l'océanographie.
L'américain SpaceX a effectué 18 tirs de fusées en 2017 contre 11 pour Arianespace, la concurrence est rude ?
SpaceX, créé il y a quatre ans, est en train de monter en puissance, c'est indéniable. Mais son concurrent est surtout l'entreprise américaine United Launch Alliance. Avec notre gamme de lanceurs, nous avons de bons arguments pour lutter : Ariane 6, le développement des fusées réutilisables...
Quid des commandes institutionnelles, plus importantes chez vos concurrents ?
Ce n'est pas un sujet en Europe : 99% des satellites européens sont lancés par nous. La vraie question concerne le nombre de satellites et nous avons moins de satellites institutionnels à lancer en Europe qu'aux États-Unis, en Chine, en Russie. La NASA a un budget de 18 milliards de dollars et l'ESA (agence spatiale européenne) de 5 milliards d'euros. C'est ça la différence. Nous ne pouvons pas faire les mêmes choses.
Les Russes développent leur propre pas de tir. Quand est-il de l'avenir de Soyouz à moyen terme en Guyane ?
Pour les quatre-cinq prochaines années, nous avons toujours des missions de prévu avec les Russes à Kourou. La situation est assez stable à moyen terme, je ne suis pas inquiet. Et le pas de tir russe de Vostochny n'est pas encore opérationnel. Leur deuxième lancement test s'est mal passé.
Quels seront les grands lancements en 2018 ?
Deux très importants. D'abord au milieu de l'année, pour la première phase de déploiement du satellite Galileo (le GPS eu ropéen, ndlr). Ensuite en octobre-novembre pour le lancement de la mission Bepicolombo sur Mercure. Menée avec les Japonais, c'est la première de l'ESA sur cette planète très difficile d'accès. Il faut neuf années de trajet pour l'atteindre et c'est une planète très chaude car proche du soleil. Ce projet exceptionnel de mission planétaire a été lancé il y a 20 ans.

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24 commentaires

Vos commentaires

kiki973 28.01.2018
Quid les entreprises locales ?

. "Nous avons mis en place un bureau spécifique pour que les entreprises locales puissent répondre aux appels d'offres".
Toutes les entreprises installées en Guyane sont locales. Surtout si elles emploient nos jeunes diplômés.Les entreprises dirigées par des anciens éleveurs de cochons et qui n'emploient que les membres de la famille souvent peu diplômés ne sont pas à la pointe du progrès technique. Faudrait les inciter à recruter nos jeunes bien formés. A moins qu'elles préfèrent les appels d'offres arrangés par le technique des avenants...

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Ergo sum 14.01.2018

Un effet inattendu sur les Hautes Sphères : ils se sont mis à réfléchir.

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skol973 14.01.2018

Après 53 ans de présences chez nous, c'est maintenant le spatiale constate qu'il ne fait pas assez pour le pays. Regardez les infrastructures à EVRY et Toulouse, on voit tout de suite la différence.

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Paassy 14.01.2018

En même temps, il faut reconnaitre que cette crise survient alors que le CSG avait revu à la baisse ses subventions qui étaient très généreuses par le passé. On se souviendra des 800 000 € que le CSG avait attribué il y a une dizaine d'années à une association proche de la mairie de Matoury pour aménager la parcelle de terrain vague située après le terrain de golf, entre la nationale et le quartier de Balata, en jardin communautaire. Tout le monde peut contempler aujourd’hui l'usage qui a été fait de cette somme. Et cet exemple n'est pas le seul.
En métropole, les financements du CNES sont visibles, en revanche en Guyane ils ne le sont pas, ils finissent comme les fusées : en fumée.

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Ergo sum 14.01.2018

Ce qui prouve encore que le souci n'est pas que financier mais structurel à la base. Statut, encore le statut. Sous l'actuel la Guyane restera un tonneau des Danaïdes.
Le CNES n'a pas la vocation à s'occuper des activités guyanaises, cette tâche incombe aux services de l'Etat.

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Paassy 15.01.2018
Question de finalité

Vous vous contredisez, on ne peut pas demander au CSG plus de soutien au développement local et déclamer que ce n'est pas son rôle.
Quand à cette histoire de statut, qui est à vos yeux la panacée, vous devriez être plus franc concernant ce sujet. Le milieu indépendantiste sait très bien que l'article 74 en Guyane abaissera le niveau de vie, et de par son coté irréversible, sera le levier indispensable pour revendiquer l'indépendance, solution ultime à un cadre (encore) inadapté.
Mieux vaut un peuple ignorant et pauvre pour mieux gouverner.

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Ergo sum 15.01.2018

En quoi je me contredis ? Quand est-ce que j'ai réclamé le soutien du CNES au développement local ? Jamais.
La nécessité d'une modification du statut de la Guyane n'est pas mon souhait personnel, n'est pas une question de combat politique mais une nécessité objective dont la compréhension est accessible à toute intelligence mesurable à condition d'être intellectuellement honnête. Le souci est que toutes ces deux capacités manquent en Guyane, raison pour laquelle le peyi ratera encore la cloche, incapable de révéler des leaders dignes de ce nom.
L'indépendance n'est pas le diable personnifié mais l'évolution normale de tout territoire doté d'une spécificité suffisante. Celle de la Guyane est indiscutable à l'égard de la Métropole, l'impuissance flagrante de celle-ci face au défi guyanais le prouve depuis des siècles.
Les incapacités métropolitaines et locales sont la tragédie de la Guyane. L'une vaut l'autre.
En effet, il est plus commode de gouverner un peuple ignorant. La question de la légitimité est dans sa finalité.

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Paassy 15.01.2018

Donc les Guyanais sont des abrutis. C'est la même chose que l'on avait entendu de la bouche des pro article 74 quand ils ont perdu en 2010 et se sont vengés d'eux en promulguant dans la foulée le drapeau indépendantiste au conseil général...
Mais je partage en partie votre point de vue concernant l'indépendance, ce n'est pas elle qui inquiète mais ceux qui la propose. Il serait tout à fait malhonnête de dire que les actuels indépendantistes ont les capacités intellectuelles, morales et démocratiques requises pour mener à bien un tel projet.
D'autre part, les spécificités intra-guyanaises dépassant celles de la Guyane vis à vis de la métropole, que doit-on en conclure si l'on se base sur la seule spécificité pour juger ou pas d'un besoin d'indépendance ?

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Ergo sum 15.01.2018

Dans l'hypothèse d'une indépendance en quoi la capacité du peuple souverain regarde qui que ce soit, vous ou moi ?
L'indépendance est la liberté avec les responsabilités qui vont avec. Liberté vis-à-vis des autres, responsabilité vis-à-vis de son destin. Il n'y a pas à apprécier d'avance le résultat à venir, d'autant moins au regard des frasques concrètes d'une départementalisation ubuesque.

Les spécificités intra-guyanaises dépassent celles de la Guyane - métropole ? Qu'est-ce qui vous permet de le dire ? D'autant plus que la spécificité n'est pas qu'anthropologique mais aussi géographique.

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KreolSI 15.01.2018

Tiens, un débat intéressant ! :-p Rare dans ce coin là du site...

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Paassy 15.01.2018

Je ne vois pas de quelles libertés nous aurions en plus en cas d'indépendance, hormis certaines libertés économiques et encore, ce seront plutôt des contraintes déguisées en libertés.
Car la liberté de destin et de responsabilité, nous l'avons depuis très longtemps, la France garantie ces libertés fondamentales, inscrites dans la constitution.
Ne dites pas que la capacité du peuple souverain ne me ou ne vous regarde pas, puisqu'il y à peine 7 ans, la population Guyanaise a été souveraine dans ses choix que vous contestez sur la base d'une certaine incapacité intellectuelle...
Au cas où cela vous aurait échappé, nous avons des communautés Guyanaises dont les spécificités entre elles n'ont rien à voir avec celles qui forment la France métropolitaine. Les sociétés autochtones sont bien plus éloignées des sociétés créoles par exemple que ne le sont bretons et alsaciens.
La spécificité géographique était valable autrefois, mais la mondialisation et le numérique sont en train de l'effacer, nous ne sommes plus au temps des vapeurs.

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Ergo sum 15.01.2018

Si vous ne voyez pas les champs de liberté dans un cadre plus indépendant du pouvoir parisien (ce dont bien de territoires métropolitains cherchent à s'éloigner, à leur tour !), c'est que vous ne voulez pas la voir.
Si les libertés fondamentales étaient une réalité en Guyane et si la constitution actuelle était bonne et respectée, la Guyane ne serait certainement pas dans cette situation. D'après vous il suffit d'évoquer les grands principes pour qu'ils deviennent réalité quotidienne... C'est un discours de politicien Paassy, complètement hors-sol.
Je ne conteste pas la légitimité du choix de 2010, je considère que le besoin pointe très au-delà des deux options offertes et que la population guyanaise est et était trop mal informée pour qu'on puisse parler de choix réellement souverain... quelle souveraineté dans un pays dont le quart ne comprend pas le plus simple texte écrit ?
Je ne conteste rien, je constate que la Guyane est inapte face à son destin faute de capacités de toutes sortes.
Les ethnies locales sont dans le même bateau. Leurs différences n'occultent en rien leur communauté de destin à laquelle la Métropole restera étrangère.
Si mondialisation et numérique suffisent pour supplanter les divergences d'intérêts, la géographie, l'anthropologie et les imperfections du cadre actuel, il faudra expliquer les causes de ce délabrement. Nous ne sommes pas au temps des vapeurs, d'accord. Mais alors où est le résultat au "pays de la fusée" ?

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Paassy 15.01.2018

Nous ne sommes plus dans le cadre dépendant du pouvoir parisien, la départementalisation et la décentralisation sont passées par chez nous. Le bilan d'Othilly est là pour prouver que ce n'est que question de volonté, pas de cadre. La CTG vient considérablement renforcer cette indépendance. Mais paradoxalement, plus le pouvoir est décentralisé, plus on accable Paris.
Après, je ne peux pas vous suivre sur votre théorie des libertés fondamentales bafouées en Guyane, à moins que vous n'étayez votre réquisitoire.
Concernant le référendum de 2010, on ne peut pas dire que la population n'ait pas été informée, les deux camps ont amplement détaillé les conséquences de ce vote. Ceux de l'article 74 ont abattu un travail considérable, en arpentant les communes isolées, et ce dans presque toutes les langues. On se souviendra aussi qu'ils ont pris quelques libertés (vous voyez que c'est possible) dans leur propagande (persuadés d'avoir à faire à des ignorants ?). Malgré tout cela, la sauce n'a pas pris. Vous avez beau jeu d'accuser comme cela a été fait à l'époque, la crédulité ou le manque d'information, ça ne tient pas la route un seul instant.
Sinon, faire la lumière de manière objective et sans tabou sur les dysfonctionnements constatés (sans exagération catastrophique) serait salutaire.
Pour ce qui est de la communauté de destin, elle ne se fera jamais si l'une de ces communautés se considère dominante sur les autres. Jamais.

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Ergo sum 15.01.2018

La décentralisation consiste de confier des tâches aux collectivités sans le financement pour... C'est une friction quotidienne dans la vie politique nationale, n'en faites pas une avancée positive. La décentralisation fut une fumisterie, Paris n'a jamais lâché la moindre parcelle de pouvoir, au contraire. Ce jeu n'a d'autre but que de transférer les charges aux collectivités, faire monter les impôts locaux et de soulager Bercy. La notion de la décentralisation est contraire à l'esprit de la constitution actuelle.
La départementalisation et la décentralisation sont passées par chez nous, dites-vous. Admettons. Et vous trouvez le résultat positif ?
Othily a prouvé que rien ne fonctionne avec l'Etat à part la contrainte. Celle de la rue (1996, 2017) ou celle d'Othily qui lança des travaux sans le financement, mettant l'administration devant le fait accompli, l'obligeant à le suivre malgré elle. A part cela Othily avait les mêmes idées farfelues sur la Guyane que ses acolytes actuels.
La CTG est si renforcée qu'elle a besoin de s'effacer derrière la rue pour obtenir la couverture du RSA... etc. Restons sérieux svp.
Je n'évoque pas la crédulité ou le manque d'information comme vous le dites, je vous explique que cette population ne peut être réellement informée. Vous avez dit vous-même que les ignares sont plus faciles à gouverner. On est plein dedans. La très faible instruction de la population est une réalité régulièrement reconnue.

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Paassy 16.01.2018

Sans le financement ? Vous plaisantez ! Le financement était là, et depuis plus de 30 ans l’État a dû régulièrement faire des rallonges conséquentes. Dans les autres départements (OM ou pas), les financements étaient suffisants parce que les élus maitrisaient leurs budgets. Chez nous, non seulement ils ne savent pas, mais ils ne veulent même pas le maitriser (sauf peut être R. Alexandre). Cela fait 30 ans que la cour des comptes alerte sur des budgets de fonctionnement disproportionnés et injustifiés qui plombent totalement l'investissement. Personne ne réagi. Karam veut une route pour Apatou pour rallonger le tour cycliste de Guyane, il demande à l’État qui dit non trop cher et pas justifié, alors il endette jusqu'au cou le conseil régional pour sa lubie. Après, pas de sous pour les lycées. Ben voyons.
On nous fait croire que la rue (96 et 2017) a gueulé contre les manquements de l’État, mais c'est faux, ce sont les élus qui ont failli à leurs taches !
Si la CTG est aujourd’hui en besoin de rattrapage, c'est à cause de 30 ans de corruption, de négligence, d'incurie et de népotisme.
Soyons lucides, Karam et Tien Liong, tous deux indépendantistes, ont sabordé la Guyane. Entre les deux tours de l'élection à la présidence de la CTG, ATL a embauché et renouvelé des contrats pour tenter de remporter la victoire...
Et vous ne comprenez toujours pas pourquoi la majorité d'entre nous ne voulons même pas d'une autonomie ?
Nul besoin d'instruction pour comprendre ! Juste constater

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Ergo sum 16.01.2018

C'est vous qui plaisantez. Le sous-investissement public est chronique depuis très longtemps. Dans tous les domaines. C'est reconnu, E. Macron compris.
La mauvaise gestion des collectivités est très commune en France, conformément à l'inflation d'élus et la conséquente dilution des responsabilités. C'est encore un fait importé en Guyane, force est de constater que la médiocrité a cours libre sous le statut actuel.
La médiocrité des élus n'exempte nullement l'Etat de sa responsabilité de premier (non-)investisseur et de puissance régalienne.

Si, la protestation de 1996 fut contre les seuls manquements de l’État, l'élément déclencheur son refus de créer un rectorat. Lisez le rapport Merle de 1998, où l'auteur a exprimé son incompréhension devant le refus insensé des fonctionnaires devant les revendications parfaitement légitimes.
La médiocrassie en appelle à des réformes. Se contenter de l'immobilisme comme vous le proposez, croire naïvement que ces élus se bonifient d'un coup de baguette magique ne mène à rien, Paassy. Vous proposez la conservation de ce que vous dénoncez et vous ne voyez pas les tares de l'administration étatique. Vous êtes loin du compte. Vous ne comprenez toujours pas qu'il ne s'agit ni d'autonomie ni d'indépendance, mais de changements d'une autre nature.
Votre combat pour l'immobilisme est d'arrière-garde : E. Macron s'est déjà dit prêt à des modifications constitutionnelles. La balle est là et personne pour taper dedans.

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Ergo sum 15.01.2018

Suite
Le débat 73/74 était aussi biaisé, car si la population était (et reste) méfiante face au déserrement des liens avec la Métropole, c'est parce qu'elle craint la suite. Comme disent les tenants de l'immobilisme, la Guyane n'est pas prête à s'assumer économiquement. Et c'est là le problème, car si la Guyane n'est pas prête à marcher seule, c'est précisément à cause du résultat de son statut actuel... Plus il dure, plus la Guyane s'enfoncera. Plus elle s'enfonce, plus elle sera réticente à se prendre en main.
C'est ce qui a fait dire à R. Confiant le "ramassis d'aliénés, d'alimentaires et de lâches".
La route est tracée.
La communauté de destin est à minima une réalité géographique et non pas un avis. Après, ce que les habitants en font, c'est une autre histoire qui ne regarde qu'eux. Mais l'espoir vit jusqu'à preuve...
Tandis qu'il est objectivement impossible qu'une communauté de destin naisse entre la Métropole et la Guyane.

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Captain Saramaca 16.01.2018
Ah bah...

Faudrait savoir Ergo Sum,
-soit les gens ont les compétences, l'intelligence, l'instruction tout-ça pour décider eux-même de leur destin et dans ce cas t'acceptes le vote de 2010.
-soit les gens ont été joyeusement manipulés en 2010 et dans ce cas t'en déduiras comme moi qu'en cas d'indépendance ils seront inévitablement joyeusement manipulés par le premier apprenti-dictateur venu.

Par ailleurs:
-L'habitant de Saint-Laurent n'a-t-il pas une plus grande "communauté de destin" avec son voisin d'Albina qu'avec son compatriote de Cacao?
-L'habitant de Saint-Georges n'a-t-il pas une plus grande "communauté de destin" avec son voisin d'Oiapoque qu'avec son compatriote de Mana?

Enfin:
T'en penses quoi des indépendantistes de Cayenne qui vont plus souvent au ski dans les Alpes qu'ils ne vont visiter Papaïchton, Camopi ou Ouanary? La Guyane c'est pas juste une carte, c'est aussi un espace vécu... ou pas. Alors si tu veux, l'histoire de la géographie qui ne ment pas, moi, ce que j'en pense...

PS Tu penses que les gens sont plus libres ici ou au Suriname?

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Ergo sum 16.01.2018

L'habitant SLM a effectivement plus en commun avec sa terre natale qu'avec la Guyane. Il s'agit d'anomalies nées sous le statut actuel et non pas du discrédit de la communauté de destin qui ne paraît pas vous dire grand'chose. Normal, l'argent braguette impose des limites.

Je pense que l'accent mis sur "l'indépendantiste" qui va aux Alpes au lieu de Papaïchton discrédite votre question car l'état de la Guyane n'est pas dû aux quelques élus indépendantistes. Oh que non.
La Guyane est une entité géographique et un espace politique - pour le moment. Qu'on pense ou pas.

Je n'en pense rien, c'est selon. Demandez à vos amis SLM, ils en savent plus que moi.

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Paassy 16.01.2018

Ce n'est pas le statut qui empêche le développement économique endogène sinon ça aurait été le cas partout ailleurs. Non, c'est une mentalité qui est responsable. Un ordre établi basé sur une confiscation ethnique des administrations apparu à la fin du 19eme et relancé à la départementalisation, qui n'a eu de cesse de se renforcer, sans partage.
Et c'est là où nous convergeons peut être, la fonction publique territoriale est la mère de tous les vices de notre territoire. Fonctionnaires par lignée ou cuissage, salaires majorés et abattements fiscaux, elle tue l'esprit d'entreprise et est source de corruption. Ses privilèges sont aberrants, instaurent des castes salariales insupportables. Ils appuient une domination qui n'est plus seulement administrative mais aussi culturelle.
A mon sens, c'est la principale origine du mal dont souffre la Guyane. La suppression de la surrénumération est le préalable à toute initiative espérant un développement économique à la hauteur des enjeux à venir.
Et le statut n'y est pour rien.
Pour la communauté de destin, je crois qu'il est vain pour nous de disserter sur ce terme qui n'a eu comme seule utilité d'être le verbiage pompeux de ceux qui voulaient, et veulent toujours, nous faire passer des vessies pour des lanternes.

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RAF973 16.01.2018

Depuis des années les gens en places font bénéficier leur cours de leurs largesses et ce n'est pas la compétence qui est mise en avant.
Regardez Mana et discutez avec les habitants ....
Le CG de l'époque de ATL ou tout a été fait pour plomber la CTG....
Certains dirigeants et ex-dirigant devraient avoir honte de ce qu'ils ont fait durant leur mandatures.
Vous avez mis le doigt sur l'un des plus gros problèmes en Guyane et j’espère que ces pratiques vont petit à petit cesser !

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Ergo sum 16.01.2018

Tout ce dont vous vous plaignez tient son origine dans le statut du territoire, en premier le sous-développement. La caste n'est pas là où vous le dites et la surrénumération n'a rien à voir avec le blocage du territoire.

La communauté de destin n'est pas un verbiage mais l'une des conditions de la stabilité d'un pays. Laissez aux Guyanais de la trouver et songez à la retrouver en Métropole...

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Paassy 17.01.2018

Mais oui, c'est le statut, on a bien compris, tous les problèmes viennent du statut, tout comme les libertés fondamentales bafouées, encore le statut.
Et quand vous vous retrouvez dans l'incapacité de justifier objectivement pourquoi il serait mieux d'aller vers "des changements d'une autre nature" dont vous même reconnaissez ignorer la teneur, vous bottez en touche en m'invitant à partir de ma région.
Je vous résume : nous sommes intellectuellement limités et foncièrement illétrés, donc incapables de voir ce qui est bon ou mauvais pour nous. Mais vous, vous avez la solution parce que vous voyez ce que le "ramassis d'aliénés, d'alimentaires et de lâches" ne peuvent forcément pas voir, puisque vous n'êtes pas aveuglé par le miroir aux alouettes de l’État colonial (vous avez les lunettes magiques de Goudet ?).
Et vos psaumes incantatoires suffiront donc à diriger les dégénérés vers un salut inconnu.
Votre problème, c'est que vous prenez la Guyane (dont votre connaissance semble se limiter au microcosme de l'ile de Cayenne) pour le laboratoire de vos obsessions anarchistes-revolutionnaires.
Les Guyanais ne seront jamais les rats ou les cobayes de vos manipulations.

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Ergo sum 17.01.2018

Satisfait que vous vous assimiliez aux plus faibles pour une fois, je vous signale toutefois que 1. vous n'êtes pas analphabète, 2. l’illettrisme n'est pas crétinisme mais un obstacle devant l'information.
J'ai déjà connu des illettrés parfaitement raisonnables mais encore plus de lettrés atteints. Vous aspirez à cette deuxième catégorie.
Sans trop solliciter vos capacités :
Je n'ai pas dit ignorer la teneur de ce que j'avance ni détenir LA solution. Vous inventez au lieu de comprendre.
Je ne vous ai pas invité à partir de la Guyane, inutile de passer pour la victime du vilain utgiste. J'ai contesté votre moquerie d'une cohésion dont la Guyane aurait besoin.
Aucune prétention de vous diriger vers le salut, Paassy. Vous êtes si épanoui dans le présent. Je vous laisse.

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