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Le complexe Mirtho Linguet

Carolina FERRERE Samedi 07 janvier 2017
Le complexe Mirtho Linguet
Cette Black Doll fait partie de la série de photographies qui seront exposées bientôt à Paris et aux États-Unis (Mirtho Linguet)

Bientôt, les Poupées noires du photographe guyanais vont être exposées aux États-Unis, une oeuvre expliquée jeudi par son équipe comme une « action au-delà de la contemplation » .

Le parcours de l'exposition Les Poupées noires du photographe Mirtho Linguet, suit son cours. Cette oeuvre basée sur le poème Limbé de Léon Damas, traite du racisme et de ses conséquences. Elle « invite à voir un individu et non sa couleur de peau » (Blog : http ://www.blackdolls-project.com). L'exposition a été inaugurée en 2015 à l'occasion de la rentrée culturelle de la région Guyane et normalement cette année, en mai, elle doit être présentée à Paris pour « une impression mémorielle » au musée de l'Homme, avant de s'envoler à Washington pour deux rendez-vous exceptionnels. D'abord à la galerie Honfleur d'Anacostia en août puis lors de la Photoweek en novembre, toujours dans la capitale américaine.
Aujourd'hui, le financement du projet des expositions aux États-Unis n'est pas encore totalement trouvé. Jeudi, l'artiste cayennais de 48 ans et son équipe ont organisé une rencontre avec les différents partenaires comme l'association guyanaise d'édition, la Direction des affaires culturelles de Guyane (Dac) ou encore la CTG, afin de continuer cette campagne de promotion.
Mirtho Linguet : « Personne n'est en mesure de me définir ce que ça implique d'être guyanais »
Vous êtes guyanais, parlez-nous de vos influences
Je ne me définis pas comme ça (comme guyanais), je suis juste une personne qui a grandi en Guyane. Jusqu'à aujourd'hui, personne n'est en mesure de me définir en détail ce que ça implique d'être ou de ne pas être guyanais [...] Je suis un individu qui évolue sur la Terre tout simplement. J'ai grandi ici, mais j'aurais pu grandir à Tokyo, comme j'aurais pu grandir à Washington ou ne pas naître du tout d'ailleurs.
Comment êtes-vous arrivé à la photographie ?
C'était un choix délibéré, volontaire. J'ai considéré que cette pratique ou ce métier me convenait et convenait aussi à ma façon de vouloir évoluer.
J'ai considéré que l'image et la photographie pouvaient être le moyen pour moi de fabriquer mon existence. Le fait d'être en mesure, avec mon appareil photo, d'expliquer ou de montrer des choses et puis d'en faire mon métier.
C'est votre métier, mais vous êtes devenu artiste.
Je ne me considère pas comme un artiste. Je suis un individu qui utilise un outil pour faire de l'image. Certains le considèrent comme un art, pour moi c'est avant tout une pratique [...] Quand vous faites une photo, vous décidez que cette chose vous convient parce qu'à un moment donné, elle fait résonance chez vous et vous souhaitez la reproduire, la conserver, la mémoriser, ou la fabriquer même, car dans mes photos, assez souvent, je crée des histoires, je raconte des choses.
Quels sont vos sujets préférés ?
Les individus, leur espace et leurs relations.
Aujourd'hui tout le monde fait des photos tout le temps, c'est devenu une pratique virale. Qu'en pensez-vous ?
C'est l'évolution de la technologie. La photographie, c'est avant tout un outil. Au départ c'était une boîte noire, qui est devenue un appareil, qui devient de plus en plus sophistiqué. Les possibilités grandissent et permettent un certain nombre de choses, et effectivement, aujourd'hui il y a des personnes qui sans être professionnelles, deviennent d'autres photographes, parce qu'avec leur appareil photo ou leur téléphone, elles sont en mesure de capturer une image.
Faites-vous des selfies ?
Moi non. Je n'ai pas le culte de la personnalité, je refuse assez souvent de me faire photographier. Je considère que ma personne ce n'est pas ce qui est important, c'est ce que je produis qui compte. Moi je ne suis qu'un intermédiaire.
Votre objectif ultime ?
Que mon travail puisse permettre aux personnes de réfléchir autrement le monde [...] C'est le message qui m'intéresse avant tout.
Propos recueillis par Carolina FERRERE
Le directeur de la Dac ému aux larmes par l'exposition
Paul Léandri, directeur des affaires culturelles de Guyane, s'est montré particulièrement ému par cette exposition de l'artiste guyanais. Le directeur de la Dac nous a confié que « c'est une oeuvre profonde, forte et qui parle de ce qui est en chacun d'entre nous. Notre manière de voir l'autre, notre manière d'appréhender le monde » . D'ailleurs à propos de Mirtho Linguet, il insiste : « Il y a une émotion permanente et une force exceptionnelle qui permet de toucher du doigt des problèmes universels. C'est en Guyane que ça se passe et pas ailleurs. » À noter que pour le projet des expositions américaines, la direction des affaires culturelles de Guyane participe au financement à hauteur de 70 000 euros.

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