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Taxe spéciale additionnelle : un danger pour les cinémas guyanais ?

Krysten ARNOLIN Jeudi 14 juin 2018
Taxe spéciale additionnelle : un danger pour les cinémas guyanais ?
Alexandra Elizé, exploitante des cinémas Agora de Matoury et Urania de Kourou aimerait un taux de taxe spéciale additionnelle favorable pour la stabilisation économique des cinémas guyanais (photo d'archives)

Alexandra Elizé, exploitante des cinémas Agora et Urania en Guyane, s'est exprimée sur l'impact de la taxe spéciale additionnelle (TSA) sur les multiplex du territoire.

Selon vous, quel est l'impact de la taxe spéciale additionnelle (TSA) sur les salles de cinéma guyanaises ?
« La taxe spéciale additionnelle (TSA) est une taxe prélevée par l'État sur les recettes des salles de cinéma. Elle est reversée au centre national de la cinématographie (CNC) pour favoriser la modernisation des salles, soutenir la production de films français. Elle a été appliquée aux départements ultramarins à partir de 2016 de façon échelonnée pour atteindre un taux de 10,72% en 2022. Aujourd'hui, le taux de cette taxe est de 3%. Cela n'a pas l'air d'être grand chose, mais c'est est un danger pour la survie des salles de cinéma d'Outre-mer, et plus spécialement en Guyane. Avant l'application de cette taxe, les salles de cinéma, surtout celles de l'Urania de Kourou qui avait réussi à réduire son déficit financier causé par la désertification des salles de cinéma les années précédentes. Avec ces 3% de taxe, il va falloir augmenter les prix de tickets de cinéma. Avec tout cela, on risque de ne plus avoir de clientèle et ainsi une fermeture de certains cinémas. »
Quelles seraient les mesures à prendre pour éviter cela ?
« Le problème est que le CNC ne prend pas en compte les spécificités des territoires d'Outre-mer. Nous voulons bien payer cette taxe mais il faut aussi tenir compte des charges des exploitants de cinéma dans les départements et régions d'Outre-mer. Les coûts d'exploitation sont beaucoup plus importants en Guyane en raison de notre situation géographique compliquée. Il faut penser aux frais d'acheminement du matériel et aux droits de douane. Il faut aussi prendre en compte les problèmes de téléchargement des films. Dans l'Hexagone, le téléchargement d'un film peut prendre 24 heures alors que chez nous, il faut compter plusieurs jours. Par ailleurs, nous connaissons des coupures électriques régulières sur le territoire. Elles engendrent parfois la mise hors service des billetteries et le recours à des groupes électrogènes. En Guyane, on remarque une baisse de la fréquentation importante malgré les efforts employés pour développer une attractivité cinématographique. Cela s'explique par un certain désintérêt de la population. La programmation des films est donc très différente de celle proposée dans l'Hexagone. Les Guyanais sont très friands de blockbusters américains. Les films français quant à eux, attirent peu de monde. Pour toutes ces raisons, le Syndicat des exploitants des cinémas d'Outre-mer (SECOM) a demandé l'adoption de mesures dérogatoires comme le gel du taux actuel de la taxe spéciale additionnelle, qui est de 3% pour les Antilles-Guyane. Pour le moment, les cinémas de l'Agora et de l'Urania tiennent bon mais rien n'est encore joué. »

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