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LES MÉCÈNES : Un orchestre hors du commun

Marine JACQUES Lundi 13 Février 2017 - 08h30
LES MÉCÈNES : Un orchestre hors du commun

En quarante ans d’existence, l’orchestre des Mécènes s’est formé, déformé, reformé… Les musiciens et chanteurs se sont succédé pour que le succès de ce groupe, reconnu en Guyane, ne s’éteigne jamais. TV Magazine a recueilli les témoignages de plusieurs d'entre eux. Chacun a évolué différemment au sein du groupe mais la conclusion est la même pour tous : on ne ressort pas indemne des Mécènes

Cette expérience unique a marqué, marque et marquera à jamais leur vie. « Je jouerai jusqu’en 2032 si possible », souhaite Jean-Claire Anni, tromboniste. Si son souhait se réalise, Jean-Clair Anni aura consacré cinquante ans de sa vie aux Mécènes puisqu’il a intégré l’orchestre en 1982. « Je joue toujours avec enthousiasme, c’est magique », décrit-il. Cet enthousiasme, il le partage avec le public et avec les autres artistes du groupe. Beaucoup de sentiments sont échangés au sein d’un orchestre comme les Mécènes.

Le souvenir de Bernard Inglis
Jean-Clair Anni se souvient de la saison carnavalesque 2003. L’année d’avant, les Mécènes avaient perdu leur chanteur leader, Bernard Inglis, décédé des suites d’une maladie. « Les musiciens étaient très solidaires entre eux », relatet- il. Quelle que soit la date d’arrivée dans l’orchestre, chaque membre des Mécènes se souvient de Bernard Inglis. Cette grande voix du carnaval guyanais a participé à la naissance du piké djouk. « Bernard Inglis m’avait contacté pour intégrer les Mécènes, il est parti avant que je dise oui », témoigne Mino. Le chanteur a finalement intégré l’orchestre. « Ça a été le gros challenge de ma vie de succèder à Bernard Inglis », assuret- il. De ces dix années, il retient la joie de vivre sur scène, la fraternité entre les membres du groupe et les franches rigolades. Des moments de bonheur dont beaucoup se souviennent. À l’instar de Gaëtan Jean-Élie, batteur et percutionniste, qui a joué pour la première fois avec les Mécènes en 1990 chez Nana. Son plus beau souvenir est Bernard Inglis, avec qui il entretenait une relation père-fils. Il n’oublie pas non plus son partenaire, Olivier Chocho, ni Mécène Fortuné, le fondateur de l’orchestre, qui lui a dit un soir chez Nana : « Même si tu débutes, je vais te garder dans le groupe car des hommes comme toi deviennent, de très bons musiciens. » Gaëtan Jean-Élie a travaillé pour être un élément important dans le groupe. Depuis, il a beaucoup évolué.


Chaque nouvel album constituait un défi
Pour Clara Nugent aussi, l’orchestre a été l’occasion de s’affirmer en tant qu’artiste. « J’ai mûri musicalement, me suis formée au chant, au solfège, ai exploré une multitude de layons musicaux, explique la chanteuse. Je ne me suis jamais endormie sur mes lauriers car chaque nouvelle saison ou chaque nouvel album constituait un défi. » C’est grâce au dévouement de chacun que les Mécènes connaissent aujourd’hui le succès et pas seulement en Guyane. À partir de 1996, l’orchestre a fait des tournées à l’inter-national. Ils ont joué au Canada, en Afrique, au Brésil, au Suriname… « On a joué devant un public de 5 000 à 8 000 personnes, dans ces moments-là on se sent apprécié en tant qu’artiste, ça met du beaume au coeur », témoigne Denis Auguste. Tout n’est pas toujours rose chez les Mécènes. Comme dans tous les groupes passionnés, il arrive qu’il y ait des tensions. « Il y a beaucoup de personnes qui nous envient, nous avons la chance de faire vibrer, on ne peut pas se permettre de se prendre la tête dans un endroit festif », commente Arnaud Champesting. Ces vibrations ne sont pas près de s’arrêter. Les cavaliers et les touloulou peuvent toujours compter sur les Mécènes pour mettre l’ambiance chez Polina.

 
UN ALBUM KOLEKT'OR
Le producteur Denis Duvigneau présente l'album Kolekt'or des Mécènes, volume 10, à l'occasion des 40 ans de l'orchestre. Quatre CDs regroupent les plus grands titres des Mécènes, de 1977 à aujourd'hui. Un DVD avec une interview de Mécène Fortuné et de nombreux témoignages retracent l'historique de l'orchestre. Mécène Fortuné revient sur la toute première prestation.

C'était pour la Saint-Sylvestre en 1977. L'ochestre était composé de 12 musiciens : Mécène Fortuné et Robert Ferdinand au saxophone, Gilles Jonaïs au piano, Gilles Joseph-Renette et Émile Polony à la guitare, André Polony à la batterie et Jocelyn Polony aux percussions. Le début d'une grande histoire.

 
CLARA NUGENT, CHANTEUSE LEADER DES MÉCÈNES DE 1995 À 2011 :
Qu’avez-vous ressenti la première fois que vous êtes montée sur scène avec l’orchestre ?
Mes premiers instants ont été angoissants. J’étais fascinée par l’ambiance qui régnait dans ce « temple » où chacun jouait son rôle avec précision. J’y voyais de la magie, du mystère et de la poésie. Je n’étais jamais rentrée dans un dancing, c’était mon premier bal paré-masqué et ma première scène live. Quand il a fallu chanter la biguine A la Léona, j’ai bien cru qu’aucun son ne sortirait de ma bouche. Puis je me suis détendue, l’ambiance et la chaleur étaient à leur comble.
Comment le public vous a-t-il accueillie ?
(Rires). Je me souviens d’un petit groupe de cavaliers machos, grivois et éméchés qui se faisaient appeler « les méchants ». Ils se sont postés au pied de la scène, juste en face de moi, et se sont mis à me taquiner : « A koté i soti ? » (d’où sort-elle ?), « Oh Mécène, koté to trapé sa la ? » (Les Mécènes, où l’avez-vous dégotée ?). Un comité d’accueil des plus charmants… Je leur ai offert mon plus beau sourire. Ils ont quitté la piste de danse, puis sont revenus en brandissant un bouquet de brindilles ramassés dans la cour, et en chantant en choeur : « to sa nou fiansé, nou lé marié ké to ! » (tu es notre fiancée, on veut t’épouser). Ils devinrent mes plus fervents supporters.
Que pensez-vous avoir apporté aux Mécènes ?
Durant quinze ans, je me suis pleinement investie au sein du groupe sans qu’on me le demande. Je voulais apporter ma pierre à l’édifice. En tant qu'artiste, j’ai écrit, composé, arrangé et interprété des chansons. En tant que secrétaire de Point d’orgue, j’ai assuré le suivi administratif, artistique et financier de l’association. J’avais plusieurs casquettes et j’ai notamment instauré un dress code grâce à un partenaire, Joseph Wakim, qui pendant plus de dix ans nous a fourni du tissu pour la fabrication de nos tenues de scène. J’ai donc apporté au groupe ma disponibilité, ma force de travail, mon sens de la méthode et de la rigueur, ma capacité d’écoute, mon altruisme, mon optimisme, ma bonne humeur, ma vision et ma féminité.


Propos recueillis par M.J
 


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