France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • Partager cet article sur Google +

Hommage à la génération 96

Pierre Rossovich/Photo : Kathryn Vulpillat (TV Magazine) Lundi 21 Novembre 2016 - 10h07
Hommage à la génération 96

 Le rappeur Amadeous sort un album sept titres* pour célébrer les vingt ans des manifestations qui ont aboutit à l’obtention d’une académie guyanaise de plein exercice. 

Amadeous, de son vrai nom Jean-Claude Caberria, « excelle » dans la musique urbaine depuis vingt ans, comme il le dit lui-même. Vingt ans, c’est aussi le temps écoulé depuis le mouvement de novembre 96 qui a abouti à la création d’une académie de plein exercice. Amadeous y était. À l’occasion de cet anniversaire important, le chanteur sort un album justement intitulé Novembre 96, accompagné de son clip, sorti le 20 novembre : 


Une façon de rendre hommage à cette génération. « Elle a eu du cran, commente Amadeous. Il fallait du courage pour se dresser comme on l’a fait ». En 1996, Amadeous à 20 ans. Il participe activement au mouvement. « C’est parti d’un problème informatique au lycée Félix-Éboué, où j’étais élève, raconte-t-il. L’inspection académique renvoyait la balle au Conseil régional et vice-versa. On a alors marché jusqu’à la Préfecture, qui nous a demandé de patienter jusqu’à ce que tombe une énième dotation. Mais nous n’avions plus de patience. On a manifesté pour avoir une académie de plein exercice. Je rend hommage à Aline Charles, Keita Stephenson… à la base de ce mouvement. Seuls trois profs nous ont suivi : Pierre Lutz (défunt), Elie Brème et M. Joseph. Les autres nous traitaient d’utopistes. Ce qui les a étonné c’est que l’on durcisse le mouvement après les vacances de la Toussaint ! C’est d’ailleurs moi qui ai fermé le lycée Félix-Éboué devant le proviseur (rires) ! Et puis il y a eu les émeutes… Les ministres Bayrou et de Peretti sont arrivés à la sauvette et on a finalement obtenu ce que l’on réclamait. On était fiers d’avoir remporté ce combat. Peu de temps après, la Guadeloupe, qui dépendait aussi de la Martinique, a à son tour démandé son rectorat. On peut même relier la Collectivité territoriale qui vient de s’installer à ce mouvement car, peu après novembre 96, le président Chirac a dépêché le député réunionnais Tamaya pour se rendre dans tous les outre-mers et recueillir leurs doléances. La réflexion de l’assemblée unique a été amorcée à ce moment là. »

Novembre 96, qui est sorti le 20 novembre, comporte cinq titres et deux instrumentales, dont le titre Faut cesser que nous vous avons déjà présenté.
 
* Sortie numérique le 20 novembre sur toutes les plateformes de téléchargement légal
 
20 ans de carrière
Amadeous se fait connaître avec Pose the gun, enregistré sur l’instrumentale de Jèn fi de Metal Sound. Un titre né après un drame survenu le 29 mai 1994 : Jean-Luc Noëlette, 22 ans, est tué par balle par un jeune de la Rénovation Urbaine, lors d’une soirée au réfectoire de l’école Jacques-Lony. Le titre apparaitra sur le premier album Exel, du batteur Arsène Popo et de Floriot « Fofo » Euphrosine, où l’on retrouvait également le tube zouk Come back lovers de Nadège Chauvet.
En 96, Amadeous, qui fait partie du groupe OBBC avec Prof A, participe à la compilation Biddim Riddim, produit par Pascal Adams et Fabrice « Cheick » Juste, sur laquelle le public découvrira Les jumeaux, Ruud Daddy ou encore Doug aujourd’hui appelé Staun. Amadeous forme ensuite un nouveau groupe avec Prof A, 333, et intègre le collectif 973 avec Anthony « Negus » Hilaire et son groupe Obia, Freaky Fan, Doug, One Family… « On faisait des freestyles au jardin botanique jusqu’à la place des Palmistes », se souvient-il.
Un nouveau fait divers dramatique va refroidir les ardeurs du collectif : la mort de Miguel Patient, tué par balle le 7 décembre 1996 à l’âge de 19 ans, devant le collège Eugène Nonnon, pour une histoire de pétard. « Tous les élèves de Guyane étaient allés à son enterrement », se rappelle le chanteur.
En 2000, Amadeous rate son bac et part dans l’Hexagone effectuer son service militaire. « J’étais un jeune perdu mais je voulais absolument chanter, raconte-t-il. Puis mon premier fils Yllan est arrivé et il a fallu se bouger ». Amadeous passe avec succès le concours de l’administration pénitentiaire et part travailler dans les prisons de France. Il continue son aventure musicale avec Prof A et prépare en parallèle l’album Chicago qui sortira finalement en 2006. Entre temps, il sort le titre Boulé sa, sur la compilation Riddim or not riddim. Le projet d’album de 333 n’aboutit pas et Amadeous demande sa mutation pour rentrer en Guyane.
« Lorsque je suis rentré, j’ai constaté que les titres antillais étaient plus joués que les sons guyanais ». Le clip de Chicago, réalisé par Lostyca, remporte le Lindor 2007 du meilleur clip, et Amadeous en profite pour passer un coup de gueule en direct. « Je suis devenu la bête noire des programmateurs radio de l’époque pour avoir dénoncer ce malaise. C’est à cette époque que la nouvelle génération est apparue avec Jahyanai King, Rahmsin… Internet a changé la donne ».
Amadeous sort ensuite deux singles carnavalesque : Zanmi en 2009, puis AVC en 2011. « Je suis un bébé du carnaval : je suis né en octobre ! Mon grand-père était un acteur important du carnaval à son époque, avec le vidé Caberria », raconte-t-il. Il revient au reggae durant les vacances 2011 avec le titre Étudier.
Une troisième fois, un fait divers dramatique va changer l’orientation de sa carrière : le 11 mars 2012, le jeune Lucas Diomar est tué d’un coup de couteau lors d’un anniversaire à la cité Mortin. Le titre Faut cesser naît de cette nouvelle mort violente.
Aujourd’hui Amadeous désire s’inscrire « en marge de la voyoucratie musicale qui s’est mise en place. Des gens comme Mika, Dasinga, Spike Lion, Prof A, Phylosophy, Ruben et moi-même, sommes là pour envoyer des sons et contrecarrer la « bad boy mania » en cours. Un nouveau style de musique consciente est en marche ». 

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire
Sur le même thème
L'info en continu