France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
SAMEDI LA SEMAINE VUE PAR LES GUYANAIS

« Le manque de tolérance est à la base de cette violence grandissante »

Marlène CLÉOMA / Guillaume REUGE Samedi 13 octobre 2018
« Le manque de tolérance est à la base de cette violence grandissante »
(Marlène CLÉOMA et Guillaume REUGE)

Entre un kilo d'oseille et deux avocats péyi, les Guyanais réagissent, depuis le marché de Cayenne, à l'actualité de la semaine.

Si une partie des Guyanais rencontrés ne souhaitent pas être pris en photo, tous ont un avis sur l'actualité de la semaine, en Guyane et dans le monde. Coup de gueule, clin d'oeil ou grande diatribe s'enchaînent dès lors que l'on donne la parole aux lecteurs. Sur le podium des sujets populaires : le football avec l'équipe de France, les catastrophes climatiques en Floride et en Indonésie et la démission de Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur. Des sujets aussi variés que les étals l'étaient hier matin. Et l'actualité nationale et internationale conservent toute leur importance.
L'élection de Sophie Charles à la tête de la communauté de communes de l'Ouest guyanais (CCOG) n'a pas tant marqué, sous la halle du marché. Idem pour la défaite des Yana Dòkò, jeudi soir contre Saint-Vincent, ou l'élection de miss Guyane aujourd'hui au Zéphyr. Ce qui préoccupe les gens (en plus du prix du kilo de boeuf chez Abreu), c'est le pouvoir d'achat, la sécurité, la santé et... Emmanuel Macron qui, d'après Lydie, « laisse trop de libertés à son Premier ministre. La démission de Gérard Collomb va lui faire du mal. C'était certes le ministre le plus âgé, mais un des plus expérimentés » , commente-t-elle.
AMBIANCE CAFÉ DU COMMMERCE
Du côté ouest du marché, au niveau des revendeurs, Luc rêve d'une Guyane tolérante où l'entre-soi serait moins prégnant qu'aujourd'hui. C'est sa solution pour freiner la violence en Guyane. Sans en venir systématiquement aux mains, il déplore ces rivalités communautaires qu'il rencontre « au travail sur les chantiers, même dans l'assiette et la gastronomie » . Amérindien originaire de Saint-Georges, Luc aimerait changer les mentalités et trouver un socle commun qui permette de fédérer un peu plus les Guyanais.
De retour sous la halle, une discussion sportive s'enclenche. La sueur de cette fin de matinée finit de créer l'ambiance café du commerce que le foot véhicule. En deux minutes, un inconnu s'est ajouté à la discussion pour donner son avis sur le phénomène Mbappé. Au bout de quelques analyses, nos deux commentateurs se muent presque en sélectionneurs amateurs. Rien de mieux qu'un match pour oublier l'actualité de la semaine, semblent s'accorder les deux jeunes hommes.
Ce qui les a marqués cette semaine
Joao, 39 ans, carreleur : « J'ai l'impression de travailler dans le vide »
« Le salon de l'artisanat arrive bientôt à Matour y [les 9, 10 et 11 novembre au Progt, ndlr] et je profite de cette actualité pour passer un coup de gueule. Je suis artisan-carreleur et je galère sur les chantiers. En tant qu'artisan, je ne perçoit aucune aide alors que le prix de base des matériaux est plus cher en Guyane qu'ailleurs. Les clients ne jouent pas le jeu et ne pensent qu'à limiter les coûts. Sauf que les cotisations et les charges, elles, ne baissent pas. J'ai l'impression de travailler dans le vide. Ça me dessert plus d'être dans les règles que de jober sans le déclarer. »
Sylvio Joseph, restaurateur : « C'est juste phénoménal »
(Marlène CLÉOMA et Guillaume REUGE) -
« J'ai plutôt suivi le football et je reste émerveillé devant les performances du jeune Kylian Mbappé. C'est juste phénoménal ce qu'il est capable de faire à son âge. »
Thomas, 29 ans, vacancier : « Les Islandais méritaient de gagner »
(Marlène CLÉOMA et Guillaume REUGE) -
« J'ai retenu le match « pas fou-fou » des Bleus, jeudi soir. Les Français étaient menés 2 à 0 et ont fini par revenir à deux partout, avec beaucoup de chance, car les Islandais méritaient de gagner le match. La rentrée de Kylian Mbappé, auteur d'un doublé, a tout changé. Après, c'était un match amical pour lequel Didier Deschamps a tenté des choses... Sans grand succès. Ce n'était pas l'équipe titulaire pendant le Mondial et les joueurs sur le pré jeudi soir n'ont pas marqué de points. Place à l'Allemagne mardi en Ligue des nations et là, ce ne sera pas un match amical. »
Luc, 56 ans, plombier : « Chaque fait divers me ramène à ce souvenir »
(Marlène CLÉOMA et Guillaume REUGE) -
« C'est une marotte qui revient toutes les semaines : l'insécurité. Je suis né à Saint-Georges puis je suis parti vivre vingt ans en Seine-Saint-Denis où il ne m'est rien arrivé et à peine rentré en Guyane, je me suis fait braquer. C'était il y a dix-huit ans, mais ça m'a profondément marqué et chaque fait divers me ramène à ce souvenir. Le climat s'est beaucoup dégradé en Guyane. Le soir, je ne me promène jamais seul à Cayenne. De mon expérience parisienne, je peux vous dire que le vivre ensemble est plus développé en métropole. Ici, les gens imposent trop leur culture sans chercher à connaître l'autre. Ce manque d'acculturation, de respect (de la langue par exemple), ce manque de tolérance est à la base de cette violence grandissante. L'intégration, ça marche seulement si les gens le veulent. »
Jojeis Miyamoto, jobeur : « Pas un jour sans un braquage »
(Marlène CLÉOMA et Guillaume REUGE) -
« J'ai lu dans vos colonnes les propos du préfet à propos de la baisse de la délinquance, mais ce n'est pas ce que l'on voit ni ce qu'on entend tous les jours. Il ne passe pas un jour sans un braquage ou une tentative de meurtre. »
Maurice Isabelle, agent de sûreté à la base navale : « Maintenant, c'est énorme »
(Marlène CLÉOMA et Guillaume REUGE) -
« Moi, j'ai plutôt un constat à faire : je trouve exagéré le prix du kilo de citron. Il y a peu, le prix du kilo ça allait, mais maintenant, c'est énorme. »

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire