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Dossier : Drame de Cabassou, 10 ans après

France-Guyane Lundi 19 avril 2010
(photo d'archives GA)

Le mercredi 19 avril 2000, un pan du mont Cabassou s'affaisse, faisant dix morts. Dossier spécial.

Mercredi 19 avril 2000
La Guyane se remet doucement des pluies diluviennes qui ont inondé plusieurs quartiers de Cayenne au début du week-end. Devant ce phénomène « préoccupant mais pas exceptionnel » , la préfecture prend néanmoins une série de mesures. Ce mercredi, la pluie a cessé mais l'eau continue doucement sa besogne à l'abri des regards. Pas de tout le monde, en tout cas. Sur la route nationale menant au port de Dégrad-des-Cannes, deux hommes, dont un agent de la Direction départementale de l'Équipement, s'affairent au pied du mont Cabassou. L'autre est un retraité venu discuter le bout de gras. Des déformations de la chaussée auraient été constatées depuis quelques jours. Selon deux experts qui ont travaillé sur ce dossier, « la rupture rapide est précédée d'une phase préparatoire qui peut s'échelonner sur plusieurs années » . À quelques mètres de là, l'usine Cilama, qui fournit la Guyane en produits laitiers, fonctionne comme à son habitude. Les camions de livraison attendent leur cargaison. Quatorze employés s'activent en cette fin de matinée alors qu'Étienne Dorlipo et Christelle, sa fille, empruntent la route comme des centaines d'autres Cayennais ce jour-là.
Mercredi 19 avril 2000, 13 h 45
Un pan du mont Cabassou s'affaisse. Plus de 300 000 m3 de terre se détachent pour avaler la pente, emportant tout sur leur passage : l'employé de la DDE, le retraité, le père et sa fille, et l'usine de la Cilama. « On a entendu un grand bruit, puis ce fut la coupure de courant. Tous les murs sont venus vers nous. Il y a eu un mouvement de panique. Nous avons tenté de sortir de l'usine, mais une partie du bâtiment est recouverte de terre, il y a des blessés, des gens, des véhicules sous terre » , explique Ludovic quelques minutes après le drame. Il était employé de la Cilama, qui paiera un lourd tribut : cinq blessés hospitalisés, six morts. Seulement deux, dont Ludovic, sortent indemnes de cette catastrophe. Quelques minutes après l'éboulement, tous les moyens de secours du secteur de Cayenne et « même au-delà » , confie le préfet Henri Masse, convergent vers le site du drame. La priorité : sortir les victimes. Dès l'annonce du glissement de terrain meurtrier, les habitants, inquiets, se sont amassés de part et d'autre de l'amas de terre qui coupe en deux cette nationale habituellement fréquentée.
Mercredi 19 avril, 19 heures
Près de six heures après la catastrophe, la Guyane retient toujours son souffle. Devant la presse, le préfet Henri Masse explique que « seize personnes ont été identifiées comme pouvant être sur le site au moment du drame » . Mais au moment où il parle, cinq employés de la Cilama ne sont toujours pas retrouvés et on ne sait pas si des intérimaires ont complété l'effectif ce jour-là. Autre source d'inquiétude, le nombre exact de voitures qui circulaient sur la RN3 à l'heure du drame. Et en même temps, tout risque de nouvel éboulement n'est pas écarté.
Jeudi 20 avril 2000
Le nombre de disparus est porté à 25. Au cours de cette première nuit d'angoisse, la préfecture reçoit plusieurs coups de fil de familles qui expliquent que l'un de leur membre n'a pas rejoint le domicile. Dix-huit de ces appels sont pris très au sérieux. Les recherches, elles, passent à un autre niveau avec l'arrivée de spécialistes venus de France. Les abords de l'usine sont sondés à la recherche de survivants. Puis l'annonce de la première victime officielle. Depuis mercredi après-midi, les pompiers avaient localisé un homme sous terre, coincé entre un camion et le quai de l'usine. En attendant sa désincarcération, il est placé sous assistance médicale. Pendant plus de 24 heures. Finalement, pour le sortir de là sans provoquer un nouveau glissement de terrain, il faut l'amputer. Il succombe pendant l'opération, devenant la première victime de la catastrophe du mont Cabassou. Il n'y aura pas de miracle pendant le week-end pascal. Les recherches ont surtout livré des corps sans vie, portant le bilan humain à dix morts.
Catastrophe de Cabassou, 10 ans après - Les victimes
Roger Lapiquionne
Henri Courteau
Gérard Gruel
Waldomir Rusland
Étienne Dorlipo
Christelle Dorlipo
Charles Boniface
King Oesman
Patrick Lutchman
Jean-Michel Zacharie

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1 commentaire

Vos commentaires

entraygues 03.09.2011

Je suis passé une dizaine de minutes avant l'éboulement. Il y avait sur place le chef du "service des ouvrages d'art de la DDE".J'ai ralenti parce que je voulait lui faire remarquer que tous les travaux de "rabotage" des surépaiseurs de la route auxquels il se livrait depuis des mois ne servaient à rien . Mais comme il discutait avec quelqu'un à l'entrée de la courbe en montrant du doigt la colline, je me suis abstenu de l'interpeller. Au moins une personne spécialiste des routes de montagne existait à cette époque à la DDE, mais il n'a jamais été fait appel à lui pour régler un problème qui existait au moins depuis le moment (quelques années avant) où la 'source" a été bouchée !
L(incompétence de la DDE est, d'après' la cause de tout et le Maire REMIRE n'aurait pas du signer le permis de construire de la CILAMA. Tous les chasseurs Guyanais fréquentant la colline savaient qu'une poche d'eau existait à mi hauteur de la colline

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